LNH : sept célèbres fois où le titre de capitaine a changé... pour le meilleur ou pour le pire


Marc-Antoine Malo
Partager
Désaveu ou désir de renouveau? Les Maple Leafs de Toronto ont retiré le titre de capitaine à John Tavares mercredi afin de l’offrir à Auston Matthews et à première vue, la transition s’est plutôt bien passée.
Ce ne fut pas le cas de tous les changements de leadership, surtout lorsque le capitaine déchu est demeuré au sein de l’équipe. Voici sept exemples célèbres :
De Lee Fogolin à Wayne Gretzky
En 1983, Lee Fogolin était un vétéran respecté chez les Oilers d’Edmonton et leur capitaine depuis un peu plus de deux saisons. Toutefois, en bon leader, il a reconnu lui-même que l’équipe serait mieux menée par le jeune Wayne Gretzky, qui venait de compléter une cinquième campagne avec le club albertain (la première dans l’AMH et les quatre suivantes dans la LNH).

Personne ne montrait mieux l’exemple sur la patinoire que «La Merveille» et il a mené la concession à sa première coupe Stanley dès que le «C» a été cousu sur son chandail.
À l’époque, le directeur général Glen Sather avait expliqué qu’il s’agissait aussi d’une décision stratégique, puisque les autres vedettes des Oilers avaient le même âge que Gretzky. Ainsi, le numéro 99 allait pouvoir ramener ses coéquipiers fêtards à l’ordre.
Fogolin, quant à lui, a passé quatre saisons de plus à Edmonton avant de se retirer dans l’uniforme des Sabres de Buffalo à 32 ans.
De Vincent Lecavalier à Dave Andreychuk
Vincent Lecavalier est le seul joueur dans l’histoire de la LNH qui a perdu le titre de capitaine avant de remporter la coupe Stanley avec la même équipe. En 2004, il a regardé le vétéran Dave Andreychuk aller chercher le grand saladier d’argent, trois ans après que son «C» eut été remplacé par un «A».
C’est l’entraîneur-chef du Lightning de Tampa Bay à l’époque, le bouillant John Tortorella, qui a décidé de rétrograder le Québécois de 22 ans, un an après sa nomination. Lecavalier est redevenu capitaine, vous l’aurez deviné, quand «Torts» est parti en 2008.
Disons que ces deux messieurs n’entretenaient pas la plus belle relation. Selon Brad Richards, Tortorella aurait même tenté d’engager le combat avec «Vinny» dans le vestiaire en 2004...
De Brett Hull à Shayne Corson
Parlant de relation houleuse entre un joueur et un entraîneur, Brett Hull et Mike Keenan ne s’aimaient vraiment pas. En 1995, peu de temps après son arrivée en poste chez les Blues de St. Louis, le pilote a retiré le titre de capitaine au «Golden Brett» pour le donner à Shayne Corson, qui n’avait disputé que huit matchs avec l’organisation.
«Je suis toujours le capitaine de cette équipe. Certaines personnes ont une façon différente de faire les choses et visiblement, Mike Keenan est du type à provoquer la confrontation. Je ne joue pas pour lui, je joue pour les gars», avait lancé Hull aux médias.
Dans un effort de réparer les pots cassés avec leur vedette, les Blues ont mis Keenan à la porte en décembre 1996. Comment Hull a-t-il répondu trois jours plus tard? Avec un tour du chapeau.
De Roberto Luongo à Henrik Sedin
Après deux saisons en 2009 et 2010, les Canucks de Vancouver ont réalisé que l’idée de confier le «C» à un gardien était un véritable flop. L’intention était là, Luongo étant l’un des leaders de l’équipe dans le vestiaire, mais sur la glace, c’était une autre histoire.

Non seulement le Québécois n’avait pas de lettre sur son maillot, il ne pouvait pas non plus s’occuper des communications avec les arbitres ou prendre part aux mises au jeu protocolaire.
En septembre 2010, Luongo a officiellement passé le flambeau à Henrik Sedin.
D’Eric Lindros à Éric Desjardins
Disons qu’Eric Lindros n’est pas le joueur le moins controversé de cette liste et son séjour avec les Flyers de Philadelphie s’est terminé en queue de poisson. En 2000, rien n’allait plus pour l’ancien premier choix au total.
Ayant été victime d’une deuxième commotion cérébrale cette saison-là, il a critiqué les médecins de l’équipe pour leur incapacité à émettre un diagnostic, ce qui l’a forcé à jouer avec des symptômes. Le président Bobby Clarke l’a rapidement démis de ses fonctions de capitaine, nommant Éric Desjardins comme représentant.
Clarke a reconnu qu’il y avait une certaine tension, mais qu’il accueillerait Lindros à bras ouverts dès qu’il serait prêt à revenir. L’Ontarien a finalement raté toute la campagne 2000-2001 avant d’être échangé aux Rangers de New York.
De Patrick Marleau à Rob Blake
La fidélité de Patrick Marleau envers les Sharks de San Jose est légendaire, mais en 2009, l’état-major a perdu patience. En 2009, cinq ans après avoir hérité du titre de capitaine à la suite du départ d’Owen Nolan, l’attaquant l’a cédé à Rob Blake.
Les séries de la saison précédente n’avaient pas été concluantes. C’est l’expérimenté défenseur qui a été ciblé et Marleau n’a plus jamais été capitaine. Joe Thornton l’a ensuite été entre 2011 et 2014... avant de lui aussi perdre ce rôle au profit de Joe Pavelski.
Marleau, lui, «n’a pas besoin d’un morceau de tissu sur son épaule gauche, que ce soit un “C” ou un “A”», avait déclaré l’entraîneur-chef Todd McLellan en 2009. Il n’avait pas tort, puisque le natif de la Saskatchewan a disputé pas moins de 21 saisons à San Jose.
De Dustin Brown à Anze Kopitar
Tout aussi fidèle aux Kings que Marleau l’a été aux Sharks, Dustin Brown a très mal pris sa rétrogradation en 2018. Capitaine depuis le départ de Blake en 2008, l’Américain a mené Los Angeles à la coupe Stanley en 2012 et 2014.
Brown estimait à l’époque que les Kings avaient tenté de l’échanger et qu’il avait ses différends avec l’entraîneur Darryl Sutter. L’information du passage du «C» à Anze Kopitar a également fuité dans les médias, mais la confirmation a pris plusieurs semaines à arriver, ce qui n’a pas plu au vétéran.

Les ponts ont été reconstruits avec l’ailier droit durant les années subséquentes et une statue a d’ailleurs été érigée en son honneur en 2023, un an après l’annonce de sa retraite.