L’ombre de Trump dès le jour 1


Guillaume St-Pierre – analyse
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OTTAWA | Donald Trump s’est invité dans la campagne fédérale en mettant sur la défensive, dès le premier jour, Pierre Poilievre, qui a géré sa première controverse d’une manière étonnante et inattendue: avec le sourire.
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C’est un Poilievre nouveau qui s’est présenté devant les journalistes, hier, au jour un de la campagne fédérale.
Mini-Trump
Le chef conservateur a pris cinq questions de vrais journalistes venant de médias nationaux traditionnels, sans insulter personne.
Or, ça aurait pu vite déraper, gracieuseté d’une de ses alliées, la première ministre albertaine, Danielle Smith.
Mme Smith a eu l’idée de révéler, dans une récente entrevue, avoir demandé à des proches de Trump de cesser d’intimider le Canada parce que cela nuisait aux chances de Pierre Poilievre de se faire élire.
Elle a rappelé au passage, dans son entretien avec un média d’extrême droite américain, que Poilievre partageait avec Trump une vision commune.
Les conservateurs se seraient bien passés de ce tir ami, qui a monopolisé le premier jour de sa campagne.
Questionné sur le sujet, Pierre Poilievre a haussé les épaules, souri et évité de répondre directement à la question.
Une bonhomie qui démontre qu’il se sait vulnérable par rapport au facteur Trump.
Cette histoire n’est peut-être pas complètement enterrée, mais le ton s’avère plutôt efficace s’il souhaite se distinguer du président.
Dans le style et certaines politiques, l’électorat canadien leur voit des ressemblances, un véritable poison pour la campagne Poilievre.
Un ingrédient à cet antidote serait peut-être d’afficher un côté plus zen, mais qui pourrait être difficile à maintenir durant cinq semaines éreintantes de campagne.
C’est, en tout cas, un premier test réussi pour lui et une leçon pour la suite.
Un français mal en point
Mark Carney nous a habitués à bouger vite. Il a réussi, en 10 jours, à créer une distance avec l’héritage de Justin Trudeau et à rencontrer des leaders européens et les premiers ministres des provinces.
C’est dans cet esprit qu’il a promis, au jour un de la campagne, une baisse d’impôt de 1% pour le premier palier d’imposition. Cela revient à quelque 800$ de plus dans les poches de familles de la classe moyenne, a-t-il soutenu.
Une annonce à saveur économique pour celui qui veut s’en faire le champion contre les tarifs américains.
Mais un bonbon qui coûterait environ 6 G$ par année. Comment financer cette nouvelle dépense? À cette question, le banquier Carney offre peu de réponses. Il compte peut-être sur le fait que la crainte des menaces de Donald Trump rendra l’électorat moins regardant sur la dépense.
On ne peut toutefois passer sous silence l’énorme voyant rouge qu’est la qualité de son français parfois à peine intelligible.
À l’heure actuelle, Mark Carney serait incapable de débattre efficacement dans cette langue. Or, le Québec est essentiel pour assurer la renaissance des libéraux après l’ère Trudeau.
Le Bloc coincé
Entre les menaces américaines et le vent de patriotisme canadien, le Bloc Québécois se retrouve coincé.
Pour arriver à se faire une place au soleil durant cette campagne, Yves-François Blanchet compte se faire le grand défenseur des secteurs économiques particuliers du Québec.
Une police d’assurance dans les négociations futures avec les Américains afin de protéger la forêt, la culture, la gestion de l’offre en agriculture, l’aérospatiale et l’aluminium québécois.
Comme prévu, l’ombre de Donald Trump s’est fait sentir dès le jour un, sans qu’il ait eu à prononcer un seul mot nous concernant.