Lysanne Richard annule son plongeon d’un hélicoptère
François-David Rouleau | Journal de Montréal
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Assise les pattes pendantes sur le majestueux hélipad en pierres de son pilote sur les berges du lac Memphrémagog, Lysanne Richard voyait tout de même la vie de bon œil. Son équipe et elle venaient tout juste de décider d’annuler son saut périlleux dans le lac du haut d’un hélicoptère.
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Et ce n’était surtout pas parce que la plongeuse de 42 ans et mère de trois enfants s’était dégonflée. Loin de là.
Celle qui s’apprêtait à établir un record féminin en plongeant d’un hélico se préparait activement quand le tonnerre s’est mis à gronder sur la rive de la vaste étendue d’eau de l’Estrie. Tout était prêt, sauf que mère nature en a décidé autrement.

Son valeureux pilote, Louis Lessard, et toute son équipe surveillaient déjà depuis des heures les risques d’orages. Et une forte cellule orageuse qui fonçait sur la Pointe-Merry, l’endroit exact où elle devait sauter 45 minutes plus tard sur le coup de 19h30, a tout fait dérailler son projet.
Pour le moment...
Partie remise
Car ce n’est qu’une partie remise, selon les acteurs de l’aventure.
«C’est décevant, mais j’en ai vu d’autres. Nous avons vécu la même chose quand j’ai sauté d’une montgolfière et dans le lac glacé, a signalé sereinement la femme à l’esprit positif. Dans ce style de projet, on dépend tellement de la météo.
«C’est triste, a poursuivi celle qui avait tout prévu pour s’élancer depuis 24 mètres de la surface de l’eau. Mais si je veux être honnête, c’est correct. Il y a tellement d’embûches dans les grands projets.»
À quelques pieds de là, son pilote abondait dans le même sens. Il avait embarqué dans son aventure en raison d’une passion commune.

«C’est triste, car on serait pris directement dans la tempête, a-t-il prouvé en tendant son outil de radar météo. Il faut que ce soit remis.»
Défi logistique
De retour au quai, on pouvait remarquer des dizaines d’embarcations flotter près de la zone où devait sauter Lysanne Richard. Des centaines de spectateurs attendaient le moment depuis le rivage.
Il n’avait évidemment pas consulté les avis publics de la décision de la plongeuse.
Celle-ci espérait d’ailleurs pouvoir s’exécuter ce week-end, si les prévisions météo le lui permettaient. Mais devant l’ampleur de la logistique d’un évènement semblable, rien n’est pour autant certain.
Il faut à nouveau aligner l’équipe de sauvetage, préparer à nouveau la zone d'atterrissage sur l'eau, préparer l’hélico et réorganiser la croisière sur le bateau du Grand Cru où s’entassaient près de 200 personnes.

À cela s’ajoute la préparation psychologique et espérer attirer autant de spectateurs alors que l’exploit devait aussi être annexé au spectacle de feux d’artifice des Grands Feux magogois.
En milieu de soirée, alors que l’orage n’a jamais eu lieu et qu’il n’a laissé que quelques gouttes de pluie, les feux devaient toujours avoir lieu, selon le président de l’évènement, Renaud Légaré.
Ceux-ci s’inscrivaient toutefois dans le grand projet de la plongeuse.

Record à battre
Championne du monde de plongeon de haut vol et comptant plusieurs podiums sur le circuit de la Fédération internationale des sports aquatiques (FINA) et Red Bull préparait ce projet depuis un bon moment.
Elle souhaitait éclipser le record du monde féminin de 14 mètres d’environ 10 mètres du haut d’un hélico. Elle avait prévu quatre unités de mesure afin de s’assurer d’enregistrer la bonne hauteur.
Fort de ses 17 années d’expérience, son pilote Louis Lessard avait aussi inscrit très clairement les altitudes nécessaires sur un bloc-notes rosé afin de respecter la hauteur souhaitée de 24 mètres aux commandes de son Robinson 44 (R44).

Ces notes et cette préparation serviront tôt ou tard. Il s’agit maintenant de choisir le meilleur moment pour exécuter ce saut périlleux.
Ensuite, elle pourra passer à un exploit aussi fou. Elle dit ne pas manquer d’idées.