L’investisseur futé: sept raisons pour lesquelles l’investissement est différent du reste de votre vie


Sylvain Larocque
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Dans cette chronique publiée un samedi sur deux, nous vous donnons des idées concrètes pour placer votre argent en Bourse.
On dit souvent que l’investisseur doit être discipliné. Le problème, c’est que les réflexes de la vie de tous les jours fonctionnent rarement quand on investit à long terme.
Tom Bradley, cofondateur de la firme Steadyhand, a récemment résumé, dans le Financial Post, le caractère contre-intuitif de l’investissement en sept exemples. J’en ai discuté avec lui cette semaine.
1. Les nouvelles ne veulent rien dire
Nous avons l’habitude de réagir rapidement aux critiques de notre patron, aux commentaires de notre conjoint et aux courriels que nous recevons. Mais pour nos placements, être trop sensible à l’actualité et aux soubresauts des marchés peut nous faire dévier de nos objectifs. «Monsieur le marché ne lit pas les nouvelles du jour, il anticipe ce qui sera dans l’actualité dans 12 ou 18 mois», affirme M. Bradley, en reprenant le personnage inventé par Benjamin Graham, le célèbre gourou américain de l’investissement.
2. Il n’y a pas d’app pour ça
Il existe plein de bonnes applications pour lire de la musique ou pour suivre vos dépenses. Il y a aussi plusieurs applications d’investissement, mais la plupart sont centrées sur les fluctuations boursières du jour et les transactions à court terme. «Je ne connais pas beaucoup d’apps qui renforcent les principes fondamentaux de l’investissement à long terme», affirme Tom Bradley.
3. Le mieux, c’est de ne rien faire
Un portefeuille équilibré qui est bien aligné avec nos objectifs n’a pas besoin d’être remanié en profondeur lorsque les marchés s’emballent. «Les gens ont tendance à vouloir tirer trop de conclusions quand un titre chute de 8%», estime M. Bradley.
4. Si tout le monde le fait, passez votre tour
«Quand cinq personnes vous disent d’acheter une Hyundai Ioniq 5, vous pouvez être certain que c’est une bonne voiture. Si les cinq mêmes personnes vous disent d’acheter telle ou telle action, vous devriez vous méfier», illustre Tom Bradley. Bref, quand tout le monde veut sauter dans le train, «ça veut dire que la bonne nouvelle s’est largement répandue, que les attentes sont élevées et que vous allez probablement payer une prime».
5. Inutiles, les produits sophistiqués
Quand on achète quelque chose qu’on va garder longtemps comme une voiture, on se laisse parfois tenter par un petit luxe, par exemple des sièges chauffants. En investissement, l’équivalent, c’est peut-être les produits sophistiqués comme les placements garantis liés aux marchés vendus par Desjardins et les banques. «Il n’y a rien de gratuit dans la vie. Si vous éliminez le risque de perdre de l’argent ou réduisez la volatilité, vous le paierez avec vos rendements et pour un investisseur à long terme, ça n’a pas de sens», prévient M. Bradley.
6. L’arbre cache la forêt
On peut avoir une bonne idée de la qualité d’un produit de consommation en faisant une recherche sur internet. Il est beaucoup plus difficile de prédire adéquatement le potentiel de croissance d’une action dans laquelle on veut investir. Certains tentent d’y arriver en lisant compulsivement les documents financiers de l’entreprise. «Quand ils auront terminé, le titre aura doublé», rigole Tom Bradley.

7. Les prix ne sont pas affichés
En général, on connaît le prix de quelque chose avant de l’acheter. À moins qu’il y ait des frais cachés... Mais dans le monde de l’investissement, bonne chance pour savoir précisément combien vous coûtent votre conseiller financier, la gestion de vos fonds et vos transactions en dollars US. «Je pense que l’industrie est stupide là-dessus. Tout le monde dit que l’investissement, c’est une question de confiance. Mais il ne peut pas y avoir de confiance si les coûts ne sont pas clairement indiqués», tonne M. Bradley.
Avez-vous des suggestions de sujets pour cette chronique? Écrivez-moi: sylvain.larocque@quebecormedia.com