Malgré la déception, Martin St-Louis demeure fier du parcours de ses joueurs: «Je suis content qu’on ait vécu ça»

Jonathan Bernier
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RALEIGH | La déception était facilement lisible sur le visage de Martin St-Louis lorsqu’il s’est présenté au podium quelques minutes après l’élimination de son équipe.
« C’est décevant. Le spectacle s’arrête pour nous », a-t-il lancé d’entrée de jeu.
Mais pas très loin sous cette couche, on pouvait sentir que l’entraîneur-chef du Canadien était habité par un sentiment de fierté. Celui d’avoir vu ses joueurs évoluer, encore une fois, beaucoup plus rapidement que ce qui avait été prévu au départ.

« Tu ne grandis pas sans vivre de l’inconfort. Te faire étirer mentalement et physiquement pendant sept semaines, c’est une belle occasion de grandir. Je suis content qu’on ait vécu ça », a-t-il décrit.
« Même moi, j’ai appris beaucoup. Je suis fier du groupe », a-t-il poursuivi.
Saison régulière et séries éliminatoires combinées, le Canadien a disputé 101 matchs au cours des neuf derniers mois, dont 19 lors des trois tours éliminatoires qui ont pris fin vendredi.
« Je suis content qu’on ait joué ces 19 matchs, parce que ce sont des matchs qu’on ne peut pas imiter [dans les entraînements]», a-t-il lancé.
Des moments incroyables
En plus d’ajouter 19 matchs à leur bagage d’expérience, les troupiers de Martin St-Louis ont compris le prix à payer pour aspirer aux grands honneurs. Un tribut difficile, mais ô combien grisant.
« Ce soir, on a perdu, mais on a ressenti tellement de plaisir [pendant ce parcours éliminatoire]. Ça devrait alimenter le feu, rendre les joueurs encore plus affamés », a indiqué St-Louis.
« Vivre ça, c’est incroyable. La première fois que j’ai subi l’élimination en deuxième ronde, j’étais tellement fâché une fois de retour dans l’autobus. J’étais frustré parce que je me disais que je devrais passer à travers un autre calendrier de 82 matchs avant de revivre ça. »
D’ailleurs, les joueurs des Hurricanes ont souvent vécu ce genre de frustration au cours des dernières années. C’était la quatrième fois en huit ans qu’ils atteignaient le carré d’as, eux qui n’avaient remporté qu’un seul match lors de leurs trois premières présences.
Les nouveaux champions de l’Association de l’Est possédaient donc une longueur d’avance qui dépassait le simple niveau d’énergie.
« On pouvait voir que c’était une équipe d’expérience par les détails dans leur jeu. C’est ce que ça nous prend », a soutenu St-Louis. « Et c’est normal, où l’on se trouve dans notre parcours, de ne pas être aussi détaillé qu’une équipe qui a joué au-dessus de 100 matchs de séries éliminatoires. »
Identité à polir
Si les équipes qui se rendent au bout du chemin servent souvent d’inspiration au reste du circuit, il serait surprenant que le Canadien calque son style de jeu sur celui des Hurricanes, compte tenu des effectifs que St-Louis a sous la main.
« Il faut leur donner du crédit, c’est une très bonne équipe. Ils nous ont fait la vie dure. On va apprendre beaucoup de ça. »
« Il n’y a pas qu’une seule façon de gagner, c’est prouvé », a-t-il continué. « On cherche encore un peu notre identité, mais avec les jeunes joueurs talentueux qu’on a, la façon dont on veut jouer est claire. »
Ces propos confirment que Montréal tracera sa propre voie. Les partisans du Canadien, qui jugent le système des Hurricanes étouffant et endormant, seront sans doute soulagés de savoir que leur équipe refusera de copier ce modèle.