Leylah Annie Fernandez ne peut écrire une page d’histoire

Mylène Richard
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PARIS | Quelques heures avant que Novak Djokovic s’inscrive dans la légende, dimanche, à Roland-Garros, Leylah Annie Fernandez avait aussi la chance d’écrire une page d’histoire. Une plus petite certes, mais une page d’histoire tout de même.
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En fait, la jeune femme de 20 ans n’a appris qu’après sa finale du double féminin qu’elle aurait pu devenir la première Québécoise à mettre la main sur un titre majeur chez les professionnelles.
«Vraiment? Je ne savais pas... Wow! Vous m’avez brisé le cœur un peu plus!» a réagi Leylah lorsque questionnée par Le Journal.
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Elle aurait aussi pu être la numéro 1 en double au Canada. Mais ce n’est que partie remise, comme l’a si bien souligné sa partenaire, Taylor Townsend, auprès de qui elle s’est inclinée 1-6, 7-6 (5) et 6-1 face à la Chinoise Xinyu Wang et la Taiwanaise Su-Wei Hsieh.
«C’est ce que j’ai dit à Leylah à la fin du match: “regarde, on n’est ensemble que depuis mars. Nous allons jouer en équipe encore et encore, j’en suis persuadée. C’est correct de perdre. Nous progressons, autant sur le terrain qu’à l’extérieur du court”», a raconté l’Américaine de 27 ans.
Après la défaite, Fernandez s’est écroulée sur sa chaise, en larmes.
«J’ai regardé Leylah dans les yeux et je lui ai dit: “qu’est-ce que ça peut faire qu’on ait perdu? C’est notre premier Grand Chelem ensemble! On aura d’autres opportunités.” C’était émotif, elle a déjà été en finale en simple dans un Grand Chelem, moi, c’était ma deuxième finale en double dans un majeur. On doit tourner la page et apprendre de cette expérience», a ajouté Townsend.

Après Sébastien Lareau
Un seul joueur de la Belle Province a soulevé un trophée du Grand Chelem. Aux Internationaux des États-Unis de 1999, Sébastien Lareau avait été sacré champion en double masculin en compagnie de l’Américain Alex O’Brien.
Née à Montréal, mais ayant aussi grandi à Laval et à Vaudreuil-Dorion, Fernandez avait atteint la finale en simple à New York il y a deux ans. Eugenie Bouchard avait aussi été finaliste à Wimbledon en 2014.
Championne à Roland-Garros chez les juniors, Fernandez n’a donc pas pu sauver l’honneur du Canada, après la défaite de Bianca Andreescu en finale du double mixte, et celle de Robert Shaw en quad fauteuil roulant en double.
Erreurs et mauvaises décisions
Leylah, qui devrait passer du 49e au 95e rang en simple lundi, a vécu de la frustration pendant trois minutes au terme du duel, le temps que Townsend la réconforte.
«On est passées si proche. J’ai commis des erreurs et fais de mauvais choix à des moments clés, a analysé Fernandez. Je me suis dit que si j’avais réussi un coup ou deux de plus, peut-être que le résultat serait différent, mais on ne le saura jamais.»
Fernandez est exigeante. C’est vrai qu’elle n’a pas connu une excellente première manche, mais Townsend a pris les choses en main, malgré le temps humide qui a envahi le court Philippe-Chatrier. Toutefois, le vent a tourné au deuxième set et les 10es favorites de la compétition n’ont plus jamais été les mêmes. À la dernière manche, la Québécoise a raté quelques retours alors que le duo de gauchères tirait de l’arrière 3-1.
«Au troisième, j’ai fait juste trop d’erreurs. Des erreurs de base qu’on ne peut pas faire dans un match comme ça. Un pointage de 4-1 ou 3-2, ça fait toute la différence», a-t-elle convenu.