L’hiver de nos snowbirds: travailler pour oublier les grands froids
Une main-d’œuvre inespérée pour les employeurs


Diane Tremblay
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Tant qu’à rester encabanés, plusieurs snowbirds comptent travailler pour oublier l’hiver. Un coup de pouce qui est bien apprécié des employeurs dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre.
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André Larrivée, de Québec, qui possède une maison à Arcadia, en Floride, a délaissé temporairement sa vie de retraité pour retourner travailler, même si cela implique de se lever au petit matin 7 jours sur 7.
«Je suis distributeur de pain pour Grupo Bimbo. Les six dernières années, je mettais un chauffeur sur mon camion pour l’hiver et je partais en Floride pour six mois. Cette année, avec la COVID-19, comme on reste ici, je ne regarderai pas juste la neige tomber. Je vais travailler», a partagé M. Larrivée.
Comme distributeur, il fait le tour des supermarchés pour livrer ses produits frais avant l’ouverture des commerces.
Il doit se lever à 3 h 30 du matin. Il n’ose pas imaginer le froid mordant qui l’attend en janvier et février lorsqu’il embarquera dans son camion tout gelé.
«Ça ne sera pas drôle!», lance-t-il sans vouloir se plaindre.
Pas de tout repos
M. Larrivée, qui prend les choses du bon côté, estime néanmoins qu’il travaillera entre 40 et 50 heures par semaine.
«Normalement, j’aurais les deux pieds dans le sable à ce temps-ci. Cette année, on n’a pas le choix. On écoute les consignes et on reste au Québec», ajoute l’homme de 64 ans.
L’été, ils vivent dans une roulotte sur un terrain de camping à Québec, mais avec l’hiver qui est à nos portes, ils ont déniché un appartement meublé, à Lévis, où M. Larrivée peut stationner son camion.
Snowbird
«S’il arrive de quoi, on aime mieux être chez nous qu’à l’étranger. Nos enfants sont aussi plus rassurés», indique sa conjointe, Raymonde Bureau.
Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Denis Blais, de Saint-Michel de Bellechasse, qui reste au Québec cet hiver, fera de menus travaux pour le propriétaire du motel où il loge puisqu’il ne peut pas vivre dans sa roulotte pour les prochains mois.
«Il n’aura pas le temps de faire de la raquette, je vais le faire travailler tout le temps!», lance en riant Carl Poirier, propriétaire du Motel & Camping Etchemin, à Lévis.
«Je suis un gars actif»
En plus du déneigement, le propriétaire du motel compte lui faire peinturer des chambres. Bref, le programme s’annonce assez différent des dernières années pour M. Blais, qui, depuis quatre ans, passe ses hivers à Okeechobee, en Floride.
«On va s’ajuster. Je suis un vrai nordique. J’ai passé en masse d’hivers ici. Je sais à quoi m’attendre. Je n’ai pas oublié. Le moral va très bien. Je suis un gars actif. Je ne resterai pas souvent entre les quatre murs de mon logement», a partagé M. Blais.