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«L’inconnu de la Grande Arche»: Xavier Dolan fait le pont entre Mitterrand et un architecte danois intransigeant

Xavier Dolan et Swann Arlaud dans le film «L'inconnu de la Grande Arche», de Stéphane Demoustier.
Xavier Dolan et Swann Arlaud dans le film «L'inconnu de la Grande Arche», de Stéphane Demoustier. PHOTO FOURNIE PAR TVA FILMS
Photo portrait de Guillaume Picard

Guillaume Picard

2026-03-06T08:00:00Z

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Quatre ans après avoir joué dans le film français Illusions perdues, de Xavier Giannoli, Xavier Dolan récidive cette fois avec L’inconnu de la Grande Arche, qui prend l’affiche au Québec le 13 mars.

Dans le long métrage de Stéphane Demoustier, sélection officielle de la section Un certain regard de Cannes 2025, on plonge dans le Paris de 1983 à 1987 en s’inspirant de faits réels.

Le réalisateur, qui signe le scénario à partir du roman La Grande Arche, de Laurence Cossé, offre un magnifique rôle au Québécois, qui se glisse dans la peau de Jean-Louis Subilon, un conseiller du président François Mitterrand. Ce rôle lui a valu une nomination aux plus récents César, les Oscars français.

Swann Arlaud, Xavier Dolan et Claes Bang dans «L'inconnu de la Grande Arche».
Swann Arlaud, Xavier Dolan et Claes Bang dans «L'inconnu de la Grande Arche». PHOTO FOURNIE PAR TVA FILMS

Au début de son septennat, Mitterrand souhaite lancer de grands projets. C’est le cas de la voie royale partant du musée du Louvre qu’il souhaite relier à La Défense, via les Champs-Élysées et l’arc de Triomphe.

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• À lire aussi : « Je le fais au complet et non à moitié » : Xavier Dolan planche, à titre de réalisateur, sur son premier film en près de 10 ans

Contre toute attente, c’est l’architecte danois Johan Otto von Spreckelsen (Claes Bang), un illustre inconnu dans l’Hexagone, qui remporte le concours international lancé par l’Élysée avec sa proposition d’immense cube, un projet signature qui se voudra, selon l’architecte, « un lieu de rencontre pour l’humanité » dans le quartier des affaires parisien.

Subilon est sur la corde raide, stressé, parce qu’en perpétuelle négociation avec le Danois, qui défend bec et ongles sa création, insistant pour être seul aux commandes et selon ses propres termes. Subilon, qui est un amalgame de plusieurs figures de l’ombre, fait le pont entre le politique et cet artiste dont, dès le départ, l’œuvre est menacée par la bureaucratie puis par la cohabitation avec la droite.

Les acteurs danois Sidse Babett Knudsen et Claes Bang
Les acteurs danois Sidse Babett Knudsen et Claes Bang PHOTO FOURNIE PAR TVA FILMS

« Subilon ménage la chèvre et le chou  ; il doit à la fois plaire au roi et à l’artiste, et être le bouffon entre les deux, le facilitateur, le pourvoyeur qui signe les chèques. Je comprends l’angoisse qui peut le ronger », a dit l’acteur de 36 ans.

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« J’avais envie de cette démarche-là qui est la sienne, de cet aspect un peu maniéré sur le langage qui était assez fleuri, assez précis », a-t-il ajouté, vantant l’« écriture assez droite, frontale et concise » du scénariste réalisateur.

Le chantier de la Grande Arche dans le quartier des affaires de La Défense, à Paris, dans le film de Stéphane Demoustier.
Le chantier de la Grande Arche dans le quartier des affaires de La Défense, à Paris, dans le film de Stéphane Demoustier. PHOTO FOURNIE PAR TVA FILMS
Intransigeance artistique

Xavier Dolan était-il inspiré par cette inflexibilité de l’architecte face à sa création, lui qui signe des œuvres singulières depuis près de 20 ans ?

« Oui, ça me parlait, mais ça me tapait aussi sur les nerfs parce que je me glissais dans la peau de mon personnage. J’avoue que je trouvais l’architecte, en plus de son intransigeance artistique, ce qui est très correct, assez méprisant sur le plan humain. »

Xavier Dolan sur le tapis rouge des César, le 26 février dernier, où il était en nomination dans la catégorie du meilleur acteur pour un second rôle pour sa prestation dans «L’inconnu de la Grande Arche».
Xavier Dolan sur le tapis rouge des César, le 26 février dernier, où il était en nomination dans la catégorie du meilleur acteur pour un second rôle pour sa prestation dans «L’inconnu de la Grande Arche». AFP

Comme on est à Paris, qui plus est au cœur des années 1980 – le film s’inspire de faits réels s’étant déroulés de 1983 à 1987 –, ça fume à qui mieux mieux. Xavier Dolan, qui aime en griller une, était lui-même épuisé de boucaner autant sur le plateau.

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« Je fume, mais pas autant. Je comprends que c’est beau la fumée de cigarette à la caméra, dans la lumière, mais j’étais, durant le tournage, dans une crise de psoriasis et d’eczéma sur les mains. Donc la cigarette et le café venaient aggraver la situation. Je suppliais le réalisateur de moins fumer, mais je voyais bien que je lui enlevais quelque chose, même si c’est beaucoup de fumée quand tu fais huit prises ! »

Le plaisir d’adopter l’accent français
PHOTO FOURNIE PAR TVA FILMS
PHOTO FOURNIE PAR TVA FILMS

Xavier Dolan, qui conserve des traces de cette crise, car ses mains sont toujours rougeâtres, prend un « grand plaisir » à adopter l’accent français dans le film de 107 minutes, qui est lancé dans les principaux marchés du Québec et même à Toronto.

« C’est comme une seconde nature pour moi et je n’ai pas l’impression que ça vient corrompre la véracité de ma performance et, même, j’adore ça. »

La distribution est complétée par l’actrice danoise Sidse Babett Knudsen, que l’on connaît pour les séries Borgen et Westworld – elle joue la femme de l’architecte – ainsi que par les acteurs français Swann Arlaud et Michel Fau, qui interprètent respectivement l’architecte Paul Andreu et le président Mitterrand.

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