Marc-André Fleury blanchit le Canadien: un grand moment pour un grand homme


Jonathan Bernier
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Marc-André Fleury y tenait à ce match face au Canadien, le dernier de sa carrière au Centre Bell. Tellement qu’il avait demandé à son entraîneur de lui offrir ce départ. Une requête qu’il n’avait jamais faite en 21 saisons.
John Hynes a acquiescé et le Sorelois a pu disputer un ultime match devant de nombreux parents et amis. Un moment qu’il risque de chérir pour le restant de ses jours.
Mis à l’épreuve à 19 reprises, il a signé une victoire 4 à 0. La 572e de sa carrière, sa 28e en 48 sorties contre le Canadien. Il s’agissait également de son 76e jeu blanc. Étrangement, il avait fait le même coup au Tricolore, le 9 décembre 2021, soir de sa 500e victoire, alors qu’il portait l’uniforme des Blackhawks de Chicago. Ce soir-là, il avait stoppé 30 tirs.
Cette fois, il a pleinement eu le temps de savourer ce grand moment tellement il a été peu occupé.
« Les gars ont bien de joué devant moi. Ils ont bloqué des tirs, a lancé Fleury, après le match. Certains doivent avoir des bleus au moment où on se parle. »
À quelques occasions, surtout en première période, il aurait pu s’accoter sur son but pour regarder les nombreux partisans vêtus d’un chandail vert et lire les dizaines de pancartes lui étant adressées tant l’opposition du Tricolore fut minimale.

Au cours de ces vingt minutes, les hommes de Martin St-Louis ont décoché trois lancers. Trois...
Ce fut une soirée parfaite pour Fleury. Sans surprise, il a été nommé la première étoile de la rencontre.
Il manquait juste un but. C’est ce que pas mal tout le monde souhaitait voir, dans le Centre Bell, quand St-Louis a retiré Jakub Dobes avec plus de quatre minutes et demie à faire. Frédérick Gaudreau a mis fin aux espoirs en marquant dans un filet désert.
Acclamé de toute part
D’ailleurs, la foule lui a réservé un bel accueil. Que ce soit à l’annonce de sa présence sur la formation de départ ou lorsqu’un gros plan de lui est apparu sur l’écran géant pendant l’hymne national canadien.
« Mon dernier match à Montréal, l’hymne national en français. J’essayais de me faire une photo dans ma tête, de regarder partout pour me souvenir de ce moment-là », a déclaré le gardien.
Le Tricolore a fait preuve de beaucoup de classe en soulignant ce dernier passage pendant une pause publicitaire, en troisième période. Visiblement ému, Fleury a salué les spectateurs de sa grosse mitaine, alors que ceux-ci scandaient son nom avec autant de ferveur que s’il avait porté l’uniforme bleu-blanc-rouge pendant une décennie.
« Il restait encore cinq ou six minutes. Je voulais que le jeu recommence pour ne pas avoir les yeux plein d’eau et ne plus voir la rondelle arriver. »
Mais la plus belle preuve de la grandeur de l’homme et de l’athlète est survenue quelques instants après le son de la sirène, alors que tous les joueurs du Canadien se sont alignés près de la ligne rouge pour lui serrer la pince. Geste qui a été imité par St-Louis et ses adjoints.
« Il mérite tout cet amour et plus encore. C’est plus grand que le sport », a lancé Gaudreau, après le match.
Quand même spectaculaire
Parlons maintenant de l’opposition offerte par les Montréalais. Il a fallu attendre les premiers instants de la deuxième période pour voir le gardien de 40 ans avoir un peu chaud. À ce moment, Juraj Slafkovsky, en s’emparant d’un retour de lancer, a failli le prendre par surprise.
Le Slovaque est pas mal le seul à avoir mis Fleury à l’épreuve sérieusement. En deuxième, il a vu l’une de ses frappes atteindre le poteau. Ce qui a valu à celui-ci un câlin d’adieu de la part de Fleury.
Oh ! Et il y a également eu Josh Anderson. Le gros attaquant a décoché cinq tirs sur Fleury, l’un d’entre eux incitant le Québécois à sortir un arrêt de côté digne des années 1990.
Un arrêt important considérant que, quelques secondes plus tard, Devin Shore portait le pointage à 3 à 0.
Combativité déficiente
Le Canadien, qui s’apprête à amorcer une séquence de trois rencontres sur les patinoires californiennes, vient donc de s’incliner dans un quatrième de suite. Une séquence au cours de laquelle il n’a récolté qu’un point. Ce n’est pas bon pour le mix, ça.
Dans ce match, le Tricolore a lui-même été à l’origine de son malheur. En plus d’être tranquille dans le territoire du Wild, il a contribué à ses deux premiers buts.
Sur le premier, celui de Liam Ohgren, Cole Caufield s’est facilement fait battre, en sortie de zone, par la combativité de Gaudreau. Sur le second, celui de Marco Rossi, Lane Hutson a bêtement raté la rondelle à la ligne bleue du Wild.
Par ailleurs, ce n’est pas surprenant que les joueurs du Canadien n’aient provoqué que deux punitions au cours des trois derniers matchs.
Oui, les arbitres en ont manqué quelques-unes en cours de route. Cependant, quand on manque de combativité et de hargne, l’adversaire n’a pas besoin de commettre des infractions pour nous arrêter.
- Avec la collaboration de Mylène Richard