Marchés en Asie: les Bourses replongent et le pétrole grimpe après les propos de Trump

AFP
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Les bourses asiatiques ont viré au rouge et les prix du pétrole sont repartis à la hausse jeudi après que Donald Trump a promis de « frapper extrêmement durement » l’Iran au cours des prochaines semaines, douchant les espoirs d’une sortie rapide du conflit.
Après avoir ouvert en hausse, l’indice Nikkei de Tokyo lâchait 1,82 % à 52 758,46 points vers 2h20 GMT, tandis qu’à Séoul le Kospi chutait de 3,9 %. Les indices reculaient aussi à Sydney (-0,8 %), Taipei (-1,1 %) et Hong Kong (-0,9 %).
Les cours du pétrole, qui s’étaient apaisés depuis que le président américain avait évoqué mardi un retrait des États-Unis de la guerre d’ici « deux à trois semaines », repartaient en nette hausse, le Brent repassant au-dessus de 105 dollars.
Vers 2h15 GMT le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, reprenait ainsi 5,12 % à 106,34 dollars. Son équivalent américain, le WTI, remontait de 4,37 % à 104,50 dollars.
Tout en réaffirmant que les États-Unis étaient « proches de remplir » leurs objectifs dans la guerre contre l’Iran, le président américain a assuré mercredi (jeudi matin en Asie) qu’ils continueraient de frapper le pays « extrêmement durement » pendant encore deux à trois semaines.
M. Trump a vanté des victoires « décisives » et « écrasantes » obtenues par les États-Unis, réaffirmant que les frappes étaient nécessaires pour empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire.
Il a aussi de nouveau menacé de s’en prendre aux infrastructures énergétiques iraniennes, affirmant qu’en l’absence d’accord, les États-Unis allaient « frapper chacune de leurs centrales électriques très durement et probablement simultanément ».
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Réaction « prématurée » des marchés
Donald Trump « a évoqué des objectifs atteints, mais pas de résolution. Des frappes qui se poursuivent, mais pas de retrait. Une possibilité d’escalade, mais pas de conclusion. Le message n’était pas alarmiste, mais il disait clairement que rien n’était terminé », a commenté Stephen Innes de SPI Asset Management.
Le pétrole a donc bondi « non parce que le conflit s’était soudain aggravé, mais parce que le marché avait prématurément intégré l’idée qu’il se terminerait », selon lui.
Le président américain a aussi appelé les pays qui dépendent du détroit d’Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole mondial, à « s’occuper » de résoudre son blocage par l’Iran.
L’Asie est très dépendante des hydrocarbures du Golfe : quelque 94 % du pétrole du Japon proviennent notamment du Moyen-Orient et 93 % transitent par le détroit d’Ormuz.
La première ministre nippone Sanae Takaichi a d’ailleurs de nouveau appelé mercredi à un « apaisement rapide » du conflit et à « garantir la sécurité de navigation », en marge d’une rencontre avec le président français Emmanuel Macron.
« Avec le détroit d’Ormuz pratiquement fermé et des perturbations de l’offre pétrolière désormais bien réelles, le choc macroéconomique n’est plus seulement une prime de risque géopolitique, mais un véritable choc d’approvisionnement énergétique », prévient Lloyd Chan de MUFG.
La flambée du pétrole « maintient les risques d’inflation, limite la possibilité d’un retour durable de l’appétit pour le risque et ne plaide pas, à ce stade, pour miser sur un affaiblissement général du dollar », ajoute-t-il.
Le billet vert, valeur refuge prisée par les investisseurs, a nettement rebondi face au yen après les propos de M. Trump : le dollar s’échangeait pour 159,30 yens (+0,3 %) vers 2h20 GMT.