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Manifestation contre l’abattage de chevreuils: Longueuil pressée d’étudier d’autres options

Étienne Paré

2020-11-14T20:46:20Z

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Confrontée à une surpopulation de chevreuils qui fait des ravages sur l’écosystème et sur les propriétés, la Rive-Sud reste profondément divisée entre ceux qui approuvent la décision de la Ville de Longueuil d’abattre une quinzaine de bêtes, et ceux qui ont manifesté leur mécontentement samedi après-midi.

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«On a parlé à des biologistes, à des écologistes et on s’est aperçu qu’il y avait toutes sortes d’alternatives qui n’avaient pas été prises en compte par la Ville», a mentionné Elizabeth Duez, coorganisatrice de la manifestation qui s’est déroulée au parc Michel-Chartrand, l’endroit même où la moitié de la population de cerfs de Virginie sera éliminée.

Joël Lemay / Agence QMI
Joël Lemay / Agence QMI

Sur place samedi, des militants véganes, qui s’opposent à tout abattage, avaient confirmé leur présence. On attendait aussi des experts qui défendent des solutions plus nuancées, comme la contraception vaccinale ou encore la relocalisation des chevreuils.

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Joël Lemay / Agence QMI
Joël Lemay / Agence QMI

«Il y a aussi le Zoo Miller (de Frampton en Beauce) et la ferme 5 étoiles (de Sacré-Cœur sur la Côte-Nord) qui se sont proposés pour accueillir la quinzaine de cerfs qui risquent d’être abattus», a rappelé Mme Duez, qui regrette que la Ville semble avoir écarté cette offre.

Pas d’autres options valables

Or, pour la biologiste Léa-Marie Roy, l’administration de la mairesse Sylvie Parent n’avait d’autre choix que de prendre la décision crève-cœur annoncée cette semaine.

Joël Lemay / Agence QMI
Joël Lemay / Agence QMI

«C’est sûr que si on voulait, on aurait pu aller de l’avant avec la stérilisation, mais pour que ça marche, il aurait fallu vacciner 80% des femelles, ce qui est très dispendieux, alors que les moyens sont limités en contexte de pandémie», a-t-elle souligné en citant l’article d’un confrère.

«Le déplacement, ce n’est pas réaliste non plus. Il faut savoir que ces cerfs sont habitués à la ville. S’ils étaient amenés en milieu sauvage, la plupart mourraient de stress de toute façon», a ajouté Mme Roy, qui assure adorer les animaux et qui ne voudrait pas être à la place du vétérinaire qui aura la tâche d’euthanasier la quinzaine de cervidés.

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Joël Lemay / Agence QMI
Joël Lemay / Agence QMI

Si elle est résignée à cette option, c’est que la scientifique craint aussi que ces chevreuils puissent être porteurs de maladies, s’ils étaient amenés dans un autre milieu. Bref, ils pourraient alors engendrer encore plus de dommages sur l’écosystème qu’ils en créent actuellement sur la Rive-Sud.

Permettre la chasse?

Haies de cèdres abîmées, manque de nourriture pour d’autres espèces, accidents de la route: la croissance exponentielle de cerfs dans la région a des conséquences de plus en plus visibles et le biologiste Richard Beauchemin tire la sonnette d’alarme depuis plusieurs années.

Joël Lemay / Agence QMI
Joël Lemay / Agence QMI

Contrairement à Mme Roy, il est d’avis que la Ville de Longueuil aurait au moins pu essayer de transporter la quinzaine de chevreuils dans la nature.

Joël Lemay / Agence QMI
Joël Lemay / Agence QMI

«On ne parle pas de la forêt en Outaouais ou en Gaspésie, où ils n’ont aucune chance de survie. Mais s’ils étaient déplacés dans une zone avoisinante, le taux de mortalité ne serait pas de zéro, mais des études montrent qu’il pourrait être assez bas», a soutenu M. Beauchemin, qui est conscient que la Ville a opté pour la décision la plus simple et la moins onéreuse.

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Joël Lemay / Agence QMI
Joël Lemay / Agence QMI

Par contre, éradiquer d’un coup une quinzaine d’animaux ne réglera pas le problème de manière durable, ni en Montérégie ni même dans le parc Michel-Chartrand, vers où les cerfs seront toujours attirés en raison de l’absence de coyotes, leurs principaux prédateurs.

Joël Lemay / Agence QMI
Joël Lemay / Agence QMI

Selon Richard Beauchemin, l’idéal serait que les parcs nationaux des Îles-de-Boucherville et du Mont-Saint-Bruno deviennent des réserves fauniques pour que la chasse y soit autorisée.

«On ne parle pas de chasse au gros calibre, mais de chasse à l’arc et à l’arbalète. La chasse est déjà permise dans le boisé Du Tremblay et c’est aussi en pleine ville», a-t-il tenu à rassurer, appelant les élus à se pencher sérieusement sur sa proposition.

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