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LNH: le scénario de la dernière chance pour les Coyotes en Arizona?

Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2023-12-05T16:12:59Z

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Les Coyotes espèrent faire l’acquisition d’un terrain dans les environs de Phoenix afin de pouvoir y construire un nouvel amphithéâtre, dans ce qui constitue un scénario de la dernière chance pour le maintien de l’équipe en Arizona, alors que les autres propriétaires souhaitent ardemment que la concession trouve finalement le chemin de la rentabilité le plus vite possible. 

• À lire aussi: Expansion dans la LNH: Gary Bettman questionné à savoir si c'était juste pour les fans de Québec

La nouvelle a été confirmée au Journal par l’informateur hockey de TVA Sports, Renaud Lavoie, à l’occasion de la réunion des gouverneurs de la Ligue nationale de hockey, qui est sur place pour la rencontre qui se déroule cette semaine à Seattle. 

Les Coyotes espèrent finaliser l’achat du terrain, situé au nord-est de Phoenix, près de Scottsdale, et dévoiler leurs plans d'ici la fin de 2023 ou au début de la prochaine année, a pour sa part rapporté Craig Morgan, de PHNX Sports. 

Le Mullett Arena, l'actuel domicile des Coyotes.
Le Mullett Arena, l'actuel domicile des Coyotes. Photo Getty Images via AFP
Ça passe ou ça casse

Ça semble être un cas de «ça passe ou ça casse» pour que les Coyotes demeurent dans le désert. 

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Après tout, tant la ligue que ses propriétaires désirent ardemment que cette concession remplisse finalement ses coffres, eux qui, en raison du partage des revenus en place dans la LNH, perdent de l'argent avec les déboires de l'équipe la moins rentable du circuit.

Sa valeur est d'environ 611 millions $ canadiens, comparativement à près de 3 milliards $ pour les Rangers, qui trônaient l'an passé au sommet de la liste annuelle du magazine Forbes. En 2019-2020, ils avaient reçu 30 millions $ de la part des autres équipes. 

Déjà, en mai dernier, lorsque son projet d’amphithéâtre à Tempe est tombé à l’eau – quand la population de cette ville de l’Arizona a rejeté sa construction par voie de référendum –, le commissaire Gary Bettman savait que son circuit était «terriblement déçu du résultat» et qu'il allait «examiner avec les Coyotes quelles sont les options possibles pour l’avenir». 

«Ils comprennent qu'il est important que ce soit finalisé [dans les prochains mois]», a déclaré Bettman au sujet des Coyotes, à sa sortie de sa rencontre avec les gouverneurs, mardi. 

Pas de vote cette fois?

Longtemps aux prises avec des problèmes financiers, ayant fait l’objet de nombreuses rumeurs de déménagement depuis une décennie, l'organisation évolue depuis la saison dernière au Mullett Arena, un amphithéâtre doté de 4600 places et qui est principalement le domicile de l’université d’État de l’Arizona. 

Selon Craig Morgan, les Coyotes tenteraient cette fois d'éviter d'avoir à sonder le public afin d'obtenir l'aval pour leur projet, après l'échec de leur projet de 2,1 milliards $ à Tempe. 

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«Les Coyotes auraient toutefois besoin de fonds publics pour pallier une partie des coûts de construction [de l'aréna]. La façon dont ils vont concilier ces deux réalités [le fait de vouloir éviter un référendum et comment ils vont obtenir de l'argent public] demeure incertaine», a ajouté Morgan.

Québec évoquée, mais sans plus

Bettman a aussi réitéré mardi que son circuit n'était pas dans un processus d'expansion, alors qu'il est estimé que chaque nouvelle équipe pourrait valoir près de 1 milliard $. D'ailleurs, le sujet n'est pas à l'ordre du jour de cette rencontre des gouverneurs. 

«Nous écoutons ceux qui expriment leur intérêt de façon régulière: Atlanta, Québec, Houston, Salt Lake City, a dit le commissaire. Mais nous n'envisageons pas prochainement de faire la même chose que par le passé, c'est-à-dire que si vous êtes intéressés par une équipe d'expansion, voici le formulaire d'application et la date pour le remplir.»

