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Malmenés par Trump, les correspondants à la Maison-Blanche tiennent leur gala annuel

MEGA/WENN

AFP

2025-04-26T16:44:00Z

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C'est sans vraiment avoir le cœur à la fête que l'Association des correspondants à la Maison-Blanche tient samedi son gala annuel, boudé par Donald Trump, qui depuis son retour au pouvoir malmène les médias traditionnels.

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Il s'agit de «célébrer le Premier amendement» de la Constitution américaine, qui garantit la liberté de la presse, a souligné le président de cette vénérable organisation, Eugene Daniels, dans un entretien avec le site Status News, spécialisé dans l'actualité des médias.

Le protocole bien rodé du dîner, autour duquel s'organise tout un week-end de cocktails et autres mondanités, a été modifié pour, selon lui, «s'adapter à l'humeur» des journalistes.

L'usage veut que le président américain participe à la soirée, une affaire assez guindée en smoking et robes longues, pour féliciter quelques journalistes distingués pour leur travail, et prononcer une allocution émaillée de blagues, mais aussi écouter le discours impertinent d'un ou d'une humoriste choisie par l'Association.

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Or Donald Trump, qui avait déjà boudé le gala tout au long de son premier mandat, ne viendra pas. Il assiste samedi à Rome aux obsèques du pape François.

Il n'y aura pas non plus de sketch acerbe devant les centaines d'invités réunis au sous-sol d'un hôtel de Washington, des journalistes, des responsables politiques, des lobbyistes et une vedette censée apporter une touche de glamour au «bal des premiers de la classe», le surnom de ce gala («nerd prom»).

L'Association des correspondants a décidé de décommander l'humoriste Amber Ruffin, pour assurer, selon un communiqué, que «l'attention ne porterait pas sur les divisions politiques», mais sur les prix et bourses distribués pendant la soirée.

«Ennemis du peuple»

La comédienne afro-américaine avait répondu à cette annulation sur un ton féroce pendant l'émission de l'humoriste Seth Meyers: «la raison pour laquelle nous avons une presse libre, c'est pour être gentils avec les républicains pendant des dîners chics».

Depuis des décennies, l'Association des correspondants à la Maison-Blanche régulait l'accès des journalistes au président américain, dans le Bureau ovale ou dans l'avion présidentiel.

La porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt, au diapason d'un président qui traite régulièrement les journalistes de «menteurs» et même d'«ennemis du peuple», a mis fin à cette pratique.

Elle ménage désormais une large place à ceux qu'elle appelle les «nouveaux médias», des influenceurs, podcasteurs ou présentateurs de télévision qui soutiennent le plus souvent ouvertement Donald Trump.

La grande agence de presse américaine Associated Press (AP) a vu son accès fortement restreint et parfois totalement supprimé pour ne pas avoir adopté l'appellation de «Golfe d'Amérique» décrétée par le président Trump, une décision qu'elle a attaquée en justice.

L'administration Trump a aussi entamé le démantèlement, là aussi contesté devant les tribunaux, des «voix» de l'Amérique à l'étranger, comme Voice of America, Radio Free Europe/Radio Liberty, ou Radio Free Asia, alors que les radios et télévisions publiques NPR et PBS voient leur financement fédéral menacé.

Donald Trump a également lancé des attaques judiciaires contre la chaîne privée CBS, le journal local The Des Moines Register, et fait plier ABC (groupe Disney), qui a versé 15 millions de dollars sous la menace d'un procès en diffamation.

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