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Ma chronique pour vous convaincre de plonger dans les Jeux olympiques

C’est enfin le retour des Jeux normaux d’hiver

Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2026-01-31T05:00:00Z
2026-01-31T07:30:00Z

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Oui, attachez-vous dans le sens de cramponnez-vous, c’est le retour des Jeux d’hiver normaux après la maudite pandémie. Ce sera dans un décor exceptionnel.

Les Canadiens et les Québécois sont affamés et avec raison. Batinse que ce sera excitant. Mais attachez-vous aussi au sens de laissez-vous vous attacher à nos athlètes. Ça va vous donner le goût de vivre ces Jeux avec eux, de vous stresser avec eux, d’être content ou d’être triste avec eux.

C’est notamment ce à quoi sert ce dossier spécial.

Nous avons rencontré plusieurs athlètes québécois pour préparer tout ça.

luciano mortula - Fotolia
luciano mortula - Fotolia

Quand on connaît un peu un athlète, ça change tout quand c’est le temps de le regarder performer.

Et nos athlètes québécois sont attachants, vous verrez. Ça me donne encore plus le goût de les voir réussir. Ça me stresse, même. Je ne veux pas vous rendre anxieux, mais encore plus fébrile en vous les présentant.

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Juste du sport

Je peux vous parler de Julien Viel, un gars de 24 ans qui connaît une progression fulgurante en ski acrobatique. Il est tellement cool, ce petit gars-là ! Avant notre entrevue, je l’ai surpris en flagrant délit, en train de pratiquer son swing de golf. Ça devait le calmer durant sa journée de 12 entrevues. Une médaille n’est pas impossible pour lui pour ces Jeux. « Si ça se passe, ça se passe. Sinon, c’est juste du ski », dit-il.

PHOTO DIDIER DEBUSSCHÈRE
PHOTO DIDIER DEBUSSCHÈRE

Venant d’un gars de 24 ans, c’est plus que sage. « C’est l’environnement dans lequel j‘ai grandi avec mes parents. J’ai appris à voir ça comme une passion et rien d’autre. Le sport, c’est un plus. Là, c’est olympique, mais j’essaie encore de le voir comme une passion, comme une étape dans ma vie », ajoute celui qui étudie en génie des mines.

Il y a le king aussi, Mikaël Kingsbury, qui en sera sûrement à ses derniers Jeux, à 33 ans. Il est encore trop fort. Mais c’est un père de famille. Il veut être capable de jouer, à genoux, avec son petit gars. Pour l’instant, « je suis toujours couché à terre avec lui », lance-t-il en riant.

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C’est un des plus grands athlètes au monde. Et c’est le même bon gars qu’on a toujours connu. « Il y en a que ça monte à la tête. Je parle à des athlètes qui m’ignorent. Là, ils voient que c’est moi et disent : désolé, je ne t’avais pas reconnu. Moi, je ne suis pas comme ça, je n’ai jamais changé », m’explique-t-il.

Et ce, même s’il sait humblement qu’il ne verra jamais de son vivant quelqu’un accomplir ce qu’il a accompli.

Difficile dêtre contre le Canadien

Je lui ai demandé ce que ça faisait de voir que ses podiums passaient souvent derrière un changement de trio du Canadien dans les médias. Ça ne le fâche pas. « Moi aussi, j’aime le hockey », dit-il en riant.

« Est-ce que ça pourrait être plus comme couverture pour notre sport ? Oui. Est-ce que ce serait bénéfique pour mon sport ? Oui. Est-ce que ce serait plus payant ? Oui, mais je ne peux pas compétitionner avec le Canadien. C’est comme ça, ici. Je suis content de faire rayonner mon sport. Je suis vraiment content de ce que j’ai comme attention », résume-t-il, en blaguant qu’il aurait peut-être à faire plus attention s’il faisait quelque chose de stupide.

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Un génie trop fort

Il y a Marion Thénault aussi en ski acrobatique. À 25 ans, sa vie m’essouffle. Elle doit avoir des clones pour avoir fait tout ça. C’était une des meilleures gymnastes au Canada, mais à 17 ans, elle a décidé qu’elle commençait plutôt le ski acrobatique. Et là, elle fait partie des meilleures au monde.

