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Marie-Ève Beaulieu a décroché le rôle de Me Béatrice Giguère dans «Antigang» de façon plutôt inusitée

«Antigang», lundi au jeudi à 19 h sur Ici Télé

Nathalie Slight

2026-03-04T11:00:00Z

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C’est avec plaisir que le public voit débarquer dans Antigang la comédienne de talent Marie-Ève Beaulieu, qui campe la procureure Me Béatrice Giguère. Directe, cartésienne et socialement maladroite, cette femme mène une vie à l’opposé de celle de la comédienne, qui coule des jours paisibles à la campagne en compagnie de son amoureux et de leurs deux chiens.

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Marie-Ève, dans quelles circonstances as-tu joint la quotidienne Antigang?

Je suis membre d’un regroupement d’acteurs, donc je suis au courant de tous les rôles à venir dans les différentes productions. Quand une description m’interpelle, je me propose. C’est ce qui est arrivé avec la procureure Béatrice Giguère : j’ai immédiatement eu le sentiment que ce personnage était fait pour moi. Je me suis donc empressée de me proposer avec beaucoup d’enthousiasme. (rires)

Et ça a fonctionné !

Oui. En fait, la production m’a rappelée le lendemain pour me dire que j’étais déjà pressentie pour le rôle. Je savais dès le départ que ce personnage allait prendre de l’importance, puisque Béatrice développe une idylle avec Christian Thibault (Vincent Graton). Je trouve ça intéressant, parce que ça nous permettra de découvrir une facette un peu plus privée du lieutenant qui dirige l’Antigang. 

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Qu’est-ce qui t’attirait dans le personnage de Béatrice Gigère ?

Cette avocate est de retour après un burnout, alors on devine qu’elle a traversé quelque chose de difficile. Comme l’autrice n’a que quelques semaines d’avance sur les tournages, l’histoire de mon personnage se dessine pour moi au fur et à mesure. J’ignore encore la raison de son surmenage, mais je me suis créé une petite histoire dans ma tête, avec les indices amassés ici et là. En passant, j’adore l’écriture de l’autrice Nadine Bismuth, dont les répliques sont tout simplement savoureuses !

Tu as récemment changé de look. Est-ce pour Antigang?

Un de mes petits plaisirs dans le cadre de mon travail, c’est de changer de look. J’ai eu les cheveux courts et blonds dans Faits divers, j’ai porté des perruques dans Discussions avec mes parents et, plus récemment, je me suis fait pousser les cheveux. Ma coupe actuelle, plus classique, convient parfaitement à mon personnage dans Antigang.

Même chose pour le style vestimentaire !

Dans la vie, j’opte pour des vêtements confortables, je n’ai pas beaucoup d’occasions d’enfiler des chemisiers, vestons, jupes ou pantalons chics. Lors des essayages de costumes, je vois le personnage prendre forme sous mes yeux. Je prends même des photos, pour avoir une idée de ce que je dégage comme énergie, habillée à la manière de mon personnage. Ça me permet d’avoir un regard extérieur sur la femme que j’incarne.

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Tu joues une procureure dans la quotidienne. Est-ce ton premier rôle d’avocate ?

Non. J’incarnais une avocate dans Faits divers, mais maître Anne Dupuis trempait dans des affaires frauduleuses, un personnage aux antipodes de la procureure professionnelle, cartésienne et un peu froide que je campe dans Antigang.

Aurais-tu fait une bonne avocate dans la vraie vie ?

À force d’explorer ce domaine-là à travers mes personnages, je réalise qu’il aurait pu m’intéresser, car je suis une justicière dans l’âme. Comme je possède un petit côté première de classe, j’aurais appris le Code civil sur le bout de mes doigts, et j’aurais tout donné pour défendre les droits de mes clients. Par contre, je n’aurais pas été aussi efficace à remplir la paperasse.

Pourquoi donc ?

Même si mon père est comptable, j’ai une phobie concernant tout ce qui touche à l’administration. Dès que j’ai à remplir des formulaires ou trier des papiers, je procrastine. (rires) Je suis une véritable artiste. Jeune, je dessinais, je dansais, et j’étais bonne en mathématique et en sciences. J’ai envisagé d’exercer 1001 métiers avant de choisir celui de comédienne. C’est à mon avis le plus beau métier du monde, puisqu’il me permet de changer de peau !

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Connaissais-tu Vincent Graton, avant de lui donner la réplique dans Antigang?

Comme tout le monde, je le connaissais comme comédien, mais je n’avais jamais travaillé avec lui. Pour moi, il restera toujours Gabriel de Chambre en Ville. Je suis bien heureuse de jouer avec lui, car il est talentueux, généreux et gentil. C’est vraiment un bel humain.

Parmi tes plus récents projets, tu as joué dans Rameau et la muse oubliée, une pièce de théâtre mise en scène par ton amoureux, Carl Béchard. Était-ce votre première collaboration ?

Non. On se connaît depuis très longtemps, puisqu’il était mon professeur au Conservatoire. Après m’avoir enseigné, il m’a engagée dans Le Malade imaginaire au TNM, puis dans Vlan dans la gueule !!! et quelques autres. Au fil de ces productions, nous avons développé une belle complicité, qui s’est transformée en amour. On devrait bientôt retravailler ensemble, puisqu’il est question que Rameau et la muse oubliée parte en tournée, peut-être même jusqu’en France. J’ai mémorisé 40 pages de texte pour cette pièce, un défi dont je suis très fière. Après ça, il n’y a plus aucun texte à mon épreuve ! (rires)

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Entre deux contrats, quelles sont tes passions ?

J’ai suivi une formation en scénarisation l’an dernier, car je rêve depuis des années de créer mes propres projets. J’ai des idées, mais j’ignore quelle forme elles prendront : une pièce de théâtre, un roman, un scénario de film, une série télé ou encore un one woman show ? Lorsque les tournages d’Antigang prendront fin cette saison, je prévois me lancer dans l’écriture de ces projets.

(Marie-Ève réfléchit et ajoute)

Sinon, j’ignore si ça compte comme un passe-temps, mais j’ai deux chiens que j’adore. Jules et Simone. Mon plus vieux m’accompagne depuis 11 ans, il a traversé avec moi différentes étapes de ma vie. Nous sommes profondément liés, je n’ose pas imaginer le jour où il va partir... Simone, elle, c’est sa petite sœur fatigante, qui a beaucoup trop d’énergie comparée à lui. Avoir des chiens me force à sortir marcher, beau temps mauvais temps. Je vis dans le bois et ces promenades me permettent de me ressourcer en pleine nature.

Tu habites dans quelle région ?

Nous avons un pied-à-terre à Montréal et un chalet dans les Laurentides : c’est notre petit havre de paix. Lorsqu’on a fait l’acquisition de cet endroit, il y a quatre ans, il n’y avait aucun aménagement paysager, tout était à faire. Même si je ne connaissais rien au jardinage, j’ai planté, désherbé, transporté des roches, des sacs de terre... J’aime beaucoup travailler sur mon terrain, ça me permet d’être dans le moment présent. Elle l’ignore, mais ma nouvelle amie, c’est Marthe Laverdière ! (rires) J’ai hâte au printemps, juste pour travailler dans mes plates-bandes. 

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