LNH: si l’on refaisait le repêchage de 2021, Wyatt Johnston serait-il le tout premier choix?


Kevin Dubé
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De la façon dont il joue présentement en séries éliminatoires pour les Stars de Dallas, il n’existe aucun autre constat que celui-ci: la formation du Texas a réalisé un véritable vol en plein jour en sélectionnant Wyatt Johnston au 23e rang du repêchage de 2021.
Son match de trois points, dont deux buts, lundi soir pour aider les Stars à prendre une avance de 3-1 dans sa série face à l’Avalanche du Colorado n’était qu’un autre chapitre d’une impressionnante histoire qui s’écrit depuis sa sélection en 2021.
Mais en regardant les joueurs sélectionnés en 2021, on n’a d’autres choix que de se demander si des Owen Power, Mason McTavish, Matty Beniers, Luke Hughes, Matthew Knies ou Logan Stankoven, ce n’est pas Johnston qui a le plus d’impact avec son équipe. En tout cas, c’est lui qui a récolté le plus de points en carrière jusqu’à maintenant, avec 106 en 164 matchs. Beniers vient au second rang, non loin derrière, avec 104 pt en 167 rencontres.
Ce qui est fascinant dans l’histoire de Johnston, qui parle très bien français d'ailleurs, c’est qu’à son année de repêchage, en 2021, il n’avait joué que sept matchs dans toute sa saison. La Ligue junior de l’Ontario (OHL) n’avait tenu aucun match en raison de la pandémie de COVID-19, mais Johnston s’était vu offrir l’opportunité de représenter le Canada au Championnat mondial des moins de 18 ans qui se tenait, ironiquement, à Frisco et Plano, en banlieue de Dallas.
«Nous avions vu Wyatt jouer à 16 ans et avions parlé à plusieurs personnes qui le connaissaient bien, à son sujet. Ce qui ressortait, à chaque fois, c’est à quel point son sens du jeu était une coche au-dessus de la moyenne. Quand on l’a vu jouer au Mondial des moins de 18 ans, ç’a confirmé ce qu’on pensait», a raconté le directeur du recrutement des Stars, Joe McDonnell, lors d’un récent entretien téléphonique avec Le Journal.
Les coudées franches
Les choix de première ronde dans la LNH sont d’une importance capitale dans la construction d’une formation gagnante. Comment, donc, convaincre un directeur général, Jim Nill dans le cas présent, d’utiliser un choix de première ronde sur un joueur ayant joué sept parties au total dans son année et qui avait joué un rôle défensif avec Équipe Canada?
«Ça fait plusieurs années que je travaille avec Jim. Il m’a engagé pour faire un travail et il nous laisse le faire. Tout ce qu’il m’a demandé c’est “es-tu vraiment certain?”.»
Et la réponse était sans équivoque.
«Oui, je suis certain.»
Un peu surpris
McDonnell ne le cache toutefois pas: le succès qu’a connu Johnston à un si jeune âge n’était pas nécessairement ce qu’il entrevoyait lorsqu’il l’a réclamé en 2021.
«Pour qu’un jeune de cet âge connaisse autant de succès, plusieurs facteurs doivent entrer en ligne de compte. Évidemment, il y a une question de développement et notre équipe a fait un super travail avec lui, mais il doit aussi arriver dans un environnement où il a les opportunités de se faire valoir. Nos entraîneurs lui ont donné sa chance et il l’a saisie.»
De héros obscur à héros tout court

Gordie Dwyer a dirigé Johnston lors du Championnat mondial de hockey des moins de 18 ans, en 2021. S’il n’avait pas été une grande vedette offensive avec la formation canadienne, il était malgré tout devenu l’un des favoris des entraîneurs.
Au sein d’une équipe comptant sur plusieurs vedettes offensives, dont Connor Bedard, Shane Wright, Dylan Guenther, Mason McTavish et Logan Stankoven, Johnston s’était vu confier un rôle plus défensif.
«Ça avait été notre héros obscur», se remémore Dwyer, qui était entraîneur adjoint avec l’équipe canadienne lors de ce tournoi.
Avant de rendre notre appel, Dwyer avait pris le temps de ressortir les notes qu’il avait prises lors de ce tournoi.
Sous Johnston, il avait noté ceci: «Niveau de compétition et éthique de travail élevé, excellent bâton, un favori des entraîneurs, a gagné la confiance de tout le monde, un héros obscur.»
Un potentiel intéressant
Dwyer le reconnaît, il était difficile à ce moment de prédire tout le succès que connaîtrait Johnston dans les années à venir. Pas parce qu’il ne voyait rien d’exceptionnel en lui, mais plutôt puisqu’il avait été davantage placé dans un rôle de soutien.
«On voyait son sens du jeu et on pouvait l’utiliser dans toutes les situations. Il avait une bonne attitude et il comprenait son rôle. Je me rappelle d’un match contre la Suisse; Shane Wright était malade et c’est Wyatt qui avait pris le centre du trio avec Connor Bedard et Logan Stankoven. On avait pu voir un peu plus son jeu offensif à ce moment.»
Johnston avait terminé avec quatre points en sept parties et aidé le Canada à remporter l’or.
Après le tournoi, Dwyer avait eu une petite idée de l’intérêt des Stars par l’intermédiaire d’un ami et dépisteur de l’équipe du Texas, Shane Turner.
«Je savais qu’ils l’avaient suivi pas mal et ils n’ont pas manqué leur coup.»
C’est le moins que l’on puisse dire.