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L’honneur perdu de Marc Garneau

Photo portrait de Joseph Facal

Joseph Facal

2023-02-09T05:00:00Z

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Marc Garneau fut jadis le premier astronaute canadien. Ce n’était pas un mince exploit.

Il est aujourd’hui député libéral fédéral de Notre-Dame-de-Grâce–Westmount.

Avant d’examiner l’arc de sa trajectoire, campons le contexte du moment.

Les commentateurs s’enflamment : serait-ce le début de la fin pour Justin Trudeau ?

  • Écoutez la chronique de Joseph Facal au micro de Benoit Dutrizac, disponible en balado sur QUB radio : 

Rebelles

La question n’est pas tant soulevée parce que les problèmes s’accumulent pendant que Trudeau, lui, n’en a que pour « l’islamophobie ».

Il n’y a rien de nouveau dans son détachement des préoccupations ordinaires des gens.

La question est surtout soulevée parce que des députés de son propre parti refusent maintenant de lui obéir, ne craignant plus ses foudres, comme s’ils le savaient sur son départ.

À Ottawa, un comité parlementaire étudie le projet de loi visant une refonte de la Loi sur les langues officielles.

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C’est un projet de loi présenté par le gouvernement Trudeau lui-même.

Trois députés libéraux, en rébellion contre leur propre parti, trois députés qui ne sont pas des membres officiels de ce comité, y ont fait irruption pour tenter de faire dérailler le train lancé par leur parti.

Rien de surprenant dans les grossièretés proférées par la députée de Saint-Laurent, Emmanuella Lambropoulos, une habituée des niaiseries et des provocations, selon qui les anglophones ne peuvent se faire soigner dans leur langue.

Rien de surprenant non plus dans les stupidités lancées par le député Anthony Housefather, de Mont-Royal, qui met sur le même pied les anglophones du Québec et les francophones du reste du Canada.

Lui aussi a une longue feuille de route d’outrances dans le domaine linguistique, qui remontent à l’époque où il dirigeait Alliance Québec.

Mais c’est le cas de Marc Garneau qui est le plus spectaculaire.

M. Garneau a beau être député de Notre-Dame-de-Grâce–Westmount, c’est un francophone de naissance.

Au nom, dit-il, de la défense de la minorité anglophone, il s’est insurgé, en anglais seulement, contre le fait que le projet fédéral mentionne tout simplement l’existence de la Charte de la langue française, ce qui n’est qu’un fait.

M. Garneau veut se conformer à l’image que les anglophones voient de lui dans le miroir qu’ils lui tendent.

Il va même plus loin que beaucoup d’entre eux. Il se veut plus « angryphone » que les anglophones.

Il en donne plus ce que le client en demande, sur le dos des siens, sans s’apercevoir que beaucoup d’anglophones, après la tape sur le dos pour ses beaux efforts, le méprisent comme on méprise un domestique.

Il ne se contente pas, comme tout bon colonisé, de connaître sa place et de s’y tenir.

Il fait du zèle, comme tant d’autres dans notre triste histoire.

Espace

Quelle fierté, quelle dignité lui reste-t-il ?

Comment peut-on être tombé si bas ? Son retour de l’espace fut moins vertigineux.

Par quelles ruses de la raison, par quels mécanismes psychologiques trouve-t-il le moyen de faire un si sale boulot sans rougir ?

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