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LPHF: du hockey comme dans l'temps d'Eddie Shore!

Photo portrait de Patric Laprade

Patric Laprade

2024-01-17T14:00:15Z

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Vous connaissez certainement cette phrase célèbre du film Slap Shot. Loin de moi l’idée de vous faire croire que le match d’hier entre Montréal et New York était à l’image de Reggie Dunlop et des frères Hanson, mais pour du hockey féminin, c’était ce qui s’en rapprochait le plus. 

On a eu droit à tout un match physique pour le premier de la saison à la Place Bell. Le plus physique que j’ai vu de la saison jusqu’à présent, toutes équipes confondues. 

Des mises en échec, des échauffourées durant les arrêts de jeu, des doubles-échecs, du jeu rude le long des bandes, j’ai même pensé à un certain moment qu’on allait assister à une bagarre entre deux joueuses!

Un style de jeu bien apprécié par les joueuses. 

«C’est le fun, a affirmé Marie-Philip Poulin, qui a marqué le but de la victoire pour Montréal. On se pose encore des questions sur ce qu’on peut faire et ce qu’on ne peut pas faire, mais je pense qu’on aime que ce soit rapide et physique. À la fin de la journée, je crois que les gens aiment ça. C’est le fun de voir les gens dans les estrades. Ils aiment quand il y a un contact. Je pense que plus on va avancer, plus physique ça va être.»

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Capitaine «Clutch» ne pouvait mieux dire. 

En deuxième période, la défenseure Kati Tabin a obtenu une punition pour rudesse, qui était davantage de l’obstruction, alors qu’elle a empêché Jessie Eldridge de passer en lui mettant ses deux mains au visage. La foule a hué l’appel de l’arbitre, mais lorsque Tabin a été montrée à l’écran, les gens se sont mis à applaudir chaudement, comme si Tabin était soudainement devenue Arber Xhekaj.

Et c’est une réalité. Les amateurs aiment le jeu plus robuste, plus physique et vont toujours être derrière ceux, et maintenant celles, qui vont jouer ce style de jeu. 

Je crois même que c’est ce qui va permettre à la LPHF de connaître du succès, autant aux tourniquets qu’à la télévision. Il faut cependant conserver ce qui rendait le hockey féminin unique, c’est-à-dire la rapidité et les jeux de finesse. Oui à la robustesse, non à l’accrochage. 

Même celle qui s’est retrouvée sur la glace après le geste de Tabin, Jessie Eldridge, veut que cette facette du jeu demeure.

« C’est divertissant, a admis l’autrice du deuxième but de New York hier, le plus rapide pour débuter une période, soit à 11 secondes du troisième engagement. C’est bon pour la ligue. On joue avec passion et on peut le voir quand les choses deviennent un peu plus agressives. Ça permet aux parties d’être plus intéressantes à regarder.»

Vanisova: une vedette en devenir

Si Abby Roque a mené la charge chez les New-Yorkaises avec de bonnes mises en échec et même une altercation avec Poulin, c’est la Tchèque Tereza Vanisova qui a mis le chapeau d’agitatrice pour Montréal, et ce, pendant toute la rencontre. Sa mise en échec sur Chloé Aurard a, entre autres, été bien reçue par la foule. Elle n’a pas eu peur de répondre à ses adversaires et de descendre vers le filet adverse. Son style plus agressif a même provoqué une punition du côté de New York. Ce n’est pas pour rien que les amateurs lui ont réservé une belle ovation lorsqu’elle a été nommée la deuxième étoile du match. 

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«J’ai adoré son jeu, a dit Kori Cheverie après la rencontre. Je pense que c’est de cette façon qu’elle doit jouer à chaque présence, chaque rencontre, parce qu’elle est tellement une joueuse habile que si elle peut ajouter cette dose de cran et de ténacité à ses habiletés, ça va être compliqué de jouer contre elle.»

Signe du genre de match auquel nous avons eu droit, neuf punitions ont été cumulées par les deux équipes, trois pour rudesse. Dans les deux cas, il s’agit d’un sommet jusqu’à présent cette saison dans la LPHF alors qu’un seul autre match en a eu autant. 

Une décision à prendre concernant Dubois

L’équipe de Montréal aura une décision à prendre dans le cas de la Québécoise Catherine Dubois. Signée pour un contrat de 10 jours comme le veut la convention collective, elle a disputé son troisième et dernier match avec l’équipe. Et même si elle n’a pas marqué depuis son premier match, Dubois n’a pas froid aux yeux et amène un style plus combatif. 

Elle est imposante sur la patinoire et n’a pas peur de se mettre le nez dans la circulation. Elle nage comme un poisson dans l’eau dans une ligue qui permet le jeu plus physique. 

