L’investisseur futé: faites-vous confiance à l’IA pour vos placements?


Sylvain Larocque
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Dans cette chronique, nous vous donnons des idées concrètes pour placer votre argent.
Une donnée m’a frappé dans une enquête récente: les Canadiens font autant confiance à l’intelligence artificielle (IA) qu’à un humain pour des conseils en placement. Pauvres de nous, simples mortels!
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L’étude, menée l’an dernier auprès de plus de 7700 personnes pour le compte de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario, demandait aux participants de placer une somme fictive de 20 000$.
Ceux-ci étaient séparés en trois groupes. Le premier recevait des suggestions d’investissement formulées par un conseiller financier humain, le deuxième par un outil d’IA et le troisième par un conseiller humain utilisant l’IA.

Conclusion de la simulation: les participants ont suivi un peu plus les suggestions du conseiller financier humain utilisant l’IA que celles faites seulement par l’outil d’IA ou par le conseiller humain.
La différence n’était toutefois pas «statistiquement significative», ce qui revient à dire que les participants ont suivi autant les suggestions de l’outil d’IA que du conseiller humain, assisté ou non par l’IA.
Tout nouveau, tout beau
La professeure Andréanne Tremblay-Simard, cotitulaire de la Chaire iA Groupe financier à l’Université Laval, n’est pas surprise que l’IA rivalise aussi bien avec l’humain.
Elle rappelle que les fautes graves commises par une minorité de conseillers financiers sont largement médiatisées. «Forcément, les gens vont avoir un peu peur de ça», dit-elle.
En revanche, «un outil d’IA programmé pour être correct peut avoir l’air attrayant», souligne-t-elle.
Maintenant, avons-nous raison de faire autant confiance à l’IA pour nos placements? Mme Tremblay-Simard croit que non.
«Le problème, c’est que l’investisseur moyen, parce qu’il connaît peu le sujet, ne sera pas en mesure d’apprécier la qualité de la réponse qui va être fournie par la machine», prévient-elle.
Il ne faut pas oublier que «la qualité de la réponse» d’un robot conversationnel «dépend directement de la qualité de la requête», note la spécialiste.
Pour avoir des résultats le moindrement pertinents, il faut au moins fournir les informations suivantes: son âge, son horizon de placement (un an, cinq ans, vingt ans...) et sa tolérance au risque.

Quand même utile
Andréanne Tremblay-Simard reconnaît que les robots conversationnels comme ChatGPT peuvent nous aider à nous y retrouver un peu plus facilement dans la mer de renseignements qui existent sur les stratégies et les produits d’investissement.
«Ça peut permettre de traiter de grands volumes d’informations plus rapidement et donc de faire un peu le tri là-dedans», indique-t-elle.
On peut aussi se servir des robots pour «élargir nos horizons» et même remettre en question certaines de nos convictions qui pourraient être erronées, avance Mme Tremblay-Simard.
La professeure suggère de consulter un planificateur financier indépendant avant de commencer à investir, que ce soit avec l’aide de l’IA ou non.
«Ça peut être un très bon point de départ [...] pour faire un bilan complet avec les actifs, les dettes, les perspectives de revenus futurs, etc.», explique-t-elle.
L’IA et les investisseurs autonomes
Avantages potentiels:
- Réduction des coûts
- Accès plus facile aux informations financières
- Prise de décisions améliorée
- Rendements bonifiés grâce à des prédictions plus précises
Risques potentiels:
- Biais reproduisant certains préjugés
- Comportement grégaire (convergence des suggestions)
- Mauvaise qualité des données
- Absence de responsabilité en cas de résultats négatifs
Source: Commission des valeurs mobilières de l’Ontario
Avez-vous des idées de sujets pour cette chronique? Écrivez-moi: sylvain.larocque@quebecormedia.com.