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Lutte : PCO a gagné son pari

André Beaupré
Photo portrait de Patric Laprade

Patric Laprade

2024-07-21T16:25:14Z

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Le lutteur PCO, de son vrai nom Carl Ouellet, n’avait qu’un seul but en tête lorsque la compagnie pour laquelle il travaille, TNA, a confirmé qu’elle viendrait à Montréal pour l’un de ses plus gros événements de l’année. Et ce but était de remplir l’Auditorium de Verdun.

Il n’a jamais dérogé de son objectif et après plusieurs mois de dur labeur, il a réussi, alors qu’hier soir pour Slammiversary, l’Auditorium était rempli à pleine capacité.

Cependant, ce n’est pas arrivé en s’assoyant sur ses mains et en laissant la compagnie s’occuper du marketing et de la vente de billets.

Non, monsieur!

Carl a sorti tous les trucs du métier qu’il a appris lors des 30 dernières années. De son propre aveu, il s’est même inspiré du match de retraite de Jacques Rougeau d’octobre 1994 (match dans lequel il était l’adversaire de Rougeau) qui avait attiré près de 17 000 personnes au défunt Forum de Montréal.

Il a mis à profit trois décennies de contacts dans les médias pour s’assurer d’être partout. Et partout il a été: Journal de Montréal, La Presse, Radio-Canada, TVA Sports, TVA, LCN, BPM Sports, les journaux locaux, sans compter les médias spécialisés.

Il s’est entouré d’une équipe hors pair sur le terrain afin de vendre le maximum de billets, d’aller à la rencontre des amateurs de lutte, du passé comme du présent. Il a parcouru plusieurs régions du Québec afin de rencontrer les fans, que ce soit à Gatineau, Sherbrooke ou Montréal.

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Il a eu des partenariats avec des promotions de lutte d’ici, a décidé d’impliquer des lutteurs locaux dans une bataille royale, a tenu une conférence de presse pour les présenter et a même convaincu une franchise de La Belle et la Bœuf de nommer un de ses hamburgers le « PCO Burger. »

Rien n’a été laissé pour compte et avec des prix plus que raisonnables, les gens ont répondu présents.

De plus, pendant qu’il travaillait d’arrache-pied sur le terrain, à vendre des billets physiques de surcroît, il devait se battre en coulisses avec la direction de TNA. Se battre est peut-être un peu fort comme expression, mais ce n’est pas comme si la compagnie y croyait dès le début. Elle prévoyait faire autour des 1 500 personnes, pas le double et plus encore. Carl a dû négocier avec eux afin d’ouvrir plus de sièges que les 2 000 premiers. Il a dû leur faire réaliser qu’il y aurait quelque chose de spécial à Montréal les 20 et 21 juillet, ce que la compagnie a fini par comprendre.

La dernière semaine a vu une bannière être érigée sur la rue Wellington, une conférence de presse deux jours avant, un combat de bras de fer entre Jordynne Grace et Métal, l’une des mascottes du Canadien, un dernier blitz d’entrevues dans les médias.

Bref, PCO n’a pas eu une nuit complète depuis deux mois! Son bras droit Bertrand Hébert non plus.

Et samedi soir, c’était le résultat de tous ces efforts.

Une foule endiablée du début à la fin, comme seule Montréal est capable d’avoir.

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Non, le spectacle n’a pas été parfait. Mais les bons coups ont surpassé les mauvais et la foule a aidé à rendre certains matchs et certains moments meilleurs.

Meilleure soirée de lutte en carrière

Mais la personne que tout le monde voulait voir, c’était PCO. Celui qui lutte depuis bientôt 40 ans, ancien champion par équipe de la WWE à trois reprises, ancien champion mondial de Ring of Honor, celui qui a lutté partout dans le monde, a probablement connu, à 56 ans, sa meilleure soirée de lutte en carrière. Certainement sa plus valorisante.

En plus du travail de promoteur local, il a aussi remporté son match face à AJ Francis, devenant ainsi champion Digital Média et International. Ramener le titre International, inactif depuis 1987, était une autre idée de Carl afin de vendre plus de billets. On voulait s’assurer que même les plus vieux amateurs auraient quelque chose à se mettre sous la dent. Et on va être honnête, juste le titre Digital Média n’était pas suffisant pour l’ampleur de l’événement.

Lorsque j’ai parlé à Carl après l’événement, un peu avant 1h du matin, il semblait ému de sa soirée. Ému et content. Personne ne croyait en lui. Personne ne croyait qu’il pouvait remplir l’Auditorium. Pas même moi. Et il nous aura fait tous mentir.

À la TNA, la chanson dit peut-être « I believe in Joe Hendry! », mais je crois que les vraies paroles devraient être « We believe in PCO! » Gager contre lui en ce moment serait une grossière erreur.

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Carl Ouellet a décidé de mettre tous ses jetons en avant de lui et d’y aller « all in ». Et il a gagné son pari!

Plusieurs changements de titres

PCO n’a pas été le seul à devenir champion samedi soir.

Dans le combat principal, Nic Nemeth, l’ancien Dolph Ziggler de la WWE, est devenu champion mondial de la TNA. Il a défait cinq autres lutteurs dans un combat par élimination.

Aussi, l’équipe composée de Chris Bey et Ace Austin, mieux connue sous le nom d’ABC, a remporté les titres par équipe face à The System, Eddie Edwards et Bryan Myers, dans l’un des meilleurs combats de la soirée.

