Malgré la victoire, Martin St-Louis est passé par toute la gamme des émotions: «Ce n’était pas un match facile à diriger»

Jonathan Bernier
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CHICAGO | En se sauvant avec la victoire grâce au but in extremis de Kaiden Guhle, le Canadien a démontré une belle maturité. Celle d’une équipe qui ne panique pas quand ça ne marche pas à son goût.
Il aurait été facile pour les hommes de Martin St-Louis de laisser la frustration les gagner. Pas en raison du jeu ou de l’attitude de l’adversaire, mais en raison de leur incapacité à se faire justice autant qu’ils l’auraient voulu en avantage numérique.

Les Montréalais ont bel et bien marqué deux buts avec l’avantage d’un homme. Mais avec 10 supériorités numériques, ils auraient moins couru après le trouble en en ajoutant au moins un.
«Ce n’était pas un match facile à diriger. On a manqué un peu d’exécution, ce qui a semblé nous décourager un peu», a indiqué Martin St-Louis.
L’attaque massive, réglée au quart de tour dans la deuxième moitié de la dernière saison, ne semble effectivement pas à point. Les passes manquent un peu de précision, la touche finale devant le filet est parfois absente (même si c’est de cette façon que Zachary Bolduc a marqué).
Laine s’ennuie-t-il de Hutson?
Parlant des relais, Patrik Laine semblait plus à l’aise quand c’est Lane Hutson qui lui refilait le disque. La complicité avec Noah Dobson ne semble pas être aussi bonne. Samedi soir, le Finlandais a reçu des passes un peu moins sur la cible et d’autres dont la vélocité n’était pas idéale.
Ce n’est rien contre Dobson, c’est peut-être simplement que Hutson avait saisi comment toucher le bull’s eye efficacement avec Laine. À la défense du nouveau venu, il faut rappeler que la saison est encore jeune.
Néanmoins, ce manque de régularité général du groupe a quelque peu agacé Nick Suzuki.
«On pourrait assurément être plus précis et jouer de façon plus directe», a lancé le capitaine, auteur de trois mentions d’assistance dans cette rencontre.
«On a obtenu plusieurs occasions de travailler là-dessus ce soir, a-t-il poursuivi. On a pu voir ce qui fait défaut. Il y a assurément des aspects à améliorer.»
Guhle, un gars fier
À l’autre extrémité du vestiaire des visiteurs, Kaiden Guhle n’était pas peu fier d’être parvenu à donner la victoire aux siens. D’autant plus que, lorsque la rondelle a traversé la ligne rouge, il croyait que Juraj Slafkovsky était l’auteur du but.
«On a travaillé tellement fort pour ce but. Les 10 ou 20 secondes précédentes ont été complètement folles. On avait des buts ouverts, ils ont bloqué des tirs. Puis, je décoche un tir de la pointe, la rondelle dévie et finit sa course dans le filet. C’était vraiment excitant.»
L’Albertain avait de quoi jubiler, lui dont la soirée de travail a été amputée en raison des nombreuses supériorités numériques du Canadien. De plus, il n’a pratiquement pas pu aider ses coéquipiers à se défendre à court d’un homme, comme il le fait habituellement, puisque chaque fois, il se trouvait lui-même au cachot.
Disons que ce n’était pas l’agressivité qui manquait dans son jeu.
«Je trouvais que je n’avais pas joué de façon incroyable lors de mes deux premiers matchs. Quand ça arrive, j’essaie de jouer avec encore plus d’ardeur, d’utiliser un peu plus mon physique. Que ce soit avec une mise en échec ou avec une bagarre. C’est ce que j’ai fait ce soir.»
Ce sont Frank Nazar, Louis Crevier et, finalement, toute l’équipe des Blackhawks qui en ont fait les frais.