Marie-Laurence Lévesque: Découvrez l’actrice lumineuse qui se cache derrière la redoutable Me Biron dans «Indéfendable»
Ne manquez pas «Indéfendable» du lundi au jeudi 19 h, à TVA et TVA+
Marjolaine Simard
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Marie-Laurence Lévesque marque le petit écran dans Indéfendable sous les traits de Maître Sandra Biron, une redoutable avocate de la Couronne. Or, derrière la toge et le regard déterminé de ce personnage se cache une actrice lumineuse au rire facile, ainsi qu’une maman de deux fillettes dont le sourire éclaire la pièce. Près de 20 ans après sa sortie de l’école de théâtre, elle continue d’embrasser son métier avec passion et curiosité. Rencontre avec un véritable rayon de soleil.
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Tu incarnes Maître Sandra Biron dans la série. Pourtant, quand on te rencontre, tu n’as pas du tout l’énergie tranchante du personnage. Comment as-tu préparé ce rôle qui est si différent de toi ?
C’est vrai que ce n’est pas du tout le genre de rôle auquel on m’associait spontanément au début de ma carrière. Mais justement, c’est ce qui m’a donné envie de sauter à pieds joints dans la proposition. Je me suis dit : « OK, c’est un personnage fort, intransigeant, avec des idées très arrêtées. Allons-y. » Et honnêtement, c’est incroyablement plaisant à jouer. Maître Biron a une présence très solide. Elle est sûre d’elle et très déterminée. Dès que j’enfile la toge, quelque chose se transforme. La posture change, la façon de marcher aussi.

As-tu imaginé un passé, une histoire personnelle pour ton personnage afin de mieux le comprendre ?
Oui, absolument. J’ai toujours aimé me créer une backstory pour mes personnages. Ça m’aide à comprendre pourquoi ils sont comme ils sont. Je me disais : si elle est aussi rigide dans sa vision de la justice, c’est sans doute parce qu’elle a vécu une injustice dans sa jeunesse. Peut-être qu’un proche a été victime de quelque chose qui l’a profondément marquée. Maître Biron est vraiment habitée par cette idée que les coupables doivent payer et que les victimes doivent être reconnues et réparées.
Ton personnage va continuer d’évoluer dans la série...
On va découvrir son père, qui est un juge réputé. Ça m’intrigue énormément, parce que ça va nous permettre d’en apprendre davantage sur elle. On imagine qu’elle a grandi avec un père très exigeant, qui vient du même milieu professionnel. Ça ouvre la porte à une relation père-fille complexe. J’ai vraiment hâte de voir où les auteurs vont nous amener avec ça. J’ai l’impression qu’on va commencer à entrevoir davantage la sensibilité derrière sa carapace.
Avant ce rôle, on te voyait plus souvent dans des personnages plus doux ou plus lisses...
Je pense que je dégage naturellement quelque chose de sympathique, de jovial. On me donnait des rôles de personne gentille, souriante, en santé, heureuse d’être là. Et j’aime ça, être fine dans la vie ! (rires) Mais très tôt, à l’école de théâtre puis dans mes premières années de carrière, j’ai senti que j’avais envie d’explorer d’autres zones. La fragilité, la colère, la rigidité... toutes les facettes humaines.

Tu es dans le métier depuis près de 20 ans. Quel regard portes-tu aujourd’hui sur ta carrière ?
C’est fou comme le temps passe vite ! Moi, dans ma tête, j’ai encore l’impression d’avoir 25 ans. Et puis, un jour, tu réalises que tu as 42 ans et tu fais : « Ah... OK ! » Mais en même temps, j’aime l’idée d’embrasser l’âge que j’ai et l’expérience qui vient avec. J’ai envie de continuer à travailler longtemps. Ce métier-là me nourrit profondément. C’est un métier difficile et les périodes où le téléphone ne sonne pas peuvent être très dures, mais je ne changerais de métier pour rien au monde.
As-tu déjà envisagé un plan B pendant ces périodes plus difficiles ?
J’en ai connu. Mais chaque fois que je me retrouvais à un moment de doute, il arrivait quelque chose qui me ramenait vers ce métier. Parce que, fondamentalement, c’est ce que j’aime le plus au monde. Être sur un plateau de tournage me rend heureuse. J’aime tout : l’équipe technique, les collègues, l’atmosphère, le moment où quelqu’un dit : « Action ».
