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L’hiver de nos snowbirds: amener la COVID-19 en Floride

Des Floridiens s’inquiètent de l’arrivée de touristes, craignant une explosion des cas

Le sommelier Éric Blais, qui travaille en Floride, croit que l’arrivée des snowbirds fera « monter les cas ».
Le sommelier Éric Blais, qui travaille en Floride, croit que l’arrivée des snowbirds fera « monter les cas ». Photo courtoisie
Photo portrait de Elisa Cloutier

Elisa Cloutier

2020-12-12T05:00:00Z

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Même s’ils seront moins nombreux cette année, l’arrivée de snowbirds en quête de vitamine D sème de l’inquiétude en Floride, où l’on craint une augmentation des cas de COVID-19.

• À lire aussi: Un hiver différent pour nos snowbirds: des Québécois partent vers le Sud coûte que coûte

Selon le Dr Jean Murphy, qui exerce à Port Charlotte, sur la côte ouest, l’arrivée de touristes cet hiver pourrait rapidement faire exploser les cas de COVID-19 en Floride.

Depuis quelques semaines, le médecin de famille affirme avoir un à deux patients positifs par semaine, ce qu’il n’avait pas vu depuis la mi-août, affirme-t-il.

«Je n’ai pas de bons pressentiments [pour l’hiver]. Tout est wide open ici en Floride, c’est comme s’il n’y avait rien», poursuit-il.

L’arrivée de touristes venus du Québec, de l’Ontario ou du nord des États-Unis, jumelée au fait qu’aucune quarantaine n’est exigée aux voyageurs, que le port du masque n’est pas obligatoire en vertu de la loi et que les bars et restaurants fonctionnent à plein régime, sont des facteurs de risque importants estime le médecin.

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En effet, aucune contravention ne peut être donnée à un passant qui ne porterait pas le masque dans un endroit public.

Toutefois, il est fortement recommandé et certains établissements se permettent de refuser les clients qui ne le portent pas.

«Brasser du microbe»

Selon le Dr Murphy, la période des Fêtes sera propice à «brasser du microbe». «Le monde écoute à 95 %, mais c’est le 5 % qui va détruire la situation», déplore-t-il.

Le médecin ajoute même que s’il était un snowbird, il serait inquiet de partir en voyage et choisirait plutôt de faire «des randonnées en ski-doo dans les Laurentides».

«Attraper la COVID-19, c’est comme piger un numéro dans un chapeau, soit de 1 tu n’as rien à 100 tu meurs. Si un Québécois frappe un mauvais numéro et se retrouve aux soins intensifs sur un respirateur pendant des semaines en Floride... Si c’était moi, je préférerais être sur un respirateur dans ma ville, avec ma famille autour», illustre-t-il.

Interrogés par Le Journal, des Québécois devenus résidents permanents de la Floride partagent les inquiétudes du médecin.

«Je pense que ça [le nombre de cas] va monter [...]. Ce ne sera pas beau dans quelques mois», prévient Sylvie Chabot, qui habite à St-Petersburg, près de Tampa Bay, depuis maintenant six ans.

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Âgée de 63 ans, la retraitée affirme éviter les restaurants et «vivre en ermite» depuis quelques mois.

«Ça nous manque d’aller au restaurant, mais pour moi, il n’est pas question que j’aille là», affirme la femme originaire de Québec, qui craint de contracter la maladie.

«Ce sera probablement désastreux. On n’a pas vu le pire encore», estime pour sa part Paul Bilodeau, courtier immobilier à Fort Lauderdale.

Encore plus de cas

Le sommelier Éric Blais, qui travaille dans un restaurant de la ville de Naples, croit aussi que l’arrivée des snowbirds fera « monter les cas ».

«Les gens [touristes] arrivent ici, les restaurants sont ouverts, c’est un peu le free-for-all», dit le Québécois, en Floride depuis 2003.

D’ailleurs, M. Blais s’est dit surpris par l’ouverture des bars et restaurants au maximum de leur capacité il y a quelques semaines. « Je pensais que ça allait rouvrir graduellement », dit-il.

«Ici, on peut faire n’importe quoi»

Il trouve ainsi «bizarre» de voir la ville vibrer au même rythme qu’avant la pandémie.

«Ici, on peut faire n’importe quoi, aller à la plage, aller au restaurant, ça amène une certaine complaisance et les gens peuvent oublier les risques [de contamination à la COVID-19]», dit-il.

Une observation partagée par d’autres Floridiens, comme Annie Lavigne, courtière immobilière à St-Petersburg. «L’autre jour, j’étais à la plage dans un petit bistro et j’ai entendu des touristes dire : ils ne sont pas sévères ici, nous ne sommes pas obligés de porter le masque», raconte-t-elle.

«De nouveaux restaurants ont ouvert ici dernièrement sur un quai et la fin de semaine, ce n’est pas allable (sic) tellement il y a de monde!» ajoute-t-elle.

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