Manifestations contre le régime en Iran: les morts s'accumulent
Le gouvernement a coupé internet
Zoé Arcand
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Au moins 465 manifestants ont perdu la vie et les corps s'accumulent devant les morgues depuis le début des protestations contre le régime iranien qui mène une répression sanglante.
Les forces de l’ordre de la République Islamique d’Iran «tirent à balles réelles, elles ont sorties des mitraillettes et des kalachnikovs contre la population. Il n’y a tellement plus de place dans les morgues que les corps sont posés à même le sol», alarme Hanieh Ziaei, une politologue associée à la Chaire Raoul-Dandurand.
Depuis le 28 décembre, la classe moyenne iranienne a commencé à manifester contre le coût élevé de la vie.
Depuis, le mouvement a pris «de plus en plus d’ampleur» et est devenu un véritable soulèvement populaire contre ce que la politologue définit comme un «régime autoritaire très répressif qui n’hésite pas à tuer sa propre population».
«C’est une théocratie, une dictature idéologique», ajoute-t-elle.

Grâce à ses contacts sur place, cette spécialiste de l'Iran monitore de loin le déroulement des évènements.
«Les hôpitaux sont inondés. La police [cible] la tête et le cou. Ils ne donnent aucune chance de survie», indique la politologue, qui commentait depuis Bruxelles, en Belgique, la situation.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Des centaines de morts
L’organisme non gouvernemental norvégien Iran Human Rights (IHR) a confirmé 466 morts dimanche, tandis que le Human Rights Activists News Agency, basé aux États-Unis, indiquait 544 décès lors des manifestations, dont au moins neuf enfants.
Dans une vidéo publiée samedi et authentifiées par l’Agence France-Presse dimanche montrent des dizaines de corps enveloppés dans des sacs noirs devant la morgue de Kahrizak, au sud de Téhéran, la capitale du pays.

Sur les images, on voit aussi des Iraniens à la recherche de leurs proches disparus.

IHR estime que 2600 personnes ont été arrêtées, mais les chiffres exacts sont difficiles à obtenir. Le gouvernement iranien a coupé le réseau internet et cellulaire du pays jeudi dernier.
«On est inquiet. La seule source d’information vient des personnes qui ont des [satellites] clandestins», a expliqué Ryan Ale, un père de famille de 43 ans.
Installé au Québec depuis quatre ans, cet Iranien n’arrive plus à communiquer avec sa famille.
Le Journal l’a rencontré samedi alors que quelques milliers de personnes manifestaient au centre-ville de Montréal en soutien au peuple iranien.

Soulèvement
Hanieh Ziaei déplore l’inaction de la communauté internationale et du Canada face aux horreurs qui se produisent dans ce pays du golfe persique.
«Il n’y a tellement pas de recours ou de soutien que la population tend la main à quelqu’un comme Donald Trump», affirme-t-elle.
«L’Iran envisage la LIBERTÉ [.] Les États-Unis sont prêts à aider!!!» a écrit Trump dans Truth Social ce samedi.
«On sait qu’il a des intérêts personnels, mais c’est le seul qui veut nous aider», a commenté Xerxes Gorgani, un Montréalais d’origine iranienne âgé de 26 ans.
Malgré tout, la situation «suscite quand même beaucoup d’espoir», croit la militante québécoise d’origine iranienne Nima Machouf.
«Les gens [...] veulent aller jusqu’au bout pour que cette fois-ci, espérons-le, soit la bonne pour changer de gouvernement», a-t-elle commenté.