Marco Rossi revient sur les six mois où il craignait ne plus jamais jouer au hockey
Marco Rossi a craint d’accrocher ses patins avant même son premier match dans la LNH


Jean-François Chaumont
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SAINT PAUL | Il y a deux ans, Marco Rossi imaginait l’impossible. Sa carrière avec le Wild du Minnesota pouvait s’envoler avant même ses débuts dans la LNH.
Assis dans le vestiaire au Xcel Energy Center après un entraînement matinal à quelques heures du match contre le Canadien, le choix de premier tour (9e au total) du Wild en 2020 a reparlé du moment le plus sombre de sa vie.
Atteint de la COVID-19 au mois de novembre 2020, Rossi a participé au Championnat du monde junior avec l’équipe de l’Autriche un mois plus tard. Le capitaine de son équipe, il n’a pas obtenu de point en quatre rencontres à Edmonton.

À son retour du Mondial junior, Rossi a pris la route du Minnesota pour participer au camp du Wild.
Réaction terrible
C’est là que les médecins ont découvert un problème sérieux. Ayant eu des complications en raison de la COVID, il souffrait de myocardite, une inflammation du muscle cardiaque.
« La première réaction était terrible, s’est remémoré Rossi. Évidemment, je pleurais. Je ne savais plus si je pouvais jouer au hockey. Quand tu n’as pas le contrôle, ça devient angoissant. Si tu te brises un os, tu sais que ça finira par guérir. Dans mon cas, je ne pouvais rien faire. J’avais juste besoin d’attendre. Les médecins m’avaient dit qu’ils auraient une réponse dans six mois. »
« Après six mois, ils pouvaient me dire si je pouvais encore jouer au hockey. Je broyais du noir pendant ce temps, j’étais nerveux. Mais je remercie mes parents et ma copine, ils m’ont beaucoup aidé. »
Avec l’autorisation du Wild, Rossi est rentré chez lui en Autriche durant sa longue convalescence.
Après une attente qui lui paraissait interminable, il a reçu la bonne nouvelle de la part des médecins. Il pouvait recommencer à jouer au hockey.
Il gagne son pari
L’an dernier, le petit attaquant de 5 pi 9 po et 182 lb a connu une bonne saison avec le Wild de l’Iowa dans la Ligue américaine, récoltant 53 points (18 buts, 35 passes) en 63 matchs. Il a aussi joué ses deux premiers matchs dans la LNH avec le Wild.
Deux ans après cet événement, Rossi a gagné son pari, celui d’obtenir un poste à temps plein avec le Wild.

« Tout est bien maintenant, je suis complètement guéri, a-t-il dit avec le sourire. L’an dernier, je passais des tests pour mon cœur toutes les deux semaines. On vérifiait par prudence. Je n’ai aucune séquelle. Mais mentalement, j’y pense encore. Dès que j’ai mal, je me demande s’il y a un lien avec mon cœur.
« Je passais des tests sanguins deux fois par mois. À la fin de la saison l’an dernier, j’ai repassé un autre gros test en Autriche. Les médecins m’ont dit que tout était beau.
« Mentalement, je suis devenu plus fort, a-t-il poursuivi. J’ai grandi de cette expérience. Il y a aussi du positif. Je ne peux pas dire que c’était une bonne chose, j’aurais préféré ne pas traverser ça. J’en sors toutefois comme une personne plus mature. J’ai une vision différente de la vie. Quand tu te réveilles tous les jours et que tu sais que tu peux pratiquer ton métier, tu es encore plus heureux. »
Des progrès
À son neuvième match, Rossi a obtenu son premier point de la saison, en deuxième période, mardi, alors que le Wild a porté la marque à 3 à 0. Son entraîneur Dean Evason a dit qu’il était très heureux de ses progrès.
Un gros talent
Rossi est perçu comme l’un des éléments clés de l’avenir de l’équipe. Parole de Frédérick Gaudreau, il a tous les outils pour s’établir comme un très bon joueur.
« Il est un joueur exceptionnel, il a un talent rare. Je lui en avais parlé de son incident d’il y a deux ans. Ça ne devait vraiment pas être drôle. Quand tu arrives à un point où tu ne peux pas vraiment bouger en raison de danger pour ton cœur, il ne pouvait pas monter ses palpitations en haut d’un certain chiffre, ça fait peur. Il a remonté la pente.
« Aujourd’hui, il est de retour au jeu. Il est dans la LNH. C’est exceptionnel. Les points, ça ne veut pas dire grand-chose. Il joue du bon hockey, il s’améliore tous les jours. »
Rossi remercie Tourigny
Marco Rossi avait les yeux brillants quand on lui a parlé de son ancien entraîneur en chef avec les 67’s d’Ottawa, André Tourigny.

À Ottawa dans la Ligue junior de l’Ontario, Rossi a fait la pluie et le beau temps avec des campagnes de 65 points (29 buts, 36 passes) en 53 matchs et de 120 points (39 buts, 81 passes) en 56 matchs.
« André a eu un gros impact sur mon développement, a dit l’Autrichien. Il était la raison principale de mon choix de jouer à Ottawa dans la OHL. Je savais qu’il était un très bon entraîneur et qu’il pouvait m’aider. J’avais prévenu les équipes au repêchage des joueurs européens de la Ligue canadienne que si Ottawa me choisissait j’étais pour y aller. Mais si c’était une autre équipe, j’aimais mieux rester en Europe.
« Je me suis tellement amélioré lors de mes deux saisons avec les 67’s. Même après un bon match où j’avais quatre ou cinq points, André m’invitait dans son bureau pour regarder des jeux. Il m’indiquait des endroits précis où j’avais besoin de mieux jouer. Il travaillait avec moi, il me poussait à devenir un meilleur joueur. Je serai toujours reconnaissant envers lui. »

Tourigny avait deux joyaux dans le vestiaire des 67’s. Rossi, le neuvième choix au total du repêchage de 2020, mais aussi Jack Quinn, le huitième choix au total de la même année.
Les trois ont maintenant leur place dans la LNH. Tourigny dirige les Coyotes de l’Arizona, Rossi est un centre du troisième trio avec le Wild et Quinn a joué sept matchs cette saison avec les Sabres de Buffalo.
Une mentalité défensive
Si Rossi avait un don pour noircir la feuille de pointage dans la OHL, il avait aussi la réputation d’être un très bon joueur défensivement.
« J’ai toujours aimé le jeu défensif, a-t-il noté. Mon père était un défenseur. Je n’avais pas le choix. Il me disait toujours que si je joue bien défensivement, j’étais pour passer plus de temps dans le territoire offensif. Quand tu as 10 ou 11 ans, tu ne comprends pas trop. Tu penses juste à l’attaque. Mais il m’enseigne le jeu défensif depuis un jeune âge. J’ai compris rapidement. C’était la même chose avec André. »
Au Minnesota, Dean Evason l’a aussi décrit comme un centre très intelligent et qu’il contribuait à l’équipe malgré un lent départ sur le plan offensif.