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LHJMQ: dans les coulisses des quatre années qui ont mené au championnat des Voltigeurs de Drummondville

Vincent Ethier
Photo portrait de Kevin Dubé

Kevin Dubé

2024-05-22T23:00:00Z

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Les Voltigeurs de Drummondville sont champions de la LHJMQ. Une conquête, ça n’arrive pas du jour au lendemain et l’organisation drummondvilloise a vu l’aboutissement d’un plan qui avait débuté lors de la saison 2019-2020, il y a quatre ans. 

Le Journal vous amène dans les coulisses des moments cruciaux qui ont permis aux Voltigeurs de soulever le trophée Gilles-Courteau, le 14 mai dernier.

Échanger Dawson Mercer ou pas?

Dawson Mercer lors d'un match des Voltigeurs face aux Remparts de Québec le 25 octobre 2019.
Dawson Mercer lors d'un match des Voltigeurs face aux Remparts de Québec le 25 octobre 2019. Photo Agence QMI, PASCAL HUOT

La première pierre de la construction de cette équipe gagnante a vraiment été jetée lors de la période des transactions des Fêtes de la saison 2019-2020.

À ce moment, les Voltigeurs se relevaient d’une défaite crève-cœur en demi-finale de la LHJMQ et venaient de perdre plusieurs gros morceaux, les Maxime Comtois, Joe Veleno, Pierre-Olivier Joseph et Nicolas Beaudin, notamment. L’équipe comptait toujours sur Dawson Mercer et Xavier Simoneau et, à l’interne, tout le monde ne s’entendait pas. Certains croyaient que les Voltigeurs pouvaient espérer tenter sa chance à nouveau, mais ce n’était pas l’opinion du directeur général de l’équipe, Philippe Boucher.

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Il avait finalement pris la décision d’échanger Mercer aux Saguenéens de Chicoutimi en retour de deux choix de première ronde, deux de deuxième et un autre de quatrième. Plusieurs de ces choix ont permis d’acquérir des pièces maîtresses de la conquête, mais on y reviendra.

«Je ne voyais pas comment on aurait pu entourer Mercer et Simoneau pour aller chercher la coupe. Certains étaient en désaccord, mais la majorité pensait qu’il était préférable d’échanger Mercer. Ce n’est jamais plaisant d’échanger des bons joueurs comme ça, mais Dawson était au courant de notre plan et on l’a tenu au courant tout au long du processus.» 

Un repêchage capital

Maveric Lamoureux a été repêché par les Voltigeurs avec un choix obtenu dans la transaction Dawson Mercer.
Maveric Lamoureux a été repêché par les Voltigeurs avec un choix obtenu dans la transaction Dawson Mercer. Dominic Chan / Agence QMI

Le repêchage de 2020 aura littéralement jeté les bases du noyau des Voltigeurs de Drummondville.

L’organisation a frappé dans le mille avec ses quatre premiers choix : ils ont sélectionné celui qui allait devenir leur capitaine, Luke Woodworth, en première ronde tout comme le défenseur Maveric Lamoureux avec un choix obtenu dans la transaction Mercer.

Les Voltigeurs rentrent ensuite à l’hôtel avec le sentiment du devoir accompli, après cette première ronde. Le lendemain, ils détiennent la toute première sélection du deuxième tour, acquise aussi dans l’échange Dawson Mercer. Ce choix est grandement convoité chaque année puisque de nombreuses formations espèrent y réclamer des joueurs qu’ils avaient classés au premier tour mais qui ont glissé.

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Après avoir écouté les offres et parlé à son personnel, Boucher décide finalement de garder le choix. La raison? Le petit et dynamique attaquant Justin Côté est encore disponible.

«Après avoir étudié les offres, notre décision était claire : on ne pouvait pas laisser passer Côté», se remémore Boucher.

Les Voltigeurs concluent ensuite la deuxième ronde avec la sélection du gardien Riley Mercer, le frère de Dawson. Ce dernier a été phénoménal pour les Voltigeurs en séries, particulièrement en finale.

«On aimait beaucoup ces quatre joueurs et je pense qu’ils ont tous dépassé nos attentes, reconnaît le dépisteur-chef des Voltigeurs, Jean-Sébastien Perron. Surtout Riley Mercer. En raison de la COVID, on l’avait amené avec nous à 16 ans et il n’avait pas joué beaucoup de hockey lors de ses premières saisons. J’entendais souvent les gens dire que c’était le point d’interrogation pour nous en séries et je n’étais vraiment pas d’accord.» 

«Ma première décision et ma meilleure»

Vincent Ethier
Vincent Ethier

En février 2023, Philippe Boucher annonce sa démission comme directeur général des Voltigeurs de Drummondville, pour des raisons personnelles, dont de santé. L’équipe termine donc la saison puis annonce au courant de l’été l’embauche de Yanick Lemay, un ancien recruteur des Jets de Winnipeg, comme successeur à Boucher.

