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L’héritage du Rocket est à sec

Photo d’archives
Photo portrait de Marc de Foy

Marc de Foy

2024-12-06T00:30:00Z

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Samuel Montembeault sera donc le seul Québécois à faire partie d’Équipe Canada à la Confrontation des 4 nations . C’est quand même un de plus que lors des deux derniers matchs insignifiants des étoiles de la Ligue nationale de hockey (LNH).

Mais c’est surtout un autre signe incontestable du déclin du hockey québécois. Il n’y a pas si longtemps encore, on invoquait la question linguistique comme explication à la faible représentativité québécoise au sein des formations nationales du hockey canadien.

C’était notre cheval de bataille.

Aujourd’hui, le bac d’excuses est vide. Quand bien même on voudrait contester, les arguments ne tiennent plus. Alex Lafrenière, le premier marqueur québécois dans la LNH, venait au 107e rang dans le circuit avant les matchs de jeudi.

Les vedettes offensives du Canadien ont pour noms Nick Suzuki et Cole Caufield. Les partisans de l’équipe voient Patrik Laine comme un grand joueur.

La dernière véritable vedette offensive du Tricolore a été Guy Lafleur, et il y a 40 ans que notre ange sacré a fait son dernier tour de patinoire dans le chandail bleu, blanc, rouge.

Maurice, le défricheur

Guy Lafleur a été le troisième membre de la Sainte Trinité du Canadien avec Maurice Richard et Jean Béliveau. Ces trois grands noms de chez nous ont été les pierres d’assise du hockey québécois de leur époque.

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Les vedettes québécoises étaient rares dans la LNH avant l’entrée en scène de Richard. La plus connue fut le gardien de but Georges Vézina. Les noms de Joe Malone, Nels Stewart et Sylvio Mantha se sont envolés dans la nuit des temps.

Richard a défriché le terrain pour les générations qui allaient suivre. Du Rocket, on est passé au Gros Bill puis au Démon blond. Les trois ont eu un ascendant sur le hockey de chez nous. Béliveau portait le numéro 9 du Rocket pendant ses années junior et senior à Québec. Lafleur a adopté le numéro 4 de Béliveau avec les Remparts.

Les trois colombes du hockey québécois étaient des inspirations pour les jeunes. Dans les années 1950, Doug Harvey, Dickie Moore, Bernard Geoffrion, Jacques Plante, Henri Richard, le frère de l’autre, et Béliveau ont semé une tradition d’excellence québécoise, qui s’est poursuivie jusqu’au début des années 2000.

L’impact de Patrick Roy

Yvan Cournoyer, Jean-Claude Tremblay et Robert Rousseau ont suivi dans les années 1960. Béliveau et le fier Henri étaient encore là pour diriger leurs congénères.

Avec l’arrivée du repêchage universel, les meilleurs joueurs québécois ont commencé à se disperser aux quatre coins de la LNH. Gilbert Perreault jouait à Buffalo, Marcel Dionne à Detroit puis à Los Angeles, Raymond Bourque à Boston, Denis Savard à Chicago, Michel Goulet à Québec, Mario Lemieux à Pittsburgh.

Patrick Roy a pour sa part insufflé l’envie aux jeunes de porter les grosses jambières. Martin Brodeur et Roberto Luongo sont à ses côtés au Panthéon du hockey. Marc-André Fleury les y rejoindra.

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Chez les patineurs, Patrice Bergeron a de bonnes chances d’avoir sa place au Temple au cours des prochaines années. Sa nomination pourrait ouvrir la voie à Vincent Damphousse, qui est tout aussi méritant que l’ancien capitaine des Bruins.

Avenir sombre

Mais voilà, on parle au passé. L’époque actuelle est moche pour le hockey québécois, et rien n’indique que l’avenir sera plus florissant.

L’héritage laissé par le Rocket est à sec.

Notre hockey est au plus mal. Il se dit bien des choses, mais il ne se passe rien.

Le rapport sur le développement du hockey commandé par le gouvernement québécois donne-t-il vraiment des résultats concrets?

Jocelyn Thibault a abandonné la direction de Hockey Québec parce que c’est une tour de Babel. Les associations régionales ont plus de pouvoir que la «fédé». Tout le monde tire la couverte de son bord, et ce, au détriment des jeunes, qui sont de moins en moins nombreux à s’intéresser à la pratique du hockey.

Je ne sais pas si Stéphane Auger peut améliorer la situation. Je le lui souhaite de tout cœur, mais le défi qu’il affronte est énorme.

Pourra-t-il réussir à réunir tous les intervenants du hockey vers un but commun?

Les recruteurs de la LNH ne le disent pas tout haut, mais ils n’accordent plus une grande importance à la Ligue de hockey junior Maritimes Québec.

Non seulement les joueurs vedettes y sont devenus rares, mais le circuit manque de joueurs rugueux capables de tenir leur bout face aux rigueurs la LNH. On ne parle pas de bagarreurs, mais de joueurs robustes.

Ils ne seront que 2 sur 32 au camp d’entraînement d’Équipe Canada junior, qui se met en branle mardi prochain.

C’est un autre coup dans les flancs.

Le souvenir de ce que Maurice Richard représentait pour le hockey de chez nous est en train de se perdre dans le temps.

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