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Liban: le président Aoun rejette toute normalisation avec Israël, mais prône une paix durable

AFP

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2025-07-11T13:33:11Z

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Le président libanais, Joseph Aoun, a écarté vendredi une normalisation de ses relations avec Israël à l'heure actuelle, tout en se déclarant pour une situation pacifique avec le pays voisin qui occupe encore une partie de son territoire.

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Il s'agit de la première réaction officielle libanaise aux propos du ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, qui avait affirmé le 30 juin qu’Israël était «intéressé» par une normalisation avec la Syrie et le Liban.

Les deux pays sont toujours en état de guerre avec Israël, et Damas a affirmé qu'une normalisation était «prématurée».

Le président libanais a «fait la distinction entre la paix et la normalisation», selon un communiqué de la présidence.

«La paix signifie l'absence de guerre, ce qui est important pour nous au Liban à l'heure actuelle. Quant à la question de la normalisation, elle n'est pas envisagée dans la politique étrangère libanaise actuelle», a-t-il dit, en recevant une délégation d'un centre de réflexion.

Un responsable libanais qui a requis l'anonymat a expliqué à l'AFP que le chef de l'État voulait l'application de l'accord d'armistice de 1949, signé avec Israël après la première guerre israélo-arabe.

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Il a ajouté que le Liban restait «engagé par l'initiative de paix arabe de 2002», qui propose à Israël la paix avec les pays arabes en échange de son retrait des territoires occupés depuis 1967 et n'a jamais été appliquée.

«Personne, ni les Américains ni les Arabes n'ont évoqué avec nous de normalisation» avec Israël, a ajouté cette même source.

«Paix civile»

Le président libanais a appelé Israël à se retirer de cinq points qu'il occupe dans le sud du Liban, affirmant que cette présence «entravait le déploiement de l'armée jusqu'à la frontière».

L'accord de cessez-le-feu qui a mis fin en novembre à la guerre entre le Hezbollah pro-iranien et Israël stipule que seuls l'armée libanaise et les Casques bleus seraient déployés dans le sud du pays.

Le Hezbollah doit pour sa part retirer ses forces et démanteler toute infrastructure militaire dans cette région.

Les autorités libanaises ont remis cette semaine à un émissaire américain leur réponse, qui n'a pas été rendue publique, à une demande de désarmer le Hezbollah dans le reste du pays.

Joseph Aoun a déclaré dans ce cadre que les autorités étaient déterminées à «avoir le monopole des armes dans le pays».

L'application de cette décision «tiendra compte de l'intérêt de l'État et de la stabilité, afin de préserver la paix civile d'une part, et l'unité nationale de l'autre», a-t-il dit, signifiant que le désarmement du Hezbollah ne se ferait pas par la force.

Longtemps force politique dominante au Liban, le Hezbollah est la seule faction à avoir conservé son arsenal, après la guerre civile au Liban (1975-1990), au nom de la «résistance contre Israël».

Ce mouvement, dont l'arsenal comprend des missiles, est sorti très affaibli de la guerre avec Israël qui a quasiment décimé sa direction.

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