Mariage entre Led Zeppelin et les stats avancées: Rick Bowness refuse de porter l’étiquette d’entraîneur de la vieille école

Jonathan Bernier
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Malgré ses 71 ans, ses 40 ans de métier et le fait qu’il est récemment sorti de la retraite pour diriger les Blue Jackets de Columbus, Rick Bowness refuse de porter l’étiquette d’entraîneur de la vieille école.
« Je ne veux pas être associé à ça, à l’exception de la musique », a lancé le sympathique personnage, au terme de l’entraînement matinal de son équipe.
Au fil des décennies, Bowness, qui a amorcé sa carrière comme joueur-entraîneur des Jets de Sherbrooke en 1982, s’est toujours assuré d’être en harmonie avec les tendances, les façons de faire et les outils du moment.

La façon dont s’est déroulée la première rencontre avec ses joueurs, à la suite de son embauche le 12 janvier, le démontre bien.
« Quand je suis arrivé, j’ai affiché les statistiques avancées sur le tableau. On était parmi les pires pour les buts accordés, dans les chances accordées dans l’enclave et sur la contre-attaque. Je leur ai dit que si on ne nettoyait pas ces trois facettes de notre jeu, on n’avait aucune chance de participer aux séries éliminatoires », a-t-il raconté.
Un homme de hockey de 71 ans qui amorce sa première réunion en parlant de statistiques avancées, ça ne doit pas courir les rues.
« Tu t’adaptes ou tu meurs, a-t-il soutenu. Je pourrais leur parler de Led Zeppelin toute la journée, mais ils n’auront aucune idée de ce dont je leur parle. »
À l’image des Blues de 2019
Cette philosophie semble fonctionner. Depuis le jour de l’embauche de Bowness, les Blue Jackets présentent une fiche de ,808 (19-3-4 en 26 matchs), la meilleure du circuit. C’est également la formation qui a accordé le moins de buts par match (2,46).
Des statistiques suffisantes pour avoir fait passer Columbus de dernier dans l’Association de l’Est à deuxième de la division Métropolitaine. Une progression qui n’est pas sans rappeler celle des Blues en 2019.
« Un déclic s’est fait dans l’exécution de nos détails dans les deux derniers mois. Ça a fait une grosse différence. L’engagement du groupe est très bon », a indiqué Mathieu Olivier, qui reconnaît l’influence de Bowness dans ce revirement de situation.
Mathieu Olivier, un style unique
Olivier aussi connaît une très bonne saison. Avec une douzaine de matchs à disputer, l’attaquant de 29 ans s’approche de ses sommets personnels de 18 buts et 14 passes (il compte présentement 15 buts et 11 passes).
Toutefois, puisqu’il n’est pas un marqueur régulier, il risque de manquer de temps. Ce qui ne l’empêche pas d’être satisfait de sa campagne.
« Je préfère mon jeu de cette année à celui de l’an dernier. Mon identité et la façon dont je joue, j’ai amené ça à un niveau où je suis content, a-t-il mentionné. J’essaie de faire confiance à mon lancer et d’amener des rondelles au filet. »
Un hockeyeur capable d’amener à la fois un peu d’attaque, une certaine fiabilité en défensive et du respect sur la patinoire, c’est une denrée rare. Ce n’est pas surprenant qu’il tire une grande fierté à le faire.
« C’est un rôle qui est très difficile à atteindre. Ça m’a pris plusieurs années à comprendre comment trouver l’équilibre et la constance dans toutes les sphères, a-t-il raconté. Il n’y a pas beaucoup de joueurs de ce style-là. Je trouve que c’est utile et nécessaire dans une équipe. »
Une combinaison qui a convaincu les Blue Jackets de lui octroyer une prolongation de contrat de six saisons, il y a un an.