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L’hiver de nos snowbirds: manteau, bottes et tuque pour ceux qui restent ici

Des snowbirds ont choisi d’affronter le froid du Québec cet hiver, de peur d’attraper la COVID-19

L’humoriste François Léveillé, un habitué des plages de la Floride depuis une dizaine d’années, n’ira pas là-bas cet hiver.
L’humoriste François Léveillé, un habitué des plages de la Floride depuis une dizaine d’années, n’ira pas là-bas cet hiver. Photo courtoisie

Elisa Cloutier et Diane Tremblay

2020-12-12T05:00:00Z

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C’est à contrecœur que plusieurs snowbirds passeront un Noël blanc cette année, alors que la pandémie de COVID-19 les force à rester au Québec. Exit la chaleur, la plage, les terrains de golf et les promenades à moto. Un choix déchirant et surtout décevant, selon les témoignages recueillis par Le Journal de plusieurs amateurs de la Floride.

• À lire aussi: Un hiver différent pour nos snowbirds: des Québécois partent vers le Sud coûte que coûte

C’est le cas notamment de Christian Fortier, qui contrairement à son habitude des dix dernières années, ne passera pas son temps des Fêtes sous les palmiers de Naples, sur la côte ouest de la Floride.

Dans son cas, ce n’est pas la crainte de contracter le virus qui le freine, mais plutôt la quarantaine obligatoire imposée par le gouvernement canadien à son retour de voyage.

«Nous nous retrouvons là-bas habituellement une dizaine de Québécois. Tout le monde s’entend pour dire que si la quarantaine n’était que de deux jours, nous irions tous», affirme-t-il.

M. Fortier indique toutefois qu’il n’aura d’autre choix que d’y aller quelques jours d’ici le mois de février, pour entretenir sa résidence et sa voiture, là-bas.

«Les gens ne se doutent pas, mais lorsqu’on n’y va pas pendant longtemps, ce sont des frais importants. J’ai une voiture dans le stationnement, pratiquement flambant neuve, dont les freins sont en train de coller en raison des fortes pluies tombées à l’automne», dit-il.

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«Mieux chez nous»

Même la directrice de l’Association canadienne des snowbirds pour la province de Québec, Johanne Blain, a décidé de rester au Québec cet hiver.

Johanne Blain, directrice de l’Association canadienne des snowbirds pour la province de Québec, a elle aussi décidé de rester au Québec cet hiver.
Johanne Blain, directrice de l’Association canadienne des snowbirds pour la province de Québec, a elle aussi décidé de rester au Québec cet hiver. Photo courtoisie

Elle espère toutefois pouvoir y aller, au cours des prochains mois. «Nous pourrions y aller l’automne prochain. Ce n’est pas plus grave que ça, la Floride sera là l’an prochain», affirme Mme Blain, qui possède une résidence à St-Petersburg, sur la côte ouest.

Autour d’elle, tous ses amis snowbirds ont annulé leur voyage. «On est mieux chez nous quand il nous arrive quelque chose», dit-elle.

L’humoriste François Léveillé, un habitué des plages de la Floride depuis une dizaine d’années, doit aussi se résigner à affronter la neige cette année.

«Je trouve ça bien plate de rester ici. Ça ne m’enchante pas du tout. Il va falloir que je trouve une façon de vivre ça positivement, puisqu’ils disent que ceux qui vivent l’hiver négativement, ça affecte leur santé!» lance-t-il.

Âgé de 68 ans, M. Léveillé dit craindre de contracter le virus, ou pire encore, une hospitalisation aux États-Unis.

«On a beau dire qu’on a des assurances, mais tomber malade aux États-Unis, ça monte très vite», dit-il.

Redécouvrir les sports d’hiver

La situation n’a toutefois pas fait que des malheureux. C’est avec le sourire que Serge Fournier passera son premier hiver au Québec, en 17 ans.

«J’aime les sports d’hiver et la motoneige, donc je vais en profiter. Ça va faire du bien de passer un hiver chez nous, je m’ennuie de la neige!» lance-t-il.

Originaire de Rivière-du-Loup, M. Fournier possède une résidence à Tamarac, non loin de Fort Lauderdale.

«Je ne voyais pas l’avantage d’y aller, tant qu’à être confiné à l’intérieur là-bas, et en plus les chums n’y vont pas», explique-t-il.

Il pourrait toutefois changer son fusil d’épaule si les frontières terrestres rouvraient, admet-il.

Peut-être plus tard

Si la situation s’améliore, dit-il, il pourrait aller prendre une bonne dose de soleil vers le mois de mars ou avril.

Une solution d’ailleurs envisagée par plusieurs snowbirds, qui préfèrent attendre de voir l’évolution de la pandémie avant de traverser les frontières.

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