«L’un des meilleurs gardiens qui a existé»: «Moose» Dupont pleure le décès de son ami Bernard Parent


Stéphane Cadorette
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Pour André «Moose» Dupont, Bernard Parent a été non seulement un gardien de but mythique et un coéquipier en or, mais aussi, avant tout, un grand ami.
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Dupont s’est joint aux Flyers pour la saison de 1972-73, un an avant la première de deux conquêtes de suite de la Coupe Stanley pour l’équipe. Le défenseur a œuvré à ses côtés jusqu’à la fin de la carrière de Parent, en 1978-79.
«Le monde du hockey vient de perdre l’un des meilleurs gardiens de but qui a existé. Il a gagné deux fois le titre de joueur le plus utile les deux années qu’on a gagné la Coupe Stanley. La troisième année, il aurait pu gagner encore et il s’est blessé quelques semaines avant les séries. On avait perdu contre le Canadien.
«Comme homme, Bernard était un gars très jovial qu’on adorait avoir autour de nous. On a gagné des coupes Stanley ensemble et, comme Québécois, on se tenait tout le temps ensemble. C’est une grosse perte et une très mauvaise surprise. J’ai appris ça de mon ancien coéquipier Joe Watson, qui m’a annoncé la nouvelle», a indiqué Dupont.
Très émotif
Lors de l’entretien avec Le Journal, Dupont a été saisi par l’émotion à deux reprises. La tristesse qui le rongeait était palpable.
«Je venais de lui parler la semaine passée. On voulait organiser quelque chose... mais on n’a pas eu le temps de se revoir», a-t-il confié, la voix étranglée.
Les Flyers de cette époque, surnommés les Broad Street Bullies, étaient reconnus pour leur style robuste et intimidant. Dupont assure toutefois que sans la présence de Parent devant le filet, cette équipe n’aurait pu aspirer aux grands honneurs.
«Il était notre joueur le plus dominant dans nos années de coupes Stanley, et c’est un ami personnel qui est parti», a-t-il tranché, de nouveau très ému.
«Bernie était réellement reconnu partout. Tout le monde le connaissait. Peut-être qu’ici on en parlait moins parce qu’il jouait aux États-Unis, mais à Philadelphie, c’était une légende», a souligné Dupont, rappelant qu’à l’époque, les autocollants «Only God saves more than Bernie» étaient populaires sur les voitures à Philadelphie.
Un mois difficile
Dans la vie, les deux amis ne rataient pas une occasion de fraterniser et, sur la glace, leur complicité allait aussi de soi.
«Il était relaxant sur la patinoire. Je me souviens encore des fois où on était mal pris et qu’il réalisait de gros arrêts. Il me regardait en riant et il disait: “Inquiète-toi pas, le Moose, je suis là!”».
«C’était toujours le fun parce qu’il nous enlevait le stress et il finissait toujours par les arrêter, les maudites rondelles! On perd tout un joueur de hockey, mais je perds surtout un ami», s’est-il désolé.
Le décès de Bernard Parent fait suite à celui de Ken Dryden, le 5 septembre dernier. À quelques semaines d’intervalles, deux grands rivaux sont partis.
«C’est un dur mois pour les gardiens de but. Quand tu regardes ça, à cette époque-là, Dryden et Bernie étaient pas mal les deux meilleurs», a statué le «Moose».