Marc-André Fleury: le dernier des mohicans


Jean-Charles Lajoie
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Plus tôt cette semaine il a beaucoup été question de Carey Price, de sa candidature éventuelle au Temple de la renommée...
Beaucoup d’arguments ont été livrés en faveur de l’admission de Carey au temple, beaucoup en défaveur... à tort ou à raison. L’histoire, les décideurs et leurs complices du comité de sélection en décideront à leur guise...
Chose certaine, une candidature fera assurément unanimité au panthéon: celle de Marc-André Fleury.
Flower, le survenant, l’ultime coéquipier. Marc-André, ce sont les arrêts spectaculaires de Roberto Longo, c’est la gentillesse et l’accessibilité de Martin Brodeur, c’est le désir de vaincre de Patrick Roy. Ce n’est pas tout ça mais c’est un mélange parfait de tout ça...
Marc-André c’est le dernier des mohicans, le dernier héritier encore actif et digne descendant du roi Patrick.
La lignée d’excellence des gardiens québécois est exceptionnelle. À partir de Patrick en passant par Martin et Roberto, à travers Théo et bon nombre d’autres jusqu’à Flower, le Québec est l’état qui a fait éclater le plafond, qui a propulsé le gardien de but au rang de super vedette, qui amené les meilleurs du groupe à gagner autant d’argent que les joueurs franchises...
Marc-André c’est 564 victoires, derrière l’intouchable Martin et devant Patrick puis Roberto...
C’est trois coupes Stanley, une médaille d’or aux Jeux olympiques de Vancouver avec Brodeur et Luongo.
Deux médailles d’argent aux Championnats du monde de hockey junior.
C’est 169 départs en séries éliminatoires. C’est un trophée Vézina et un trophée Jennings...
C’est 1029 matchs de saison régulière, du match en « ta », avec une moyenne de 2,60 buts alloués par match et un taux d’efficacité de .912.
À titre de comparaison, Patrick, que l’on dit le plus grand de l’histoire, c’est 2,54 et .910.
Martin c’est 2,24 et .912. Bobby Lu, c’est 2.52 et .919. Autrement dit, ces 4 gardiens représente l’élite de toute l’histoire du hockey entre les poteaux...
Et Flower n’a pas à rougir devant aucun des 3 autres.
Marc-André, même quand il a mal, on a l’impression qu’il sourit. Chaque fois qu’un coach lui a préféré un autre gardien, il a été un coéquipier exemplaire. Il était derrière le gardien choisi à 100% et ne disait jamais un mot plus haut que l’autre.
On s’est demandé s’il étirait la sauce cette saison. Il a 3 victoires et une défaite au-delà des 60 minutes en 4 départs. Il a du fun et il est un élément clé du vestiaire du Wild du Minnesota...
Juste pour Flower je souhaite au Wild une Finale de la Coupe Stanley. Quel chant du cygne exceptionnel ce serait pour le plus grand des gardiens de 6 pieds de l’histoire...
Et d’ici au printemps de Flower qu’on lui souhaite profitable et gagnant il y aura la Confrontation des 4 nations...
Pour toutes les fois où il a mordu la poussière, la conjoncture actuelle au Canada devant le filet impose aux décideurs de faire de Flower un des porte-couleurs de l’Unifolié...
Pour son inestimable expérience ça va de soit. Mais aussi parce que bien honnêtement je pense que dans un tournoi pareil, il peut faire bien mieux que Adin Hill ou encore Jordan Binnington et certainement que Stuart Skinner ou peu importe l’autre gardien que vous voudrez emmener dans la discussion...
Marc-André Fleury est véritablement le dernier héritier de la riche tradition des gardiens d’excellence fabriqués et développés ici au Québec!