L’UFC 328 sous haute tension

Benoit Beaudoin
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L’expression « à ne pas inviter au même party » s’applique à merveille à Sean Strickland et Khamzat Chimaev. Même que de placer ces deux combattants l’un contre l’autre, en finale de l’UFC 328, est un pari risqué pour l’UFC.
L’animosité entre les deux hommes a atteint un niveau rarement égalé dans les semaines précédant le duel. Les risques de dérapage, d’ici samedi, sont donc bien réels. L’UFC a renforcé la sécurité et mis les bouchées doubles afin que les deux protagonistes ne se croisent pas à l’hôtel ou dans les rues de Newark, où aura lieu le gala.
Leur mésentente origine de l’époque où Chimaev, aujourd’hui champion des poids moyens de l’UFC, s’entraînait au même gymnase que Strickland, à Las Vegas. À plusieurs reprises, l’Américain aurait très mal paru contre le Tchétchène lors de séances de combat simulé. Chimaev a ensuite changé de camp et s’est vanté publiquement de ses exploits, ce que n’a clairement pas digéré Strickland.
Grande gueule s’il en est une, Strickland ne rate pas une occasion de s’en prendre à Chimaev depuis, le traitant de menteur, d’hypocrite, de faux champion et même de terroriste, en référence à ses liens avec le dirigeant totalitaire de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov.
Le ton a monté d’un cran à l’approche de l’UFC 328, alors que l’Américain est allé jusqu’à menacer Chimaev de lui tirer dessus, lui qui compte porter son arme à feu en tout temps durant la semaine du combat.
Bref, ces deux combattants se détestent.
La tension est vive à Newark et tous espèrent que les deux protagonistes ne dépasseront pas les bornes et garderont leur animosité pour le soir du combat, alors qu’ils se disputeront le titre des poids moyens de l’UFC.
Un diamant brut sur les ondes de TVA Sports
En finale des combats préliminaires, sur les ondes de TVA Sports 2, les amateurs auront la chance de voir à l’œuvre un véritable diamant brut de l’organisation, le Camerounais Ateba Gautier.
Le poids moyen fait tourner les têtes pour son physique digne de M. Olympia et sa puissance phénoménale, comme en font foi ses trois K.-O. rapides en quatre sorties à l’UFC.
Âgé de 24 ans seulement, Gautier a été repéré à l’adolescence dans les rues de Douala, sa ville natale.
« J’ai été souvent impliqué dans des bagarres de rue, c’est comme ça que j’ai commencé dans le sport », raconte le colosse de 6 pieds 4 pouces en rigolant.
« J’ai aussi essayé le football, mais j’étais nul à chier ! J’ai essayé le basketball, mais il y avait trop de règlements pour moi. J’ai essayé le handball, qui est le sport de prédilection dans ma famille, mais je ne suis pas né avec ces talents. »
« Tout le monde chez nous sait jouer au handball. Mon frère a même fait partie de l’équipe nationale, mais j’ai essayé une séance et ce n’était clairement pas pour moi », explique Gautier qui confirme que malgré ses qualités athlétiques extraordinaires, il n’aurait probablement pas pu faire carrière dans un autre sport.
Le choix des arts martiaux mixtes s’avère judicieux et à 19 ans seulement, le jeune Gautier s’exile en Angleterre, où il s’entraîne depuis avec l’équipe Manchester Top Team.
« J’ai réellement commencé le MMA à Manchester et j’évolue progressivement depuis cinq ans », répond Gautier lorsque questionné sur son ascension rapide. « Honnêtement, je ne suis pas surpris de mon succès puisque je travaille très fort. Je ne suis pas surpris de tout ce qui arrive, mais je suis plutôt reconnaissant. »
Celui que l’on surnomme Storm est d’ailleurs passé en coup de vent dans l’Octogone lors ses trois premières sorties, n’ayant eu besoin que d’un total de six minutes 20 secondes pour terrasser Jose Medina, Robert Valentin et Tre’ston Vines.
Cependant, le Russe Andrey Pulyaev l’a poussé à la limite des 15 minutes en janvier dernier, une expérience bénéfique selon Gautier.
« J’aurais voulu faire plus, mais j’étais tout de même fier de ma performance. Ce n’est pas évident de chasser quelqu’un pendant 15 minutes », analyse-t-il.
« Ça a été une très bonne expérience pour moi. Ça m’a fait prendre conscience que j’ai beau avoir la main, il faut savoir comment utiliser son arme. Il fallait ajouter certains trucs et c’est ce que j’ai fait avec mon équipe. »
Ce samedi, Gautier croisera le fer avec Ozzy Diaz, un Américain qui compte 7 K.-O. en 10 victoires, mais qui a également subi ses trois défaites par mise hors de combat.
Quand on lui suggère que l’opportunité est belle afin de retrouver le chemin du K.-O., Gautier rectifie sur le champ.
« Ce n’est pas quelque chose que j’ai besoin de retrouver ! C’est là, c’est installé. Ça coule dans mes veines ! »
« Il y a la puissance et MA puissance. Je pense que la mienne, il y a très peu de personnes qui la possèdent. Donc, pour répondre à ta question : oui je vais gagner le combat et oui, je vais le finir ! »
- Ne ratez pas l’UFC 328, ce samedi 9 mai. La carte préliminaire sera diffusée dès 19h sur les ondes de TVA Sports 2. La carte principale, couronnée par deux combats de championnat (poids mouches et poids moyens) sera disponible à l’achat dès 21h sur Indigo.