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Maison-Blanche: les maires québécois et ontariens exclus d’une rencontre

Mercredi, à Washington DC, les maires de Laval (Stéphane Boyer), de Québec (Bruno Marchand) et de Montréal (Valérie Plante) ont uni leurs forces pour parler à des élus américains.
Mercredi, à Washington DC, les maires de Laval (Stéphane Boyer), de Québec (Bruno Marchand) et de Montréal (Valérie Plante) ont uni leurs forces pour parler à des élus américains. Photo Taïeb Moalla
Photo portrait de Taïeb Moalla

Taïeb Moalla

2025-03-06T05:00:00Z

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Washington DC – Les maires québécois et ontariens ont été exclus d’une rencontre qui doit tout de même avoir lieu vendredi matin à la Maison-Blanche avec des conseillers de Donald Trump.

C’est du moins ce que nous avons appris mercredi soir auprès du maire de Québec, Bruno Marchand. La rencontre, convenue depuis des semaines, était organisée par l’Alliance des villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent (AVGLSL), qui regroupe des maires ontariens, québécois et états-uniens. Or, seuls des maires des États-Unis auraient finalement été conviés à y participer.

Avant cette subite annulation, il avait été convenu par l’Alliance que trois maires de l’AVGLSL (un États-Unien, un Ontarien et un Québécois) participeraient à la rencontre pour exposer leurs arguments contre les tarifs douaniers. À ces trois-là devaient également s’ajouter des maires des États-Unis réunis sous l’égide de la «Mississippi River Cities and Towns Initiative».

«Ils disent que c’est pour des raisons de protocole [que les maires québécois et ontariens n’étaient plus conviés]. Mais c’est incompréhensible, car ça fait des semaines qu’ils sont informés de cette visite», s’est désolé le maire Marchand.

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Nullement surpris de la situation, ce dernier a ajouté que «ça fait partie du personnage [de Trump] et des difficultés qu’on a. C’est malheureux, mais prévisible. La seule certitude qu’on a, c’est l’incertitude.»

Chauvinisme

Plus tôt en journée, M. Marchand a affirmé qu’il fallait désormais «être chauvin» pour ne pas être à la merci d’une «déclaration intempestive» d’un président américain qui «provoque un chaos indescriptible».

Ce dernier était à son deuxième jour de la mission de lobbying à laquelle il participe à Washington DC. Ce dernier accompagne une trentaine de ses homologues canadiens et québécois qui ont uni leurs forces pour dénoncer les tarifs douaniers imposés au Canada par Donald Trump.

«Il va falloir prendre tous les moyens pour qu’on arrête d’être à la merci de quelqu’un qui joue au yo-yo et qui vise le chaos, a insisté le maire. Il faut se recentrer sur nous, s’organiser, être chauvin, acheter local, développer nos marchés, soutenir nos entreprises et espérer pour le mieux.»

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

N’est-il pas particulier de revendiquer une attitude «chauvine» en sachant que ce mot a généralement mauvaise presse? «Je suis quelqu’un qui se veut ouvert. Mais à partir du moment où il y a un joueur – les États-Unis – qui décide de ne plus danser la même danse que nous, on n’a pas le choix. On ne regardera pas le train passer et on ne va pas tendre l’autre joue. On ne va pas se laisser intimider. C’est de l’intimidation et c’est même de l’extorsion», a répondu M. Marchand en assurant soutenir les mesures de rétorsion décidées par les premiers ministres Trudeau et Legault.

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Le tourisme estival

Conscient que les réservations dans les hôtels de Québec pour la saison estivale se font souvent de trois à six mois d’avance, Bruno Marchand a dit suivre la situation de près en ce climat de tensions entre le Canada et les États-Unis. Pour le moment, il n’y a pas eu de baisse des réservations, mais on n’est jamais à l’abri, a-t-il prévenu.

La faiblesse du dollar canadien peut être un argument favorable à l’arrivée massive de touristes américains, mais les nouvelles sur la guerre commerciale que se livrent les deux pays peuvent plutôt constituer un élément d’inquiétude pour ces visiteurs, selon lui.

«Ce qu’il faut éviter, c’est que le conflit s’envenime au point où les gens en viennent à avoir beaucoup d’acrimonie entre Canadiens et Américains et où les [touristes] américains nous délaisseraient», a résumé M. Marchand.

Mardi, le maire de Québec, Bruno Marchand, accompagné de plusieurs autres maires canadiens, a sillonné les couloirs de différents bâtiments annexes du Capitole pour rencontrer des élus américains.
Mardi, le maire de Québec, Bruno Marchand, accompagné de plusieurs autres maires canadiens, a sillonné les couloirs de différents bâtiments annexes du Capitole pour rencontrer des élus américains. Photo Taïeb Moalla
«L’heure est grave»

Au pas de course, les maires regroupés au sein de l’Alliance des villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent ont multiplié, mercredi, les rencontres à huis clos avec des élus américains – surtout républicains – dans des bureaux situés dans des annexes du Capitole.

Dans un décor digne de la série House of Cards, les couloirs grouillaient de centaines de visiteurs venus exposer leur point de vue à leurs collègues des États-Unis en espérant pouvoir les influencer sur tel ou tel dossier.

Il était d’ailleurs notable de constater que les maires des trois plus importantes villes du Québec – Montréal, Québec et Laval – se retrouvaient ensemble – pour la première fois en même temps – à l’étranger pour combattre les tarifs douaniers. «L’heure est grave», ont-ils acquiescé lorsqu’il a été question de cette situation inédite.

D’après Valérie Plante, mairesse de Montréal, «il se passe quelque chose d’inusité, d’inhabituel où un président a des sautes d’humeur qui ont nécessairement un impact sur l’économie canadienne».

Pour son collègue de Laval, Stéphane Boyer, «la situation est inquiétante pour tout le monde. Plusieurs des villes américaines qui vont être touchées par les tarifs sont représentées par des députés républicains. On a l’espoir que des gens changent d’idée».

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