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L’heure de la retraite a sonné pour Antoine Valois-Fortier

Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2021-12-02T16:36:50Z

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À 31 ans et après trois participations aux Jeux olympiques, l’heure de la retraite a sonné pour le judoka Antoine Valois-Fortier qui demeurera toutefois associé à son sport dans un rôle d’entraîneur avec Judo Canada.

Après sa défaite à son deuxième combat aux Jeux de Tokyo en juillet dernier, Valois-Fortier disait vouloir s’accorder une période de réflexion avant de trancher. Le médaillé de bronze des Jeux de Londres en 2012 a jugé que le meilleur était derrière lui et il a confirmé sa décision jeudi midi lors d’un point de presse à Montréal.

«J’ai eu une bonne réflexion et j’en suis venu à la conclusion que mes performances n’iraient pas en s’améliorant, a raconté le triple médaillé des mondiaux. C’est à ce moment que j’ai décidé d’accrocher.»

«Mes objectifs ont toujours été de gagner l’or olympique et au championnat mondial, mais je me suis regardé dans le miroir et je ne croyais plus en mes chances, de poursuivre Valois-Fortier qui s’est joint à l’équipe nationale en 2008 en déménageant dans la métropole. En raison de mes blessures, mon corps ne suit plus et ce n’était plus possible de fournir les efforts nécessaires pour atteindre mes objectifs. Ça reste des petites crottes sur le cœur de ne pas avoir gagné aux Jeux et au mondial et je tourne la page avec un pincement au coeur, mais je suis vraiment fier d’avoir fait de mon mieux dans les bons et les mauvais moments. J’aurais continué encore 10 à 15 ans, mais mon corps et mon esprit me disaient d’arrêter.»

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Deux moments forts

Valois-Fortier identifie deux moments forts qui ont marqué sa carrière. «Ma médaille aux Jeux de Londres a été un moment spécial et va le rester tout le temps. En plus mes parents étaient présents. C’était une surprise parce que je n’avais pas encore performé sur la scène internationale, mais j’avais faim, pas froid aux yeux et confiant de rivaliser avec les meilleurs. Ces qualités m’ont toujours suivi.»

«Après deux opérations (hanche et dos) et la déception de Rio en 2016, ma médaille de bronze au mondial en 2019 représente un moment marquant de ma carrière, de poursuivre Valois-Fortier qui a aussi remporté l’argent en 2014 et le bronze en 2015. Je voyais des doutes dans les yeux de certains et dans les miens aussi. J’ai prouvé que je pouvais revenir de n’importe quoi et ça m’a rendu fier.»

Héritage important

Après son dernier combat à Tokyo, Valois-Fortier avait eu droit aux éloges de son mentor, ami et grand patron de Judo Canada Nicolas Gill qui affirmait que l’organisme ne serait pas où il en est actuellement, n’eût été ses performances à Londres du judoka qui a fait ses premiers pas au Dojo de Beauport.

Que pense le principal intéressé de l’héritage qu’il laisse à son sport? «On va se souvenir de mes résultats, mais j’aimerais qu’on se souvienne encore plus de l’humain que de l’athlète. J’espère que l’héritage que je vais laisser est que j’étais d’agréable compagnie et un bon coéquipier dans les bons et les plus difficiles moments.»

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«C’est clair qu’il y a une hausse dans le financement de Judo Canada après les Jeux de Londres et nous avons maintenant les moyens pour offrir un développement optimal aux athlètes, d’ajouter Le Canada n’est plus le pays que tout le monde veut affronter au premier tour.»

Pour Gill, il est clair que l’humain laissera un plus grand héritage que l’athlète. «Les qualités humaines d’Antoine ressortent plus que ses performances. Sa motivation, son engagement et son sérieux tout comme sa force de caractère qui lui a permis de surmonter des obstacles ont fait de lui un athlète exceptionnel. En raison des blessures et des obstacles, son parcours n’a jamais été simple, ce qui rend ses résultats encore plus exceptionnels.»

Comme plusieurs, Gill a été surpris des succès de Valois-Fortier à Londres, mais il était convaincu dès le départ que son protégé allait monter sur le podium dans les plus grands rendez-vous internationaux. «Quand et où ça reste difficile à prédire, mais ce fut clair très rapidement qu’Antoine allait remporter une médaille au mondial. Je trouvais Londres un peu tôt, mais le déclic s’est produit à l’hiver 2012. Il a démontré des choses qui confirmaient qu’il pouvait monter sur le podium dès 2012.»

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