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Aussitôt débarqué, l’entraîneur-chef de l’équipe Éric Bélanger et lui décident de mettre un terme à leur association. Un mois plus tard, l’entraîneur-chef des Mooseheads d’Halifax surprend un peu tout le monde en annonçant son départ de l’équipe.

Il devient automatiquement le candidat numéro un aux yeux de Lemay.

«J’avais souvent eu l’occasion de parler à Sylvain dans le cadre de mon travail de dépisteur et on avait toujours eu une connexion. Quand on parlait, je trouvais qu’on partageait les mêmes valeurs et qu’on voyait la game de la même façon. Je n’ai pas trop tardé avant de l’appeler et dès que je lui ai parlé, ç’a confirmé que c’est ce que je recherchais. C’était important d’avoir un entraîneur de la nouvelle génération», nous a raconté Lemay.

Ce dernier a finalement fait de l’excellent boulot derrière le banc des Voltigeurs, faisant partie des finalistes au trophée Ron-Lapointe remis à l’entraîneur de l’année dans la LHJMQ.

«Ç’a pas mal été ma première décision et ma meilleure», ajoute le directeur général. 

L’arrivée d’une vedette locale

Ethan Gauthier
Ethan Gauthier Photo fournie par la LHJMQ

Sherbrooke. Une transaction qui se discutait depuis deux ans!

«Le jour que le Phœnix a repêché Gauthier [au premier rang au total en 2021], j’ai commencé à parler à Stéphane Julien de la possibilité de l’avoir à Drummondville à 18 ans», a raconté Philippe Boucher en riant.

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Les pourparlers avaient donc été entamés lorsque Lemay est arrivé en poste.

«Quand je suis arrivé, la maison était en ordre, a illustré Lemay. Je savais donc déjà pas mal quel serait le prix, mais rien n’était fait et personne ne m’a rien imposé à l’interne. Ça été un mois de discussions assez intenses, jusqu’au repêchage. C’était un joueur que j’affectionnais et on a décidé de faire la transaction.»

Gauthier est donc automatiquement devenu la tête d’affiche locale de l’organisation, avec tout ce que ça comporte.

«Je suis tellement fier d’Ethan. Les gens ne réalisent pas comment c’est exigeant une année de repêchage et, après ça, il se fait échanger à son équipe locale pour une facture assez salée. Il y a une pression qui vient avec ça. [...] Au début, il a eu de bonnes séquences et de moins bonnes. Pendant les Fêtes, il est allé au chalet, loin du hockey et quand il est revenu, on a senti qu’il était ailleurs. On a vu le vrai Ethan», mentionne Lemay.

La touche finale aux Fêtes

Vsevolod Komarov (83) a été un véritable mur à la ligne bleue des Voltigeurs.
Vsevolod Komarov (83) a été un véritable mur à la ligne bleue des Voltigeurs. Photo fournie par la LHJMQ

Lemay a ensuite joué le tout pour le tout lors de la période des Fêtes, en étant le directeur général faisant le plus d’acquisitions majeures. Il a tout d’abord acquis celui qui allait finalement devenir le joueur le plus utile des séries, le défenseur Vsevolod Komarov et Mikaël Huchette des Remparts de Québec, puis a réussi à mettre la main sur Alexis Gendron lorsqu’il est devenu clair que le club-école des Flyers, les Phantoms de Lehigh Valley, allait le retourner dans les rangs juniors. Lemay a ensuite conclu en réalisant une autre transaction avec les Remparts, cette fois pour mettre la main sur le héros obscur des conquêtes des Diables rouges en 2023, Kassim Gaudet.

Au total, ces quatre éléments auront coûté deux choix de première ronde, quatre de deuxième, trois de troisième et un de quatrième en plus des jeunes Loïc Goyette, Mavrick Rousseau-Hamel et l’Européen Nino Tomov.

Un prix qui, à la fin, aura permis de mettre la main sur le gros trophée. Pour Lemay, d’ailleurs, ce travail n’aurait pu être accompli sans le travail de ses recruteurs.

«Les gens parlent peu des recruteurs et je sais de quoi je parle puisque j’ai été dans cette situation. Jean-Sébastien Perron et son équipe ont fait tout un travail pour aller chercher des joueurs, pas nécessairement dans les premières rondes, mais qui seraient repêchés beaucoup plus haut aujourd’hui. L’an prochain, on a plusieurs jeunes qui vont rentrer et ça m’a permis de laisser aller plus de choix cette année parce qu’on a de la profondeur. On ne repartira pas avec une page blanche.» 

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