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Malgré le néant en hockey masculin, l'hiver nous appartient toujours

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2026-02-16T23:17:21Z

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La quinzaine olympique de Milan-Cortina ressemble à son anneau de patinage de vitesse longue piste: elle file à toute allure. Mais à quelle vitesse filera la récolte canadienne? Bien malin celui qui pourrait prédire combien de médailles les athlètes du pays ramèneront dans leurs bagages – et dans leurs cœurs. 

Chose certaine: le record de 29 médailles obtenu à Pyeongchang en 2018 ne sera pas inquiété. Tout comme les 14 médailles d’or décrochées à Vancouver en 2010, à l’époque où le programme «À nous le podium» imaginé par Marcel Aubut battait son plein.

Le Canada pourrait-il faire pire qu’à Turin en 2006? Cette année-là, 24 médailles avaient été gagnées – une récolte modeste, la plus faible en cinq Jeux olympiques d’hiver. Et à Beijing, en 2022, l’hymne national n’a résonné que quatre fois au sommet du podium.

À Milan, le scénario pourrait être encore plus difficile. Au moment d’écrire ces lignes, le Canada compte 11 médailles: deux d’or, quatre d’argent et cinq de bronze. Avec la déveine qui frappe nos patineurs de courte piste, la récolte finale risque fort de décevoir le Comité olympique canadien.

Le COC pourra certainement expliquer cette chute par l’abandon de programmes de soutien essentiels à la performance. Or, obtenir une oreille attentive du gouvernement fédéral demeure ardu en période d’incertitude économique.

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Le Québec sauve la mise – encore

Heureusement pour la nation, le Québec continue de porter le pays sur ses épaules. Laurent Dubreuil et Valérie Maltais ont chacun remporté une médaille sur l’anneau rapide de Milan. Dubreuil, 33 ans, a même établi un record olympique... un record battu quelques minutes plus tard par le Néerlandais et l’Américain qui l’ont devancé, avant de lui offrir un câlin sympathique sur la troisième marche du podium.

Les deux athlètes rêvaient d’une médaille en sachant qu’elle serait difficile à obtenir. Leur réussite fait rayonner tout le Québec – et les infrastructures qui les ont formés, notamment le Centre de glaces Intact Assurance de Québec et l’aréna Maurice-Richard à Montréal.

Ces installations inspirent les plus jeunes, comme Charles Hamelin et Kim Boutin ont été inspirés jadis par Marc Gagnon ou Isabelle Charest.

En 2022, 13 des 26 médailles canadiennes étaient québécoises, dont les quatre d’or. À Milan, six des 11 médailles du Canada portent déjà le sceau du Québec, y compris l’argent du relais mixte en courte piste, où cinq athlètes québécois accompagnaient Courtney Sarault de Moncton – fille d’Yves Sarault, ancien choix du Canadien et natif de Valleyfield.

Courtney sauve l’honneur en courte piste autant que les Québécois sauvent la performance nationale tout court. Un étrange paradoxe: le Québec couvre les fesses du Canada en Italie... tandis que le Canada couvre celles du Québec en courte piste.

Le néant en hockey masculin

Autre réalité troublante: la quasi-disparition du Québec en hockey masculin olympique. Notre présence se résume aujourd’hui à Julien BriseBois dans l’équipe de direction. On est loin des belles années – celles de Nagano, Salt Lake City, Turin, Vancouver ou Sotchi – où Brodeur, Luongo, Lecavalier, Saint-Louis, Bergeron, Lemieux ou Gagné portaient largement la feuille d’érable.

Douze ans plus tard, c’est le néant. Le déclin du hockey amateur au Québec est réel, inquiétant, et exige une intervention gouvernementale. Mais combler le retard prendra du temps.

Malgré les ratés, le Québec continue d’imposer sa loi dans plusieurs disciplines hivernales. Une force qui, encore cette année, permet au Canada de sauver les meubles à Milan-Cortina.

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