Photo d’archives, DIDIER DEBUSSCHÈRE
Photo d’archives, DIDIER DEBUSSCHÈRE

Ah, oui. Elle étudie aussi en génie aérospatial. Elle a également lancé un projet auprès des athlètes dans son sport, pour les mener vers la carboneutralité et le développement durable. Elle va s’entraîner à vélo, elle limite les déplacements en avion, diminue sa consommation de viande et tente de convaincre les autorités du ski mondial d’adapter les calendriers de la Coupe du monde pour réduire les longs déplacements.

Vous allez revoir Laurie Blouin aussi, la sympathique planchiste de Stoneham. Je lui ai demandé si elle était cinglée de faire ce sport. « Ouin, quand même », me dit-elle en riant. Mais ça a toujours été en elle, ajoute-t-elle. Quand je vais la voir en haut de la piste avant de partir et faire 62 de sauts dans les airs, mon rythme cardiaque va augmenter. Je vais avoir le goût de prendre une tequila pour que ça passe. Je lui dis ça et elle me coupe la parole : « Moi aussi ! » rit-elle. Pour se calmer, dans ses écouteurs, ça a souvent été du Shania Twain, mais elle a fait « une écœurantite ». Il y a eu du Céline Dion aussi. Elle ne savait pas encore quel sera son choix en Italie.

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Photo Roby St-Gelais
Photo Roby St-Gelais

Les grandes Valérie et Kim

Je peux parler de Valérie Maltais, qui en sera à ses cinquièmes Jeux. C’est sa deuxième carrière olympique. Rappelez-vous, elle a gagné une médaille en patinage courte piste avant d’en gagner une d’or en... longue piste. Elle n’avait jamais mis des patins de longue piste avant 2018. C’est une athlète courageuse comme on en voit très peu. Et elle est vraiment smatte.

En parlant de smatte, vous voudrez aussi suivre la grande Kim Boutin, qui prendra sa retraite après les Jeux, elle qui commence sa carrière comme éducatrice spécialisée. En passant, je n’ai toujours pas compris comment c’était physiquement possible de s’asseoir comment elle était assise au moment de son entrevue avec moi. Si j’avais essayé, mes deux rotules se seraient disloquées.

Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal
Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal

J’ai appris à mieux connaître aussi la fierté de Terrebonne Steven Dubois, qui a volé le spectacle avec trois médailles aux derniers Jeux en patinage courte piste. C’est un personnage fascinant avec un « cerveau un peu bizarre », me raconte-t-il. Il dit lui-même avoir une phobie de parler en public et que la communication, ce n’est pas toujours facile pour lui.

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Pourtant, il était vraiment drôle avec moi. Très fort à l’école, lui qui étudie en biologie, c’est un gars qui capote sur son sport, car il aime réussir à comprendre sa mécanique. Et plus il comprend, plus il s’améliore et plus ça le passionne. C’est ce qui l’a toujours allumé en patin. Ça fait un peu Bryson DeChambeau au golf, sans la tête enflée.

Avec nous

Bon, je pourrais continuer pour des dizaines d’athlètes. On ne manque vraiment pas d’athlètes québécois fascinants que vous pourrez découvrir dans ce cahier.

Par ailleurs, nous sommes bien heureux d’accueillir au sein de la section Laurent Dubreuil à titre de chroniqueur chaque jour durant la tenue des Jeux. Le champion du monde en patinage longue piste en sera à ses troisièmes Olympiques. Il nous invitera dans sa préparation, mais aussi dans le quotidien d’un olympien et évidemment, dans ses compétitions.

En plus des nombreuses entrevues et de la présentation de tous nos athlètes du Québec, vous retrouverez au centre de ce cahier un calendrier à conserver et qui vous permettra de savoir quand nos Québécois seront en action.

Mon collègue, l’infatigable Richard Boutin, sera posté dans les montagnes pour suivre plusieurs sports alpins.

François-David Rouleau sera à Milan, qui sera le théâtre du hockey et du patinage.

Je serai aussi à Milan. Je suis conscient de la chance que j’ai de pouvoir faire ça comme travail. Mais je ne mérite pas ce job si je ne réussis pas à vous faire ressentir un peu ces jeux, comme si vous étiez avec moi et avec un petit verre de Chianti.

Bon Jeux !

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