Finalement, un autre Québécois a remporté un titre alors que Mike Bailey a vaincu Mustafa Ali pour remporter le titre X-Division pour une deuxième fois.

Le retour à Montréal d’Earl Hebner

D’ailleurs, dans ce combat, Bailey a été quelque peu aidé par le retour d’un arbitre bien connu à Montréal, Earl Hebner. Ce dernier était l’arbitre du fameux match entre Shawn Michaels et Bret Hart de novembre 1997, le match surnommé « Montreal Screw Job » et dans lequel il avait fait sonner la cloche sans que Hart n’ait abandonné, à la demande de l’ancien patron Vince McMahon.

Ça faisait longtemps qu’Hebner n’était pas venu en sol montréalais et dès son arrivée vers l’arène, il a été accueilli par un très fort « You screwed Bret! » Pris dans un sharpshooter, la même manœuvre qui avait mis fin au combat en 1997, il a cette fois-ci résisté et n’a pas fait sonner la cloche! J’avoue que sur le coup je me suis dit « ah non, pas un autre screw job finish à Montréal » mais la foule a tellement bien réagi au segment que ça a rendu le tout cool quand même. Au final, Bailey s’est en sorti et a lui-même appliqué la prise sur Ali pour remporter le combat.

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André Beaupré
André Beaupré

On a pris soin des Québécois

On a été intelligent du côté de TNA, grandement influencé par Ouellet et Hébert.

On a chanté l’hymne national canadien dans les deux langues officielles. On a fait appel à Jean-François Kelly afin de coanimer l’avant-gala avec la Torontoise Jade Chung. Kelly est revenu pour annoncer en français seulement, l’entrée de PCO. Les deux Québécois ont remporté leur match de championnat respectif. Comme à tous les spectacles d’importance de la compagnie, on avait l’équipe de commentateurs francophones, Handsome JF (Jean-Frédéric Clément) et Marc Blondin aux abords de l’arène. C’était d’ailleurs la première fois que Blondin, après 40 ans de carrière, avait la chance de décrire l’action de si près à Montréal.

De plus, on a fait vivre à presque 20 Québécois une belle expérience avec une bataille royale qui précédait l’avant-gala. Bon, une bataille royale de sept minutes qui ne passera pas à l’histoire, mais qui permettra tout de même à certains de vivre un moment qu’ils n’auront plus la chance de vivre dans leur carrière.

Il était aussi important pour Ouellet de s’occuper des légendes qui ont marqué le territoire, à commencer par les Leduc. Paul Leduc était présent dans les premières rangées en compagnie de sa fille Kim, qui a fondé la première promotion de lutte féminine au Québec en 2006, ainsi que de la fille de Jos Leduc, Michèle. C’est d’ailleurs Carl Leduc, le fils de Paul, qui a remporté la bataille royale.

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Aussi dans l’assistance, les anciens lutteurs Gilles « The Fish » Poisson, « Le Fermier » Louis Laurence et Richard « Le Magnifique » Charland. Ce dernier ne sort pas souvent alors c’est tout un exploit de PCO. Le barbier des sportifs Ménick, qui n’avait pas mis les pieds à l’Auditorium de Verdun depuis des décennies, était aussi présent.

L’un des meilleurs prospects de la lutte québécoise, Zak Patterson, qui a été l’un des trois derniers dans la bataille royale, a aussi joué le rôle d’un agent de sécurité pour Mustafa Ali. Patterson a aussi eu la chance d’avoir du temps dans l’arène, lorsque la sécurité d’Ali a tenté de clouer Mike Bailey au sol.

Ouellet a même été chercher les vieux amateurs de lutte avec un journal qui faisait office de programme pour la soirée, comme dans les années 1980.

Les meilleurs matchs de la soirée

Le match de la soirée pour moi a été le combat par équipe entre ABC et The System.

Il est suivi par le match entre Mike Bailey et Mustafa Ali, PCO contre AJ Francis et très surprenant quadruple menace entre Tasha Steelz, Xia Brookside, Faby Apache et Gisele Shaw. Un match à regarder sur YouTube si vous n’étiez pas encore arrivés.

Voici en terminant, les résultats rapides de la soirée :

Avant avant-gala

· Carl Leduc a remporté une bataille royale de 20 lutteurs

· Tasha Steelz a battu Xia Brookside, Faby Apache et Gisele Shaw

· Kushida a défait Rich Swann

· Les championnes par équipe The Malisha (Alisha Edwards et Masha Slamovich) ont vaincu Spitfire (Dani Luna et Jody Threat)

· Eric Young a battu Alex Hammerstone

Slammiversary

· Matt Hardy a battu JDC

· ABC (Chris Bey et Ace Austin) ont défait les champions par équipe The System (Eddie Edwards et Bryan Myers) pour remporter les titres

· Mike Santana a vaincu Jake Something

· Les Rascalz (Trey Miguel, Wes Lee et Zachary Wentz) ont battu les No Quarter Catch Crew (Charlie Dempsey, Myles Borne et Tavion Heights)

· PCO a vaincu le champion Digital Média et International AJ Francis pour remporter les deux titres

· La championne féminine de TNA Jordynne Grace a défait Ash By Elegance

· Mike Bailey a défait le champion X-Division Mustafa Ali pour remporter le titre

· Nic Nemeth a vaincu le champion mondial de TNA Moose, Frankie Kazarian, Joe Hendry, Josh Alexander et Steve Maclin dans un match à six par élimination pour remporter le titre

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