Manifestations anti-passeport sanitaire à travers la France

Ornella LAMBERTI et Romain ALLIMANT | AFP
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PARIS, France | Les opposants de tous bords au passeport sanitaire défilaient dans de nombreuses villes de France pour le cinquième samedi d’affilée, quelques jours après la généralisation du dispositif dans la plupart des lieux publics.
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À Paris, les deux principaux cortèges annoncés ont commencé avec des slogans tels que « Libérons la France » ou « Reprends ton passeport Macron et dégage ».
« Les vaccins font énormément de dégâts (...) », affirme Philippe Bailleul, un retraité de 71 ans qui a rallié la manifestation organisée dans la capitale par l’ex-figure du Rassemblement national (extrême droite) Florian Philippot et son mouvement les Patriotes.
Dans le défilé parisien concurrent organisé par des « Gilets jaunes », Marie Huguet, retraitée, pestait contre « l’idée de ne plus pouvoir aller où (elle) veut ». Quant à Yann Fontaine, un clerc de notaire de 30 ans, il voyait dans le passeport sanitaire « une mesure liberticide, ségrégationniste ».
Depuis ses débuts mi-juillet, cette mobilisation antigouvernementale hétéroclite n’en finit plus de grossir. Ils étaient un peu plus de 237 000 dans l’ensemble de la France la semaine dernière, selon le ministère de l’Intérieur.
Sans incident majeur jusque-là, elle attire aussi bien familles et primo-manifestants apolitiques que soignants ou pompiers en tenue, et dépasse la seule mouvance anti-vaccin ou complotiste.
Depuis lundi, le passeport sanitaire s’est imposé en France dans la plupart des lieux publics. Bars, restaurants, cinémas, transports longue distance, musées ou hôpitaux exigent ce QR code qui témoigne d’une vaccination complète contre le Covid-19, d’un test négatif ou d’un rétablissement après la maladie.
Les manifestants accusent le gouvernement de sous-estimer la protestation anti-passeport sanitaire. Le collectif militant Le Nombre Jaune, qui publie sur Facebook un décompte ville par ville, a affirmé avoir recensé samedi dernier plus de 415 000 participants « au minimum » en France.
Plus de 200 manifestations sont encore prévues ce week-end sur l’ensemble du territoire. Les autorités pronostiquent « environ 250.000 manifestants », a confié une source policière à l’AFP.
Hors Paris, les cortèges les plus importants sont attendus dans le sud, où Toulon, Montpellier, Nice, Marseille ou Perpignan se sont imposées comme des foyers majeurs de contestation.
Un millier de personnes ont marché dès la matinée contre les « atteintes aux libertés » à Lannion en Bretagne (ouest) à l’initiative d’un collectif regroupant LFI (gauche radicale), le mouvement altermondialiste Attac et des syndicats. Selon la presse locale, le chiffre a doublé en deux semaines.
Une frange de ce mouvement très divers, sans véritable tête, assume un antisémitisme décomplexé, pendant que certains centres de vaccination ou pharmacies sont traités de « collabos » et victimes d’actes de malveillance.
Une enseignante sera ainsi jugée en septembre pour avoir brandi une pancarte ciblant des personnalités juives à Metz (est) samedi dernier.
Les manifestants dénoncent une entrave à leur « liberté », voire une « dictature sanitaire ».
Ces accusations agacent le gouvernement, confronté à une explosion meurtrière de l’épidémie en Guadeloupe et en Martinique, deux territoires d’outre-mer.
Depuis la Martinique reconfinée, le ministre de la Santé Olivier Véran a fustigé jeudi un mouvement « dont on parle beaucoup trop », et qui arbore « des pancartes extrêmement bariolées et des motifs parfois extrêmement douteux, voire complètement crades. »
L’exécutif espère toujours convaincre les indécis pour atteindre l’objectif de 50 millions de Français ayant reçu une première injection à la fin du mois d’août.
La vaccination aux Antilles est trois fois plus faible qu’en métropole et la flambée épidémique provoquée par le variant Delta une « preuve par l’exemple » de l’urgence à se faire vacciner, selon le premier ministre Jean Castex.