L’impact de Trump sur le monde: le pire est à venir


Pierre Martin
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L’actualité de la semaine souligne l’ampleur de la catastrophe dans laquelle nos voisins se sont embourbés en réélisant Donald Trump. Le pire est à venir et pas nécessairement où on croit.
Quand les futurs historiens se pencheront sur notre époque, ils seront forcés de reconnaître que Donald Trump en aura été le personnage le plus marquant, pour les pires raisons.
Les impacts catastrophiques de son régime se feront longtemps sentir aux États-Unis et aux quatre coins du monde. On en voit des indices cette semaine avec l’étalage de la corruption gargantuesque du régime Trump, l’amputation du Voting Rights Act, la poursuite d’une guerre insensée en Iran, l’écrasement face à l’ascension de la Chine et l’affaissement des alliances qui ont assuré la stabilité et la prospérité de la Pax Americana.
D’autres événements nous rappellent toutefois que parmi les actions déplorables de Trump, celle qui aura probablement les conséquences les plus catastrophiques en est une dont on parle peu, soit l’abandon des programmes d’aide étrangère des États-Unis. De surcroît, les conséquences les plus tragiques de ces actions frappent un continent souvent négligé : l’Afrique.
Des politiques catastrophiques
L’éclosion d’un hantavirus sur un bateau a réveillé les craintes de pandémie en Occident, mais c’est en Afrique qu’on observe les pires menaces du genre, avec une recrudescence du virus Ebola. C’est aussi en Afrique qu’on ressentira les conséquences les plus insidieuses du prolongement de la guerre de Trump contre l’Iran, alors que la pénurie de fertilisants aggravera une crise alimentaire déjà meurtrière.
Dans les deux cas, des politiques de l’administration Trump empirent les choses.
Au printemps 2025, Elon Musk et son DOGE faisaient disparaître l’Agence américaine d’aide au développement international (USAID) au nom de « l’efficacité gouvernementale ». Non seulement ces coupes se sont-elles avérées inefficaces, mais elles contribueront à aggraver les effets des crises alimentaire et sanitaire en Afrique.
À ces coupes vient s’ajouter le démantèlement d’une bonne partie des structures mises en place au ministère de la Santé des États-Unis pour contrer les menaces pandémiques.
Comme pour démontrer le manque de sérieux de cette administration face à ces menaces, le responsable nommé pour gérer la crise du hantavirus n’a non seulement aucune compétence en virologie, mais c’est un complotiste antivaccin, dont l’expertise médicale porte sur les implants péniens et les dysfonctions érectiles.
Des conséquences incalculables
Il est évidemment impossible d’évaluer avec une précision absolue l’impact des politiques de Trump sur un continent déjà aux prises avec des défis titanesques.
En 2025 seulement, des études chiffraient dans les centaines de milliers le nombre de morts directement attribuables aux coupes américaines dans l’aide au développement. Si on ajoute les millions d’autres morts évitables qui pourraient s’ajouter pendant les crises à venir, on peut commencer à saisir ce que l’Histoire retiendra des années Trump.
Et il lui reste encore plus de deux ans à sévir. On n’est pas sortis du bois.