«[...] Je ne dis pas que ce ne sera jamais le cas, mais ce n'est pas un dossier sur lequel nous nous concentrons pour l'instant.»

Bettman a d'ailleurs été questionné au sujet de la mention de Québec par un journaliste, qui se demandait si c'était «juste» pour les fans de la ville qui rêvent d'une équipe. 

«À quel point est-ce juste?» a-t-il demandé au grand manitou du circuit.

«Je ne catégorise aucune de ces villes, a-t-il répondu. Je parle de celles qui expriment leur intérêt. Ne me parlez pas de justice, je ne fais que répondre à la question».  

- Avec la collaboration de Renaud Lavoie

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Ces quatre villes qui ont le plus d'intérêt pour les Coyotes (ou une expansion)

Atlanta 
Image tirée du X de NHLTOATLANTA
Image tirée du X de NHLTOATLANTA

Le promoteur Frank Ferrara, ancien directeur des finances de la NFL, qui a aussi mené la campagne pour la construction du fameux Mullett Arena, souhaite faire bâtir un vaste complexe de divertissement. The Gathering, qui coûtera 2 milliards $, sera situé dans le secteur de South Forsyth, qui, en dépit de son nom, se trouve au nord d’Atlanta.

Ledit projet, qui a été approuvé par l’État de la Géorgie il y a quelques semaines, comprend des hôtels, des commerces, des appartements, des restaurants et... un aréna de 18 000 sièges.

L’intérêt d’Atlanta pour une nouvelle concession semble être loin de déplaire à la LNH, qui en parlait en bien en septembre dernier. Même si la ligue martèle qu’il n’y a pas de projet d’expansion dans les cartons, et malgré l’échec des Flames et des Thrashers.  

«La démographie a changé»

Atlanta mise sur davantage d’entreprises de taille qu’en 2011, lorsque les Thrashers avaient déménagé vers Winnipeg, avait pointé l’adjoint au commissaire de la LNH, Bill Daly. 

Cet argument, qui semble cher aux yeux des bonzes du circuit Bettman, pourrait en être un de taille pour convaincre les détracteurs du projet. Car Atlanta n’a pas perdu qu’une seule fois sa concession: elle avait aussi vu ses Flames être relocalisés à Calgary, en 1980. 

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«La démographie de ce marché a changé radicalement depuis la première fois où nous nous y sommes installés et depuis 1999 [l’année de l’arrivée des Thrashers]», avait aussi évoqué Daly en septembre. 

Le magazine Forbes, lui, faisait état d’un contrat national de télédiffusion qui était désormais en place à Atlanta. Et l’on sait que les droits de télé sont aussi précieux pour la LNH quand vient le temps de déterminer quelle ville héritera d’une concession. 

Salt Lake City 
Photo d’archives, Benoît Rioux
Photo d’archives, Benoît Rioux

Ryan Smith, le propriétaire du Jazz de l’Utah, dans la NBA (qui est un homme d'affaires milliardaire, et non l’ancien des Oilers), est grandement intéressé par l’acquisition d’une concession de la LNH, qui serait la première à s’y installer dans l’histoire du circuit. 

Au micro d’Elliotte Friedman et de Jeff Marek, en juin dernier, il estimait que l’arrivée d’une concession en Utah pourrait avoir le même impact que celui de la venue des Golden Knights à Vegas ou du Kraken à Seattle. 

C’est-à-dire, être couronnée de succès. 

Smith qualifie Salt Lake City de «capitale mondiale des sports d’hiver». «Comme sept millions de personnes viennent chaque hiver y faire du sport, presque tous les quartiers généraux des [associations] de sport d’hiver se trouvent à 20 minutes ou moins» de la ville, explique-t-il. 

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Un nouvel aréna

Le propriétaire vise la construction d’un nouvel amphithéâtre advenant qu’il se voie octroyer une concession, que ce soit par le déménagement des Coyotes ou par un processus d’expansion (il est ouvert aux deux avenues). 

