L’impact se fait sentir jusque dans le ring
La fragilité du dollar canadien a un impact sur le monde de la boxe


Dave Lévesque
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Le fragile équilibre économique entre le Canada et les États-Unis rend le dollar canadien instable, ce qui affecte les organisations sportives d’ici.
Le monde de la boxe est particulièrement touché, puisque le dollar américain est la monnaie commune pour transiger avec les partenaires d’affaires qui sont dispersés un peu partout dans le monde.
«On ne peut pas se mettre la tête dans le sable. Quand un fait un show au Québec, toutes nos dépenses sont en dollars américains et nos revenus sont en dollars canadiens. C’est sûr que ç’a un impact», a reconnu mardi le vice-président d’Eye of the Tiger Management, Antonin Décarie.
«Ça fait mal, mais on est assez en santé pour l’absorber», assure-t-il cependant.
Salaires en $ US
Parmi les dépenses, il y a évidemment les salaires des boxeurs qui sont versés en dollars américains.
«C’est la devise internationale dans le monde de la boxe, précise Antonin Décarie. Le boxeur français n’est pas payé en euros ou en dollars canadiens, il est payé en devise américaine.
«Pour eux, c’est un léger désavantage et pour nous, c’en est un plus gros. Quand on est payé en $ US, c’est intéressant, mais quand ça sort de nos poches, c’est un très gros désavantage.»
Pour ce qui est des camps d’entraînement, qui ont parfois lieu aux États-Unis, il n’y a pas d’impact réel sur Eye of the Tiger, peu importe la valeur du dollar canadien face à la devise de nos voisins du Sud.
«Pour un gros combat, il y a un montant qui est alloué au boxeur, c’est lui qui gère ensuite son camp d’entraînement», explique Décarie.
Énorme impact

Mathieu Casavant est directeur des opérations chez Rival, une entreprise québécoise fondée par Russ Anber, qui vend du matériel d’entraînement de boxe, dont des gants qui sont réputés partout dans le monde.
«L’incertitude autour du dollar canadien a un énorme impact sur toutes les conversions de devises parce que tout ce qu’on achète de nos manufacturiers est facturé en dollars américains.»
Ce n’est pas la menace de tarifs de la part des États-Unis et de contre-tarifs du côté du Canada qui affecte l’entreprise, qui est aussi présente de l’autre côté de la frontière.
«L’entrepôt de Las Vegas qui dessert les États-Unis subit un impact important par rapport aux tarifs supplémentaires imposés par Trump sur les produits qui sont importés de la Chine. Certains de nos produits y sont fabriqués et il y avait déjà un tarif initial auquel s’ajoute le tarif additionnel, et ça nous affecte beaucoup.
«On a déjà des plans à l’interne de ce qu’on ferait si le dollar canadien continue de chuter ou si des tarifs sont effectivement imposés dès l’an prochain.»
Miser local
Chez Rival, on veut donc mettre l’accent sur l’aspect local des produits, puisque même s’ils sont fabriqués à l’étranger, l’entreprise a pignon sur rue sur l’île de Montréal.
«On veut mettre beaucoup de l’avant l’aspect québécois de la compagnie, qui a été fondée ici, insiste Mathieu Casavant. Il y a encore beaucoup de gens qui ne sont pas au courant que Rival est une compagnie québécoise.
«On va continuer de mousser ça parce que si on doit ne vendre qu’au Canada ou ailleurs qu’aux États-Unis, on veut vraiment envoyer le bon message. On a d’autres marchés internationaux, comme l’Europe, qui font en sorte qu’on n’a pas besoin de dépendre des États-Unis.»