Comment gérer sainement la culpabilité et développer l’autonomie affective?
Louise Sigouin
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La culpabilité n’est pas une émotion, mais bien un sentiment qui nous ramène à la notion de bien ou de mal, d’adéquat ou d’inadéquat ou encore d’acceptable et d’inacceptable dans nos comportements ou dans notre perception de nous-mêmes.
Pour certains d’entre nous, ce sentiment est omniprésent et guide nos décisions au quotidien. Pour d’autres, il est circonstanciel et lié à une expérience désagréable qui fait émerger plusieurs émotions, comme la déception, le jugement, la colère ou la peine.
Négocier avec la culpabilité
Vous vous réveillez en retard et vous pressez les enfants dans leurs préparations pour l’école. Devant leur lenteur, vous finissez par perdre patience et vous montez le ton. Depuis qu’ils sont partis, vous vous sentez coupable. Vous avez agi contre votre intention, c’est-à-dire que vous avez crié au lieu de maintenir un climat harmonieux.
Le sentiment de culpabilité peut être constructif en prenant le temps d’analyser la situation pour assumer pleinement la responsabilité de ses actes.
- D’où vient ma culpabilité ? Suis-je en train de m’imposer le rôle du parent parfait qui ne perd jamais patience ?
- Qu’est-ce que je peux faire pour corriger la situation ? Je peux m’excuser en exprimant aux enfants que le stress du retard ne leur appartenait pas.
- Que puis-je changer pour éviter de me mettre dans un état pareil ? Je peux apprendre à gérer mon stress, reconnaître le moment où je suis sur le point de dépasser mes limites et demander la collaboration des personnes impliquées.
Le sentiment de culpabilité prend une tournure malsaine quand il persiste après que nous nous sommes posé ces questions. À ce moment, il faut apprendre à lâcher prise et admettre nos faiblesses et nos défauts. On doit aussi accepter nos limites et s’accueillir sans jugement afin de faire la paix avec les erreurs du passé.
Souvent, le sentiment de culpabilité naît à l’enfance, à la suite de réactions négatives de son entourage. Il peut se manifester dans différents scénarios, mais généralement, il se pointe lorsque nous agissons contre nos valeurs.
La culpabilité se manifeste aussi lorsque nous craignons la réaction des autres après avoir exprimé nos besoins et nos limites.
L’autonomie affective comme solution
Peu importe la situation, le malaise vient de notre manque d’autonomie affective. Nous avons ainsi tendance à nous préoccuper des besoins, des réactions et des attentes des autres. Nous craignons de les décevoir, de les mettre en colère, de nous sentir jugés.
L’autonomie affective est notre capacité à exprimer clairement nos besoins en relation et à y répondre. La voie la plus sûre et la plus directe pour atteindre l’autonomie affective commence par un examen personnel approfondi, un exercice de connaissance de soi.
- Quel est mon plus grand besoin à cette étape précise de ma vie ? Me trouver un passe-temps, me divertir, m’accomplir professionnellement, passer du temps de qualité en famille...
- Quand est-ce que je ne respecte pas mes limites ? Je n’ai pas suffisamment de temps libre, mon horaire de travail est extrêmement exigeant, je manque de repos, la charge mentale est trop grande pour une seule personne...
Pour nous comprendre et accepter ce que nous voyons, osons nous regarder en face, nous remettre en question, revoir notre mode de vie, nos habitudes, nos relations, et ce, sans jugement et en toute honnêteté.
Si nous avons agi contre nos valeurs et que nous sommes envahis de regrets et de culpabilité, il est primordial de se pardonner. Pour ce faire, il faut :
- Reconnaître ce qui nous a déçus ;
- Vivre la peine ou la colère que cette situation a suscitée en nous ;
- En parler à quelqu’un pour briser l’isolement ou l’écrire pour s’en libérer ;
- Développer une nouvelle attitude en restant calme, en ne surchargeant pas nos horaires, en apprenant à dire non et en se rappelant nos priorités.