Kori Cheverie n’a pas voulu se mouiller concernant le futur de son attaquante, mais clairement, on aura une décision à prendre. L’entraîneure a admis qu’elle aimerait bien pouvoir compter sur plus de joueuses sous contrat afin de pouvoir mieux jongler avec sa formation, ce qui serait la solution ultime. Pour l’instant, on ne permet que 23 contrats réguliers et trois contrats de réservistes. Mais le cas Dubois est le premier dans la courte histoire de la ligue et il sera intéressant de voir comment le tout sera géré. 

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Si on était dans la LNH et qu’elle avait été rappelée de Laval, il n'y a aucun scénario qui justifierait un retour dans les mineures après les trois parties qu’elle a connues. Le prochain match de l’équipe est à domicile samedi, alors il reste encore quelques jours pour trouver une solution. 

En ce moment, la convention permet seulement deux solutions si on veut la garder dans l’équipe: lui faire signer un deuxième contrat de 10 jours ou bien libérer une joueuse ayant un contrat d’un an et lui faire signer un contrat régulier. 

Rotation dans la formation

Cheverie a aussi confirmé qu’elle fera des rotations au sein dans sa formation. Hier, pour la première fois de la saison, l’attaquante Kennedy Marchment et la défenseure Dominika Laskova ont été laissées de côté, après que samedi dernier, les Québécoises Gabrielle David et Brigitte Laganière eurent subi le même sort. 

La coach a confirmé qu’aucune des deux n’était blessée et qu’elle essayait tout simplement de trouver les meilleures combinaisons possibles, 

«On essaye de trouver la meilleure chimie possible pour chaque match, a expliqué celle qui a encore une fois débuté son point de presse en français. On n’a pas eu la même formation à plus d’une reprise. On tente de voir ce qui fonctionne et ce qui fonctionne moins.»

Premier but pour Gabrielle David

La fin de semaine dernière, une hockeyeuse qui ne joue pas dans la LPHF me disait que les filles à qui elle parle et qui débutent chez les professionnels cette saison trouvent la marche haute entre le niveau universitaire et la LPHF. 

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La Drummondvilloise Gabrielle David fait partie de ces joueuses qui sortent des rangs universitaires, elle qui jouait pour Clarkson la saison dernière. Laissée de côté pour le match de samedi, David a très bien répondu hier à son retour dans l’alignement, marquant son premier but chez les professionnelles.

«Le jeu est plus rapide, plus physique, on a moins de temps, donc c’est quelque chose que je m’adapte chaque jour, a admis David. Mais je pense que plus je prends confiance, plus ça va bien.»

Plus de 6 000 spectateurs, un succès pour la Place Bell

J’avais publié sur les réseaux sociaux en fin d’après-midi hier qu’il y aurait environ 6 000 spectateurs au match et je ne m’étais pas trompé alors qu’on a annoncé une foule de 6 334 amateurs. 

Est-ce qu’il y avait 6 334 sièges remplis hier soir? Malheureusement, non. Encore moins lorsque la partie a commencé. Les conditions météorologiques ont ralenti la circulation sur les différentes autoroutes du Grand Montréal. Or, plusieurs sont arrivés en retard à la partie. 

Cette même météo a peut-être aussi convaincu certains qui avaient reçu des billets gratuits de demeurer à la maison, mais dans tous les cas, le niveau 100 semblait bien garni et n’était aucunement gênant. Surtout pour un mardi soir. 

Les 3 étoiles, telles que choisies par...

«Je ne sais pas si ça se fait, mais je voulais te remercier pour l’étoile.»

Ces paroles sont celles de Pierre Lambert, dans le deuxième épisode de la première saison de Lance et Compte alors que ce dernier va voir le journaliste Lucien « Lulu » Boivin lors de son premier voyage en avion.

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À l’instar de Lambert, je ne sais pas si ça se fait, mais j’aimerais mentionner que pour la première fois de ma carrière, on m’a demandé de choisir les trois étoiles d’une partie de hockey professionnel, en compagnie de mes collègues à TVA Sports, Isabelle Éthier et Jean-Michel Bourque. 

Poulin avec le but gagnant, Vanisova pour le jeu physique qu’elle a amené tout au long du match en plus d’avoir obtenu une aide et quatre tirs au but, et Alex Carpenter, la meilleure du côté de New York, avec deux passes et six tirs au but, ont été nos choix. 

Une biographie pour Kim St-Pierre

En terminant, c’est hier qu’on a annoncé que j’écrirai une biographie sur la gardienne de but Kim St-Pierre. Présents tous les deux à la partie, Kim et moi en avons profité pour prendre la pose et annoncer ce beau projet. 

En 2020, Kim St-Pierre est devenue la première gardienne de but et la huitième femme seulement à faire son entrée au Temple de la renommée du hockey. Forte de ses trois médailles d’or olympique, de ses nombreux championnats mondiaux et de ses remarquables statistiques, Kim est une pionnière et une légende dans son sport. 

Le livre sera publié à l’automne chez Libre Expression. 

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