L’immense défi d’Éric Ralph Mercier


Karine Gagnon
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Le défi qui attend Éric Ralph Mercier, devenu chef par intérim d’un parti chancelant, s’annonce des plus grands.
La volonté de M. Mercier de marquer une rupture avec le parti dirigé pendant quatre ans par Jean-François Gosselin est très claire.
Il souhaite changer le nom de Québec 21, et a même déjà réfléchi à une possibilité dont il discutera avec son conseil d’administration.
Le chef par intérim, qui se décrit comme un « vieux routier », utilisera à plusieurs reprises, durant l’entrevue, l’expression « On est ailleurs ». Il dit aussi, concernant le parti, qu’« on est rendu à une autre étape », et parle de « nouvelle ère ».
Le chef par intérim, qui a vu neiger en politique, évite cependant soigneusement de tomber dans le piège de critiquer son prédécesseur et ses méthodes. Il fait valoir qu’il ne faisait pas partie des stratèges durant la campagne, qu’il s’occupait de son district.
M. Mercier allègue qu’il préfère avoir une « vision d’avenir » et démontrer pourquoi son équipe et lui représentent la meilleure alternative. Il ne veut pas penser au passé.
Premier déserteur
La vérité, c’est que depuis l’élection, où Jean-François Gosselin a terminé troisième même s’il était chef de l’opposition depuis 2017, ç’a brassé dans les rangs de Québec 21.
Un premier déserteur s’est annoncé vendredi. Alors qu’il venait d’être nommé président de l’arrondissement de Beauport, Stevens Mélançon a choisi de siéger comme indépendant. M. Mercier refuse de le critiquer, mais évoque les principes de loyauté et de fidélité. Évidemment, la décision de son « ami » n’était pas pour lui plaire.
Maintenant, le chef par intérim jure que tout se passe très bien avec ses deux autres collègues, M. Gosselin et Bianca Dussault. Il n’est pas question de nouveau départ, dit-il malgré les rumeurs qui courent.
Ambition palpable
L’ambition de M. Mercier est par ailleurs palpable. Il ne ferme pas la porte à se présenter à la chefferie. On sent bien qu’il aimerait suivre, à Québec, les traces de son défunt père, qui a longtemps été maire de Charlesbourg et qui était très apprécié.
Maintenant, les gens de Québec devront apprendre à le connaître. Il faudra voir dans quelle mesure ses idées et les nouvelles orientations plairont. Le parti doit se repositionner et se « ressouder », pour employer son expression. Il a du pain sur la planche.