En attendant, l’équipe pourrait jouer au Vivint Arena, le domicile du Jazz, qui pourrait accueillir jusqu’à 14 000 spectateurs s’il était configuré en mode hockey. 

«Je pense que mon message à l’endroit de [Gary Bettman] et de [Bill Daly] a été constant. Nous sommes un partenaire, un partenaire prêt à aller de l’avant. Nous sommes là, nous sommes prêts. Nous voulons aider», a ajouté Smith, qui dit entretenir de bons contacts avec l’entraîneur du Lightning, Jon Cooper, ainsi qu’avec la légende Wayne Gretzky. 

Houston 
Photo d'archives, AFP
Photo d'archives, AFP

Les bonzes de la LNH se sont exprimés avec passion au sujet de Houston par le passé. Après tout, il s’agit de la quatrième ville la plus populeuse des États-Unis et du septième plus important marché télévisuel au pays. 

La ville texane mise déjà sur une infrastructure qui est en mesure d’accueillir du hockey professionnel: le Toyota Center, le domicile des Rockets de Houston, dans la NBA, qui est doté de 17 800 places (en mode basketball).

Des craintes quand même

Le propriétaire des Rockets, Tilman Fertitta, n’a lui-même jamais caché son intérêt pour la venue d’une seconde concession de la LNH au Texas, après les Stars de Dallas. Mais il émettait une crainte il y a quatre ans. 

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Celle qui touche plusieurs marchés situés dans le sud des États-Unis, c’est-à-dire qu’il est «difficile de mettre des postérieurs dans les sièges».

Pourtant, Houston et le hockey, ç’a déjà assez bien fonctionné. La ville a déjà encouragé ses Aeros. D’abord dans l’Association mondiale de hockey, de 1972 à 1978, puis dans la Ligue internationale et dans la Ligue américaine, de 1994 à 2013. 

Quand ils jouaient dans la Ligue américaine, les Aeros figuraient d’ailleurs dans le top 10 des équipes qui accueillaient le plus de spectateurs par match. 

Québec 
Photo d'archives, Agence QMI
Photo d'archives, Agence QMI

En dépit de toutes ces fois où les partisans de Québec ont eu le cœur brisé au cours des 15 dernières années, le nom de la ville continue d’être prononcé quand il est question d’un déménagement des Coyotes ou encore d’une possible expansion. 

Même Gary Bettman l’a évoqué en septembre, lors d’un passage à l’émission The Pat McAfee Show, de ESPN: «Nous avons souvent des communications avec des villes qui sont intéressées. Houston, Salt Lake City, Atlanta, Québec... mais l'expansion n'est pas notre priorité.»

Bon, il a prononcé le nom de Québec en dernier. Il a aussi mentionné que l’expansion n’était pas une priorité. Mais il a quand même dit «Québec». Et pour ce que ça vaut, il l'a prononcé en deuxième mardi, tout en refusant de dire si c'était «injuste» pour les fans de la ville qui rêvent d'une équipe en vain depuis tant d'années.

Rencontre annulée

Bettman devait d’ailleurs rencontrer à nouveau le ministre des Finances du Québec (aussi surnommé «ministre des Nordiques» par le premier ministre François Legault), Eric Girard, la semaine dernière à New York.

Celle-ci a toutefois été annulée, le ministre ayant pris la décision de rester au Québec dans le contexte des négociations avec le secteur public. 

La concession potentielle a aussi un potentiel propriétaire: Québecor, qui a de nouveau réitéré dans les derniers mois son intérêt pour une équipe qui jouerait au Centre Vidéotron, ouvert il y a maintenant huit ans et qui peut accueillir 18 259 spectateurs.

On le sait. Québec a été le domicile des Nordiques de 1972 à 1995. D’abord dans l’AMH, puis dans la LNH, jusqu’au départ du club pour le Colorado, où l’Avalanche a gagné la coupe Stanley... un an plus tard. 

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