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Liban: hôteliers et logeurs ferment leurs portes aux déplacés, de crainte de frappes israéliennes

AFP

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2026-03-16T15:02:38Z

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Lorsqu’il a fui, le sud du Liban sous les bombes, Hussein Fakih, n’a trouvé nulle part où loger sa famille : hôteliers et propriétaires ont imposé des mesures de sécurité drastiques et se méfient des déplacés, craignant d’être pris pour cibles par Israël.

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En pleine guerre avec le mouvement chiite pro-Iran, Israël pilonne le pays, et n’hésite plus à frapper des quartiers au cœur de Beyrouth, situés en dehors des bastions du Hezbollah, suscitant une véritable psychose parmi les habitants.

« J’ai tout fait » pour trouver un logement, en vain, explique Hussein Fakih. « Ils refusent de nous louer ou nous imposent des prix exorbitants », déplore ce médecin.

« J’ai dû me résoudre à me séparer de ma famille et la loger chez mon fils dans la petite chambre » qu’il loue près de son université à Jbeil, au nord de Beyrouth. Lui vit désormais « dans l’hôpital » où il exerce à Saïda, principale ville à l’entrée du sud du Liban.

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La guerre a déjà fait 850 morts et plus de 830 000 déplacés, selon les chiffres officiels, dont 130 000 seulement sont accueillis dans des centres.

Livrés à eux-mêmes, beaucoup s’entassent sous des tentes, sur le front de mer et dans les rues de la capitale, ou dans leurs voitures.

« Vérifier le profil »

À Beyrouth, les habitants d’un immeuble ont refusé qu’un de leurs voisins héberge des proches venus du sud, de peur d’être pris pour cible par Israël.

« Nous avons de l’empathie à l’égard de la douleur des déplacés, mais une petite erreur risque d’être tragique », explique l’un d’eux, sous couvert d’anonymat.

Dans le quartier animé de Hamra, Ali Serhan, gestionnaire d’appartements meublés, refuse désormais de louer à des hommes d’âge moyen inconnus. Il n’accepte que « des femmes, des personnes âgées, ou à des hommes liés à des connaissances ».

Lorsqu’une famille le sollicite, « je me renseigne sur leur travail et leur provenance pour vérifier leur profil », ajoute-t-il.

De nombreuses municipalités aux quatre coins du pays imposent désormais un permis spécial aux hébergeant ou loueurs.

« Il est interdit de louer ou d’héberger quiconque, même si c’est par générosité, ou pour cause de liens familiaux ou d’amitié personnelle, sans en notifier la municipalité et obtenir son autorisation préalable », a décrété la mairie de Bikfaya, localité chrétienne du Mont-Liban.

Antoine Chakhtoura, maire d’une ville de la banlieue est de Beyrouth, a émis une circulaire similaire, disant craindre « une cinquième colonne » parmi les déplacés.

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« Il vaut mieux être prudent parce que nous ignorons qui peut se trouver parmi les étrangers qui arrivent dans le quartier », indique-t-il à l’AFP.

« Cellules clandestines »

Les plus fortunés s’orientent vers les hôtels, mais là aussi certaines portes se referment.

À la réception d’un hôtel du front de mer de Beyrouth, un panneau annonce que la direction se réserve le droit de vérifier l’identité des clients et d’interdire l’accès des visiteurs au hall d’accueil et aux chambres.

À quelques mètres de là, un trou est béant sur la façade de l’hôtel Ramada. L’armée israélienne a annoncé y avoir tué, dans une frappe sur une chambre du 4e étage, quatre membres des Gardiens de la Révolution iraniens le 8 mars.

Suite aux attaques israéliennes, le syndicat des hôteliers a émis une circulaire, dont l’AFP a obtenu copie, imposant des mesures très strictes pour les réservations.

« Nous faisons face à des cellules clandestines (...) qui font entrer des groupes connus pour être la cible d’Israël », explique à l’AFP son président Pierre Achkar.

« Certains réservent des chambres pour ensuite les céder à leurs visiteurs », rendant difficile l’identification des occupants réels, ajoute-t-il.

Un silence pesant règne dans le hall de l’hôtel Ramada, où le personnel de sécurité interroge toute personne entrante.

Une « évaluation sécuritaire » est menée pour chaque client avant le check-in, « en plus de l’évaluation effectuée par les autorités », déclare un responsable de l’hôtel à l’AFP sous couvert d’anonymat.

À l’hôtel Lancaster Plaza voisin, « l’entrée et la sortie se font désormais uniquement par l’entrée principale », affirme Mohammed al-Hajj, à la réception.

Selon lui, de nombreux clients « sont partis » après l’attaque du Ramada, faisant chuter de 50 % le taux d’occupation.

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