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Marathon de Boston: un chrono à couper le souffle pour un Québécois

Photo STEVENS LEBLANC
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2026-04-29T19:55:35Z

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Aussi prestigieuse soit-elle, la victoire au marathon de Boston de Guy Dorval ne représente pas sa plus grande fierté.

Victorieux le 20 avril, chez les 65-69 ans, dans l’épreuve qui représente la coupe Stanley des marathoniens, le chargé d’enseignement à la Faculté de géographie de l’Université Laval peinait toujours à croire qu’il avait franchi la ligne d’arrivée en 2 h 48 min 23 s lorsque nous l’avons rencontré en début de semaine à son domicile. Son chrono le plaçait dans les dix premiers pour cent des quelque 32 000 participants.

« C’est le fun d’avoir gagné, mais le plus le fun est d’avoir réalisé un chrono exceptionnel, raconte-t-il. C’est un bel exploit qui va me suivre partout. Je suis surpris d’avoir descendu sous les 2 h 50 min parce que je visais un temps de 2 h 52 min ou 2 h 53 min. »

Comme après chaque marathon, il s’est offert une bière, des croustilles et un mousseux à son retour à l’hôtel. Une bonne bouteille de rouge l’attendait à son retour à la maison.

La meilleure performance de sa carrière

S’il a réalisé son meilleur chrono en 2013 à l’âge de 53 ans au marathon d’Ottawa avec un temps de 2 h 39 min 56 s, le président du club La Foulée estime avoir livré la meilleure performance de sa carrière à Boston.

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« Selon les chartes, ma performance équivaut à un temps entre 2 h 8 min et 2 h 10 min pour un coureur entre 20 et 39 ans. Comme au golf, nous avons un handicap en vieillissant. Si j’avais débuté plus tôt, j’aurais pu réussir des temps de 2 h 10 min ou 2 h 15 min, mais mon corps serait plus usé et je ne courrais peut-être plus. À mon âge, je suis plus raisonnable et je n’ai rien à prouver. Je ne ferai pas les Jeux olympiques à moins d’être assis dans les gradins. »

« Je ne suis pas un gars émotif habituellement, mais j’avais la larme à l’œil quand j’ai franchi la ligne d’arrivée, de poursuivre celui qui a commencé la course à pied à l’âge de 46 ans. J’ai ressenti beaucoup d’émotion. »

Un entraîneur impressionné

Son entraîneur, Jacques Mainguy, est impressionné. « Si Guy avait débuté la course à 17 ou 18 ans, il avait le potentiel pour réussir un temps de 2 h 9 min ou 2 h 10 min, affirme le coach du club La Foulée. Il a montré son potentiel dans une course très relevée. Si la course avait eu lieu en Europe à l’automne sur un parcours plat comme à Londres, il aurait probablement fait 2 h 45 min. »

Plus la course progressait, plus l’enseignant se sentait dans son élément. Son temps dans la seconde moitié du parcours a été plus rapide que dans la première. « Au 28e kilomètre lorsque j’évalue comment je vais souffrir pour le reste de la course, je me sentais vraiment très bien, explique-t-il. Au 35e kilomètre avec une moyenne de 3 min 45 s du kilomètre, je me suis dit : “Hé le père il te reste sept kilomètres. Calme-toi le pompon parce que tu ne sais pas ce qui peut arriver”. »

Au 40e kilomètre, il était convaincu qu’il allait battre la marque du 2 h 50 min, objectif qu’il s’était fixé pour ses 60 ans. « Je n’ai jamais ralenti. J’étais dans une zone super confortable. Dans les trois derniers kilomètres, mon rythme cardiaque était de 162 battements par minute et je pense que j’aurais pu continuer encore deux kilomètres contrairement à ma deuxième place à New York en novembre dernier où il était impensable que je coure 300 mètres de plus. Mes dix derniers kilomètres ont été les plus vites et c’est la première fois que ça m’arrive à Boston. »

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