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Luck Mervil écope de deux ans de prison

Photo portrait de Pierre-Paul Biron

Pierre-Paul Biron

2026-05-11T16:00:00Z
2026-05-11T16:06:13Z

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Le chanteur déchu Luck Mervil écope d’une peine de deux ans de prison pour une agression sexuelle commise  sur une femme intoxiquée, en 2000, à Rimouski. Le juge a déploré que l’artiste ait considéré la victime « comme un objet qu’il pouvait utiliser à sa guise », « un morceau de viande ».

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Le juge James Rondeau a condamné lundi matin le chanteur de 58 ans à deux ans d’incarcération, en plus d’une période de probation de trois ans, lors de laquelle il ne pourra quitter la province de Québec. Il devra aussi être inscrit au registre des délinquants sexuels pour une période de 20 ans.

Mervil réclamait la possibilité de purger sa peine dans la collectivité, comme lors de sa première condamnation pour exploitation sexuelle en 2018, mais le magistrat a insisté sur le fait que la prison ferme était « la seule peine appropriée vu le degré de responsabilité morale de l’accusé ».

De son côté, le ministère public réclamait une peine de deux ans et demi de détention.

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Le chanteur Luck Mervil, au palais de justice de Rimouski lors de son procès pour agression sexuelle, en février 2025. Crédit photo: Capture d'écran TVA Nouvelles
Le chanteur Luck Mervil, au palais de justice de Rimouski lors de son procès pour agression sexuelle, en février 2025. Crédit photo: Capture d'écran TVA Nouvelles Photo d'archives

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« Mépris total »

Dans sa décision, le juge Rondeau a déploré le « mépris total » de Mervil pour sa victime lorsqu’il l’a violée dans une chambre d’hôtel de Rimouski cette nuit de l’été 2000.

« Le délinquant a considéré la victime comme un objet à sa disposition qu’il pouvait utiliser à sa guise », a insisté le magistrat, souhaitant rappeler par cette sentence que « personne n’a le droit de traiter un être humain comme un simple objet ou comme s’il était un morceau de viande ».

Le juge a aussi conclu que les différents rapports préparés pour l’orienter sur l’imposition de la peine laissent entrevoir un certain risque de récidive pour l’ex-chanteur. James Rondeau a notamment paru choqué par certains passages d’un rapport où Luck Mervil lie les accusations portées contre lui à un litige commercial en cours avec un entrepreneur québécois.

« Le tribunal respecte le droit de l’accusé de nier les accusations, d’aller à procès et de porter la décision en appel, [...], mais au stade de la peine, que le délinquant se positionne en victime d’un complot potentiel laisse le tribunal inquiet quant au risque de récidive. »

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Rappel des faits

Rappelons que Mervil a été reconnu coupable d’agression sexuelle en août 2025.

Les faits qui lui étaient reprochés sont survenus en juin 2000, en marge d’un spectacle organisé à Rimouski pour la Saint-Jean-Baptiste.

Le chanteur et la victime s’étaient rencontrés dans un bar tard en soirée. La femme avait raconté lors du procès avoir eu une courte interaction avec l’artiste avant de perdre la carte. Elle n’a que quelques flashs des heures qui ont suivi, mais affirmait s’être réveillée alors que Mervil la pénétrait sans son consentement.

« Je voulais fonder une famille, devenir mère un jour, mais cette jeune femme a cessé d’exister quand vous avez abusé d’elle dans une chambre d’hôtel alors qu’elle était inconsciente », avait témoigné avec émotion la victime lors des observations sur la peine.

Lundi, le juge Rondeau a décrit le comportement du délinquant comme « l’illustration même d’une prise de contrôle » sur une victime dans une situation « d’impuissance ».

Le chanteur, qui a porté le jugement en appel, s’était défendu au procès en évoquant la possibilité que la jeune femme ait pu être agressée par un autre homme noir. Le magistrat avait rejeté cette explication « peu convaincante ».

Luck Mervil était représenté en défense par Me Véronique Talbot. Me Roxanne Bossé-Morin agissait en poursuite.

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