Tu viens de Chicoutimi et tu es la cadette d’une famille de trois enfants. Quel genre d’environnement familial t’a façonnée ?
Je viens d’une famille où la culture occupait une grande place. Mon frère est professeur de littérature au cégep André-Laurendeau et ma sœur travaille à l’Université du Québec à Chicoutimi. On était beaucoup dans les sciences humaines : mon frère en littérature, ma sœur en histoire, moi en théâtre... Nos parents nous ont toujours laissé la liberté de suivre nos intérêts. La musique et le cinéma étaient très présents à la maison. Mon père était un immense fan des Beatles et ma mère adorait les Moody Blues. On écoutait beaucoup de musique.
Ton père était photographe de presse. Est-ce que ça a influencé ton regard artistique ?
Oui, certainement. Il couvrait l’actualité régionale au Saguenay. Il avait ce regard très humain sur les événements et les gens. Ma mère travaillait aussi avec lui, comme secrétaire et coordonnatrice. Même après leur séparation, ils ont longtemps continué à collaborer. Donc, oui, il y avait déjà une sensibilité artistique dans la famille, même si ce n’était pas directement lié au métier d’acteur.
Avant d’entrer à l’UQAM, tu es partie voyager en Angleterre. Que retiens-tu de cette expérience ?
J’avais 19 ans et je suis partie pendant plusieurs mois là-bas. J’ai travaillé dans un hôtel-restaurant dans le Suffolk. C’était assez isolé, mais j’ai quand même réussi à aller à Londres quelques fois pour voir des spectacles dans le West End. Pour quelqu’un qui rêve de théâtre, c’était incroyable. Quand je suis revenue, j’ai passé les auditions et j’ai été admise à l’UQAM. Ça a vraiment changé ma vie.
C’est à l’UQAM que tu as rencontré plusieurs amis importants, dont Guillaume Lambert ?
Oui. Cette cohorte-là a été fondamentale dans ma vie. Plusieurs sont encore des amis très proches aujourd’hui. Guillaume Lambert en fait partie. On a vraiment traversé notre jeunesse ensemble. On avait 20 ans, on découvrait tout. Je suis tellement fière de lui et de ce qu’il est devenu !
Tu t’intéresses aussi à l’écriture. D’où vient cette envie ?
J’ai toujours eu envie d’écrire. J’ai fait une formation à L’inis en scénarisation, et j’ai écrit des courts métrages. En ce moment, je travaille sur un projet de série de fiction. C’est un processus qui demande beaucoup de discipline, et avec la vie de famille et le travail, ce n’est pas toujours simple.
En effet, tu es aussi maman de deux filles...
J’ai deux filles merveilleuses : Rose, qui aura bientôt 10 ans, et Marion, qui a 6 ans. Je suis toujours avec leur papa. Ça fait maintenant 14 ans que nous sommes ensemble. Il était comédien à l’origine, mais il est aujourd’hui professeur d’histoire et de géographie au secondaire. Le fait qu’il ait lui-même été acteur fait en sorte qu’il comprend très bien la réalité du métier. Il m’aide parfois à répéter mes textes, mais surtout, il comprend les hauts et les bas de cette profession.
Tes filles semblent déjà très créatives. Suivent-elles un peu tes traces ?
Rose est extrêmement créative. Elle adore lire, écrire, écouter de la musique. Elle peut aussi passer des heures entières plongée dans ses livres. Elle dit qu’elle veut être chanteuse plus tard ! Pour l’instant, je préfère laisser les choses venir naturellement. Je ne pousse jamais mes enfants dans une direction précise.
Tu sembles aussi très active physiquement. Le sport occupe-t-il une grande place dans ta vie ?
Oui, beaucoup. Je cours énormément. J’ai fait plusieurs demi-marathons dans les 10 dernières années et j’adore ça. Le demi-marathon, c’est la distance parfaite pour moi. C’est un beau défi. J’aime aussi la planche à neige l’hiver et le vélo l’été. Le vélo en ville, je trouve ça extraordinaire.
Quel est le prochain grand défi dans ta vie ?
On déménage bientôt, ce sera ma première propriété ! On va rester à Montréal, mais dans un autre quartier. Ce sera toute une aventure familiale. Et en parallèle, je continue de travailler sur mes projets d’écriture. Je suis à un moment de ma vie où j’ai envie d’explorer, de créer, de continuer à avancer. Et surtout, de rester curieuse.