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LPHF Montréal, comme les Maroons

Photo portrait de Patric Laprade

Patric Laprade

2024-05-12T13:00:35Z

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L’équipe de Montréal dans la LPHF s’est inspirée de son ancêtre de couleur d’uniforme, les Maroons de Montréal, hier soir à Laval. Non, elle n’a pas joué six périodes de prolongation comme les Maroons l’avaient fait contre les Red Wings de Détroit au Forum de Montréal, mais Montréal s’est rendu à mi-chemin, avec le même sentiment de chagrin.

Le 24 mars 1936, c’est Mud Bruneteau des Red Wings qui avait mis fin aux hostilités à 16 :30 de la sixième période de prolongation, dans ce qui est encore aujourd’hui le plus long match de l’histoire de la LNH. Quelque 88 ans plus tard, c’est plutôt Taylor Wenczkowski qui a donné la victoire à Boston à 11 :44 de la troisième période de prolongation, établissant ainsi un record pour la jeune LPHF.

Il y a d’autres similitudes. Dans les deux cas, il s’agissait d’une série demi-finale et le confrère Pat Hickey y était (c’est faux; à la blague, j’ai vérifié avec lui). Dans les deux cas, la défaite des équipes de Montréal a fait mal.

Les Maroons n’avaient jamais été capables de s’en remettre, perdant la série trois de cinq en trois matchs consécutifs. Tirant maintenant de l’arrière deux à zéro dans la série et étant incapable de percer le mystère Arein Frankel, le même sort pourrait arriver à l’équipe de Kori Cheverie mardi prochain à Boston.

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Ce qui fait encore plus mal pour Montréal, c’est qu’il s’agit de la deuxième défaite du genre. Jeudi, l’équipe s’est également inclinée en prolongation.

Je n’ai pas été aussi loin dans ma recherche à savoir si l’entraineur des Maroons, Tommy Gorman, avait raccourci son banc à l’époque, mais c’est ce que Cheverie a fait lors des deux premiers matchs. Jeudi, le quatrième trio n’a obtenu aucune présence sur la patinoire. Hier soir, il en a eu un peu plus. C’est plutôt la défensive qui a été hypothéquée, alors que l’entraineuse-cheffe n’a joué qu’à cinq défenseuses, presque quatre en fait, tout au long de la rencontre. À deux, Brigitte Laganière et Madison Bizal ont joué un total de 47 secondes. Ajoutez les six minutes que Catherine Daoust a obtenues et vous comprendrez pourquoi Erin Ambrose a joué 61 minutes et 33 secondes et Kati Tabin, 56 minutes et 49 secondes.

Qu’Ambrose, la meilleure défenseuse de la ligue, ou l’une des meilleures à tout le moins, joue autant, je peux me faire à l’idée. Mais presque une heure de jeu, c’est beaucoup pour une Tabin par exemple. Tout comme 45 minutes, c’est beaucoup pour un autre membre de la brigade défensive, Mariah Keopple. Le manque de profondeur à la défense est flagrant pour Montréal et il l’est encore plus quand on voit ce genre de statistiques.

Vivre ou mourir avec sa stratégie

Kori Cheverie n’avait pas de bonnes réponses à donner lors de son point de presse. C’est la stratégie qu’elle a décidé de prendre et dans un match comme celui-là, c’est le genre de décisions avec lesquelles tu dois vivre ou mourir.

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Je suis persuadé qu’elle aurait bien voulu donner un peu de repos à Ambrose quelque part après les 60 premières minutes de jeu. Mais l’idée de faire jouer une joueuse qui n’a pas embarqué sur la glace depuis quatre ou cinq périodes n’était pas une solution.

Est-ce que tu veux perdre avec ta meilleure défenseuse sur la patinoire ou avec celle qui n’a pas joué de la partie, qui est froide comme une viande dans un comptoir d’épicerie et qui pourrait commettre une erreur? Personne n’aurait pu blâmer Laganière ou Bizal si tel avait été le cas.

