L’ouragan Lionel est reparti


Dave Lévesque
Partager
L’ouragan de catégorie 5 Lionel est reparti en Floride et il a laissé dans son sillage beaucoup de bonheur chez les amateurs de soccer.
• À lire aussi: Messi est un artiste
• À lire aussi: Messi bonsoir
• À lire aussi: Messi à Montréal: une expérience inoubliable pour les joueurs
• À lire aussi: Lionel Messi en ville: des files pleines à craquer devant le Stade Saputo
Il y a bien les joueurs et l’entraîneur-chef du CF Montréal, Laurent Courtois, qui ont déploré que le Stade Saputo chante le nom de Messi alors qu’ils tentaient de créer l’égalité en fin de match, et on les comprend, mais c’est à peu près tout le négatif qu’on peut trouver à ce passage.
Je n’écris jamais au «Je», mais permettez-moi un paragraphe ou deux, histoire que le contexte soit clair. J’étais un peu dépassé, voire subjugué, par toutes les demandes venant de la rédaction vendredi.
Il y a un an et demi, j’ai passé un mois au Qatar pour la Coupe du monde. J’ai vu Messi et l’Argentine et j’ai peut-être un peu perdu ma capacité à m’émerveiller. Mais c’était dans un environnement très contrôlé. On sentait son aura, mais de loin. Et pour moi, c’était ça l’effet Messi. J’avais tellement tort.
Le Pape, le Roi, une rock star
Il fallait être dans le groupe Teams créé au bureau juste pour suivre son arrivée pour comprendre l’importance du phénomène. Les messages se multipliaient. Par dizaines! Toute la soirée!
Il y avait des collègues à l’aéroport et au Ritz-Carlton pour être sûr de pouvoir vivre l’ambiance puisque les fans étaient nombreux. Et pour essayer d’avoir une bonne photo pour la Une et un bout de vidéo pour le web.
Nous avons tout eu ça et ça mettait la table pour les 24 heures suivantes. Encore une foule massée devant le Ritz au cours de l’après-midi, histoire de le voir monter dans l’autobus qui mènera l’équipe au Stade Saputo.
Et le gros véhicule a pris son départ escorté par des policiers en autopatrouilles et à moto.
C’est le genre de traitement qu’on réserve pour le Pape, le roi Charles III, des politiciens étrangers en visite ou parfois pour certaines vedettes du rock. C’est ça l’effet Messi.
Mesures particulières
Une fois au stade, les mesures particulières se sont poursuivies. Les fans pouvaient accéder à l’enceinte une heure plus tôt que prévu pour être sûrs de ne pas rater l’échauffement.
Le domicile du CF Montréal était ceinturé par des clôtures en grillage et il y avait des gardes de sécurité entre celles-ci et le stade. Exigence de la MLS selon ce qu’a dit le président et chef de la direction, Gabriel Gervais, lors d’une conférence de presse vendredi.
On a aussi remarqué beaucoup plus de policiers qu’à l’habitude et les fans se massaient par centaines près des clôtures lors de l’arrivée de l’Inter Miami et à nouveau quand l’équipe a quitté les lieux.
Et si vous étiez sur place ou que vous avez regardé le match à la télé, peut-être avez-vous un homme costaud au crâne rasé portant un coton ouaté rose qui suivait Messi à la trace? C’était son garde du corps. On doute qu’il y ait un autre joueur dans la MLS qui a son propre garde du corps avec lui en tout temps.
Effet Messi
C’est donc ça, l’effet Messi. Des mesures de sécurité plus importantes, l’impression d’accueillir la royauté et surtout une frénésie palpable quelques jours à l’avance.
On parle ici du meilleur au monde et probablement de l’histoire. Quand on parle de lui, on utilise toujours le terme G.O.A.T. pour le définir, l’acronyme de Greatest of All Time (le plus grand de l’histoire).
On ne veut surtout pas présumer de sa personnalité parce que, même au Qatar, il a été impossible de s’en approcher, mais il semble reconnaissant de cet amour. Il salue les fans, il a même salué avec un sourire pas du tout forcé les journalistes qui attendaient derrière un cordon de sécurité au stade.
J’étais donc un peu décalé face à sa venue il y a quelques jours et je fais maintenant partie des croyants, de ceux qui ont été aspirés par son aura et par son talent.