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L’hydrogène vert d'ici pour le Québec

Le gouvernement veut surtout réduire ses propres GES avec sa filière

Entrevue avec le ministre des Ressources naturelles, Jonatan Julien, sur sa nouvelle politique nationale sur l'hydrogène vert.
Entrevue avec le ministre des Ressources naturelles, Jonatan Julien, sur sa nouvelle politique nationale sur l'hydrogène vert. Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC
Photo portrait de Nicolas Lachance

Nicolas Lachance

2022-05-25T20:30:00Z
2022-05-25T20:33:19Z

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Le gouvernement du Québec investit 1,2 G$ sur cinq ans dans sa première stratégie d’hydrogène vert et de bioénergie, désirant surtout s’en servir pour réduire ses propres émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.  

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«On part avec notre volonté d’atteindre nos cibles de réduction et d’atteindre la carboneutralité en 2050», a mentionné en entrevue le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien.  

Québec estime qu’il pourra réduire de quatre mégatonnes supplémentaires ses émissions GES d’ici 2030, ce qui représente 13 % de l’effort global.  

Ces mégatonnes étaient incluses dans le 51 % des moyens déjà identifiés par le ministère de l’Environnement lors de sa récente mise à jour. Les sommes étaient aussi déjà dans le récent budget. 

Selon le ministre, ces outils sont les moins coûteux afin d’atteindre l’objectif le plus rapidement possible, principalement en raison de la maturité des biocarburants. 

C’est d’ailleurs la bioénergie qui reçoit la plus grosse part du gâteau du 1,2 G$ prévue jusqu’en 2026. Pas moins de 950 M$ y sont réservés.  

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«Les biocarburants, c’est beaucoup plus mature. On est beaucoup plus avancé», a affirmé M. Julien. 

Propre production

L’hydrogène vert reste une filière d’avenir qui s’améliorera avec le temps. «Oui à l’hydrogène vert», mais il «faut à apprendre à marcher avant d’apprendre à courir», a illustré le ministre. «On va en faire au Québec, mais ça ne sera pas pour l’exportation. Ce sera pour décarboner le Québec.» 

Pour créer cette énergie verte, l’hydroélectricité est primordiale. Bien qu’Hydro-Québec sera un partenaire stratégique, les surplus hydroélectriques «achèvent», rappelle le ministre. 

Ainsi, l’hydrogène et la bioénergie viendront surtout en appuis aux principaux gestes posés pour améliorer le rendement du Québec, comme l’économie d’énergie et électrification.  

Avec cet ajout, le gouvernement de la CAQ vise l’autonomie énergétique, en permettant aussi aux transports lourds et à certaines industries émettrices d’atteindre aussi la carboneutralité. 

L’hydrogène propre (vert), fait avec l’hydroélectricité, coûte de 2 à 5 fois plus cher que celui créer avec des hydrocarbures (gris).  

Mais d’ici sept ans, l’hydrogène vert devrait être aussi compétitif. Le ministre sait que la demande en hydrogène explosera dans les prochaines années.  

Pour y arriver, le gouvernement aidera financièrement l’innovation, les entreprises locales et l’exportation du savoir-faire québécois.  

«Il faut investir maintenant au Québec, à la fois dans la recherche et en investissant auprès des entreprises qui vont faire de l’offre et de la demande», a expliqué le ministre, surtout que la demande en hydrogène sera de plus en plus forte. «On veut devenir des leaders avec notre expertise», a-t-il indiqué.  

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À l’extérieur de l’enveloppe budgétaire prévue, le gouvernement pourrait aussi prendre des participations au sein d’entreprises qui se qualifieront auprès d’Investissement Québec. 

Timide

L’opposition officielle qui propose un projet de 100 G$ jusqu’en 2050 pour nationaliser l’hydrogène vert estime que la stratégie du gouvernement est timide. 

«Une stratégie sans ambition», a dit la cheffe Dominique Anglade. «Le temps n’est plus du tout à la timidité. Puis on est face à un gouvernement qui ne développe aucune vision alors qu’on a un projet de développement économique qui est énorme qui nous attend et qui viendrait répondre à un enjeu mondial, mais avec une réponse québécoise.» 

La stratégie a toutefois été saluée par la grande majorité des intervenants comme l’Association québécoise de la production d’énergie renouvelable (AQPER) et Équiterre. 

«C'est bien de voir que le gouvernement n'est pas tombé dans le panneau de présenter l'hydrogène comme une solution miracle pour le climat ou l'économie. Il faut prioriser la sobriété et l'efficacité énergétique, puis mettre la bonne énergie au bon endroit», a indiqué Émilie Boisseau-Bouvier, analyste des politiques climatiques chez Équiterre. 

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