De l’autre côté du spectre, Courtney Kessel de Boston n’a pas fait jouer une de ses joueuses plus de 49 minutes dans le match d’hier. Une seule a joué moins de 10 minutes, alors que pour Montréal, on en a six. Je ne pense pas que ce soit la raison derrière les deux défaites, mais ça fait certainement partie du lot.

Fatigue, opportunités et circulation

La situation demeure frustrante et éreintante pour Montréal.

On a lancé 111 fois sur Frankel et on n’a été capables de marquer qu’à deux reprises.

C’est frustrant.

L’équipe a joué 65 minutes de plus qu’elle aurait dû depuis le début de la série.

C’est éreintant, autant mentalement que physiquement.

L’incapacité de marquer le but gagnant, le désir de continuer à donner le deuxième et troisième effort, se nourrir des encouragements de la foule pour continuer à donner son maximum, c’est très demandant mentalement.

Physiquement parlant, quand cinq de tes joueuses ont joué plus de 50 minutes et deux autres plus de 44 minutes, c’est difficile. Je ne voudrais pas être elles ce matin. Le réveil a dû être brutal. En deux matchs, les joueuses d’Équipe Canada (Poulin, O’Neill, Stacey, Ambrose) ont joué une moyenne de 86 minutes chacune. C’est énorme! C’est beaucoup demander à tes meilleures joueuses.

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Sinon, les Montréalaises ont encore manqué de belles opportunités. Tu ne peux pas avoir un avantage numérique de cinq minutes en prolongation et lancer seulement une fois. Pis encore, elles ont obtenu une autre supériorité numérique dans cette même période et n’ont pas été capables de capitaliser.

Hier matin sur les ondes de LCN, j’avais indiqué qu’il fallait plus de circulation devant la gardienne de Boston. Beaucoup de circulation. Pensez à vendredi, tunnel Lafontaine, à l’heure de pointe. Malheureusement, ce n’est pas ce qui est arrivé. Ça ressemblait plutôt au pont de la 25 pendant les deux semaines de la construction. J’aurais aimé voir une Catherine Dubois, par exemple, plus souvent sur l’avantage numérique. Elle est l’une des deux seules de l’équipe qui peut rivaliser avec les gabarits adverses.

Ann-Renée Desbiens a tout fait en prolongation

Autant jeudi que samedi soir, la gardienne Ann-Renée Desbiens n’a rien à se reprocher. Elle a été excellente et a gardé son équipe dans le match, principalement en prolongation et encore plus précisément en début de première période de surtemps. Le match aurait pu se terminer bien avant si ça n’avait pas été de son brio.

Un taux d’efficacité de .949, une moyenne de buts alloués de 1.29, Desbiens, tout comme le reste des joueuses de l’équipe nationale canadienne, a joué deux gros matchs. Il serait temps que son équipe lui donne un petit coussin maintenant.

Mélodie Daoust blessée

L’attaquante Mélodie Daoust n’était pas à 100%. C’est la consœur Christine Roger qui a rapporté la chose. Avant le match, elle boitait et portait une attelle élastique au genou gauche. On pouvait d’ailleurs le voir sur la patinoire, ça avait l’air douloureux par moment, encore plus quand tu joues le double de minutes que tu devais. Si Daoust a été l’une des attaquantes les plus utilisées jeudi soir, ce ne fut pas le cas hier. Mais ce sont les séries et elle a sûrement joué plus qu’elle n’aurait dû en temps normal.

Lorsqu’on fera le post-mortem de la première saison de l’équipe, il ne faudra pas négliger l’aspect blessures. Donnez à cette équipe Ann-Sophie Bettez, Dominika Laskova, Kennedy Marchment et Sarah Bujold et on n’a peut-être pas le même résultat.

Kori Cheverie utilise peut-être quatre trios et cinq défenseuses, et mène peut-être la série deux à zéro.

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