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Lutte Académie a reconquis un ancien amateur de lutte

Le concours organisé par Jacques Rougeau nous ramène à l'essence du sport-spectacle

Cody Brown (pantalon blanc) et Michael Richard Blais ont donné le meilleur spectacle de la soirée dans un combat endiablé et solide techniquement.
Cody Brown (pantalon blanc) et Michael Richard Blais ont donné le meilleur spectacle de la soirée dans un combat endiablé et solide techniquement. Courtoisie Jacques Rougeau
Photo portrait de Dave Lévesque

Dave Lévesque

2023-06-05T18:23:10Z

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La lutte c’est arrangé. Mais la lutte, c’est un jeu dans lequel le spectateur est un participant et c’est encore plus vrai lors des galas de Lutte Académie. 

À l’invitation du créateur et organisateur, Jacques Rougeau, je me suis rendu avec la petite famille voir le deuxième quart de finale qui était présenté au Club Soda, dimanche. 

Petite salle, autour de 400 spectateurs, un band rock qui chante la chanson officielle et une réunion des frères Jacques et Raymond Rougeau pour une première fois en vingt ans. Il y avait même des vedettes dans la place puisqu’on a aperçu Stéphane Fallu et Gilbert Delorme. Le ton était donné.

D’entrée de jeu, on nous explique qu’on doit applaudir les gentils et qu’il faut huer les méchants... tout en restant respectueux. C’est un événement familial après tout. Et on se laisse prendre au jeu avec plaisir.

Il s'agit d'un concours qui réunit des lutteurs et lutteuses de partout au Canada. Après chaque affrontement, le meilleur, qui ne sera pas nécessairement le gagnant du combat est déterminé par un juge (c'était Raymond Rougeau dimanche) et il peut poursuivre son chemin à la ronde suivante. On se base sur la performance technique dans le ring, mais aussi sur la force du personnage incarné par le lutteur et sa prestance dans la portion entrevue qui précède chaque duel.

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On se fait prendre

Aussi bien le dire, la dernière fois que j’avais assisté à un gala de lutte, j’étais encore à l’école primaire et Abdullah the Butcher était la tête d’affiche. Ça faisait donc une quarantaine d’années.

Quand j’ai compris que c’était arrangé, je me suis désintéressé du sport-spectacle. Allez savoir pourquoi.

Mais dès la présentation des premiers lutteurs, la magie est revenue. Steven Mainz, très bien campé dans son rôle de méchant, avait l’intention de faire la vie dure à Mathis Myre, alias Ti-Gibier. Ça ne s’invente pas.

Les deux protagonistes ont fait un excellent travail pour réchauffer la salle qui était quand même gagnée d’avance.

Le Montréalais Mainz avait de l’attitude à revendre, excellent dans son personnage, pendant que Myre, de Hawkesbury, épatait Jacques Rougeau par sa progression, lui qui avait participé à la première édition du concours, l’an passé.

Le clou

Le clou du spectacle est arrivé dès le second combat. Un affrontement furieux entre Michael Richard Blais, d’Edmonton, et Cody Brown, de Windsor en Nouvelle-Écosse.

Parlons de Blais, le méchant, qui se présente comme le «Don de Dieu à la lutte». Il a été parfait en tous points. Il a une folie dans le regard qui le rend crédible et il est capable de créer un certain malaise en portant un doigt à sa bouche pour ensuite décocher un regard salace à une femme dans l’assistance. On y croit.

Blais et Brown se sont livré un combat d’un niveau technique impressionnant qui a fait dire à Jacques Rougeau que c’était l’un des meilleurs affrontements qu’il avait vu dans sa carrière.

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Il a d’ailleurs invité Brown, le malheureux perdant à revenir lutter lors de la finale qui aura lieu au mois de septembre.

Des personnages

Ce qui fait la force de la lutte, au-delà des prouesses techniques et physiques, ce sont ses personnages et il y en avait des forts dans l’arène dimanche. 

Du lot, on a remarqué l’Ontarien Jesse Bieber, alias Mike Check, qui s’est mis la foule à dos dès ses premiers mots en disant à l’animateur qui l’a abordé en français de ne plus lui adresser la parole dans cette «langue de vidange». Quand on vous dit que les méchants ont la personnalité forte.

Chez les femmes, Kat Von Heeze a surpris par son arrogance et son mauvais caractère, Smiley Miley et KC Rufio Spinelli ont aussi de l’impact. Et il faut parler de la jeune Zondra Lee qui n’a même pas dix combats dans le corps et qui a livré une belle performance.

Et parce que la lutte doit se terminer par un coup de théâtre, Raymond Rougeau qui était le juge invité, n’a pas été capable de choisir entre Shaun Moore et Bobby Sharp lors du combat final et a imposé à son frère Jacques que les deux hommes poursuivent leur chemin.

Soirée festive

On a donc eu droit à une soirée festive d’un peu plus de deux heures au rythme soutenu. On est ressortis du Club Soda avec un gros sourire accroché au visage. L’ado de 13 ans, qui découvrait la lutte, a adoré et la conjointe, qui n’est pas une amatrice, a lancé qu’elle voulait revenir pour la demi-finale. Parce qu’après tout, il ne faut pas bouder son plaisir.

Jacques Rougeau est fier de son bébé et on le comprend, le concept de Lutte Académie met en lumière des jeunes de la relève, mais aussi des vieux routiers qui méritent qu’on s’attarde à eux.

Il faut rappeler que trois gagnants toucheront chacun 10 000$ et participeront à un camp d’essai à l’école de lutte Nightmare Factory, en Géorgie.

La demi-finale aura lieu le 20 août et la finale sera présentée le 17 septembre.

https://www.lutteacademie.ca

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