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LNH : pourquoi Winnipeg et pourquoi pas Québec?

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2024-12-17T17:20:15Z

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Je n’ai jamais vraiment aimé Winnipeg. Il n’y a pas grand-chose dans cette ville au milieu du nulle part du Canada qui m’a attiré à un moment ou un autre de ma modeste vie.

Il y a bien eu l’immortel Dale Hawerchuk ou encore Dave Babych. Il y a eu le Québécois Stéphane Beauregard, un gardien produit par les Castors de Saint-Jean. Il y a aussi eu Bob Essensa. Et puis?

J’ai toujours trouvé que les Jets de Winnipeg étaient des citoyens de seconde zone de la Ligue nationale de hockey (LNH), chanceux d’être là. C’est à peu près tout.

Également, Serge Savard est parti là-bas afin de prêter main-forte à son ami, le directeur général John Ferguson. «Le Sénateur» à Winnipeg, ça m’a laissé perplexe, un brin déçu mais sans plus, me rappelle la carte de hockey toute fraîche et sentant la gomme balloune que j’ai obtenue dans un paquet. J’ai réalisé à ce moment précis que le bleu, blanc et rouge des Jets n’était qu’une très pâle imitation de celui du Canadien. Du haut de mes 11 ans, je me suis dit que les Jets n’étaient au fond que des Canadiens de Montréal manqués.

Ensuite, la jeune sensation Teemu Selanne est arrivée. Ça m’a excité un brin de plus. Difficile de faire autrement avec un joueur aussi spectaculaire, un marqueur naturel qui en enfile 76 à sa première saison. Mais encore là, sans plus...

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Quand les Jets sont partis vers l’Arizona, je ne me suis pas insurgé. Pourtant, un an après le départ des Nordiques, le pays dont le hockey est le sport national perdait un autre actif important, celui-ci aux mains d’un État américain avec une température moyenne de 30 degrés Celsius.

Durant leur premier séjour de 17 saisons dans la LNH, les Jets ont raté les séries six fois et ont atteint le deuxième tour seulement à deux reprises, chaque fois pour s’y effondrer. En une saison de moins, mes Nordiques ont raté les séries une fois de plus, mais ont en revanche gagné six rondes, atteignant deux fois la finale d’association.

Injustice

Toutefois, les bleus sont partis et ne sont toujours pas revenus, tandis que les Jets, disparus dans une tempête de sable vers le désert de l’Arizona, ont réapparu quasiment de nuit 15 ans plus tard en 2011, en provenance d’Atlanta.

Pour probablement beaucoup de mauvaises raisons mais au moins une excellente, Winnipeg, j’t’haïs! Tu as un club et il n’y en a pas à Québec. J’t’haïs avec ton Manitoba d’à peine 1,5 million de résidents, 7,5 millions de moins que mon beau Québec.

J’t’haïs avec tes 15 000 places assises que tu peines à remplir aux deux tiers avec un club gagnant. J’t’haïs pour ce petit édifice qui ne respecte pas les normes de la LNH. J’t’haïs et je te méprise pour l’ancien nom de ton aréna, le MTS Center... il fallait quand même le faire!

Winnipeg, j’t’haïs car tu as quelque chose que je rêve de retrouver à Québec: un club de la LNH. Comment as-tu réussi à en ravoir un? Il y a juste toi qui le sais, Winnipeg; toi, Gary Bettman et probablement un personnage influent, le genre de ceux ayant pas mal plus peur de la mort que de la fin du mois.

Pourtant, on a bien plus et bien mieux à offrir que toi, ici à Québec. Je peux te garantir que si on avait ta chance, si on avait un club, on en prendrait soin. Même perdant, il afficherait complet: on le sait, on l’a fait pendant cinq ans au cours desquels les Nordiques ont gagné 107 de leurs 400 matchs. Il fallait de l’amour pour continuer de remplir le vieux Colisée presque à son comble avec Mike Hough comme capitaine.

Juste pour ça, Winnipeg, tu devrais décider par toi-même de déménager à Québec. Tu serais accueilli en héros, on saurait t’aimer éperdument, on t’acclamerait à tout rompre. Même Mark Scheifele, on ferait avec sa présence.

Je sais, tu ne feras jamais ça. Je te comprends, je ne le ferais pas non plus à ta place. C’est pourquoi j’ai juste envie de te dire: Winnipeg, j’t’haïs!

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