Luigi Mangione a utilisé un fusil imprimé en 3D: la progression des «armes fantômes» inquiète partout

Gabriel Ouimet
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Luigi Mangione a été arrêté et inculpé lundi pour le meurtre de Brian Thompsons, le PDG du géant de l'assurance UnitedHealthcare. Le jeune homme de 26 ans avait une «arme fantôme» en sa possession quand les policiers l’ont appréhendé. Voici ce que l’on sait sur ces armes imprimées qui progressent au Québec et dans le monde.
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Quand Luigi Mangione a été placé en état d'arrestation en Pennsylvanie lundi, la police a trouvé dans son sac à dos une arme à feu imprimée de calibre 9mm chargée, un silencieux et une balle.
«Les agents ont trouvé un pistolet noir imprimé en 3D et un silencieux noir», ont écrit des agents de la Ville d'Altoona, en Pennsylvanie, dans leur rapport. Ils ont décrit l'arme comme ayant «une glissière en métal et une poignée en plastique avec un canon fileté en métal».
Le silencieux retrouvé avait apparemment lui aussi été imprimé à l’aide d’une imprimante 3D.
NEW: Photo of fake ID & gun found on Luigi Mangione at the time of arrest
— Breaking911 (@Breaking911) December 9, 2024
(via WNBC) pic.twitter.com/WX5epiuocE
Les forces de l’ordre ont indiqué que des tests balistiques vont permettre de confirmer s’il s’agit bel et bien de l’arme utilisée pour tuer Brian Thompson, à New York, la fin de semaine dernière.
Voici pourquoi les «armes fantômes» inquiètent autant.
Accessibles, faciles à assembler et impossibles à retracer
Les armes comme celle retrouvée dans le sac de Luigi Mangione sont qualifiées de «fantômes», parce qu’elles n’ont pas, contrairement à une arme traditionnelle, de numéro de série permettant de les identifier.
Les «armes fantômes» sont fabriquées en assemblant des pièces imprimées en 3D et de parties de métal qui se trouvent dans les quincailleries ou sur le darkweb. Les instructions qui permettent de les construire sont accessibles en quelques clics sur internet, ce qui en fait des armes de prédilections pour les criminels.

Dans les dernières années, des armes imprimées — dont des fusils d’assaut compacts — ont été utilisées lors de cavales meurtrières en Californie, en Allemagne, en France, en Espagne, en Suède, en Belgique et même au Canada, où les lois sur le contrôle des armes à feu sont pourtant strictes.
Explosion des saisies au Québec
Jusqu’à l’an dernier, les armes à feu artisanales ou imprimées saisies étaient comptabilisées au même titre que les armes à feu traditionnelles dans les registres de la Sûreté du Québec (SQ).
La police provinciale était ainsi incapable de mesurer la progression de ces armes sur son territoire. Une dizaine de saisies avaient pourtant été effectuées par les différents corps policiers québécois en 2021 et 2022.
Pour s’attaquer au problème, la SQ a créé le Centre québécois de dépistages des armes à feu, en janvier 2023.
Les résultats ne se sont pas fait attendre: 246 armes à feu conçues par impression 3D ont été répertoriées lors des saisies effectuées au Québec entre le mois de janvier 2023 et d’août 2024.